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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 23:49

 

 

Bozizé à Bruxelles le 17 juin 2011

 

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Après sa prise de pouvoir par le coup d’Etat du 15 mars 2003, le régime de François BOZIZE commença dès le mois de mai 2003 à bénéficier d’appuis budgétaires directs divers (dons de 5 milliards CFA des pays de la CEMAC, subventions de la France et de la Chine, etc.) notamment pour assurer la régularité du paiement des salaires aux fonctionnaires et agents de l’Etat. Dès le mois de mai 2004, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM) sont entrés dans la danse pour octroyer au pays une aide financière totale de 8,2 millions de dollars, soit 3,7 milliards CFA, dans le cadre de la facilité pour les pays à faibles revenus en difficulté (LICUS).

En 2006, avec l’appui constant de la communauté internationale et surtout du plaidoyer décisif de la France, la RCA conclura avec le FMI un accord triennal d'un montant équivalant à 36,2 millions de DTS (environ 54,6 millions de dollars US soit 27,30 milliards de F CFA) en 2006 dans le cadre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et de la Croissance (FRPC) pour la période 2006-2009, et qui sera transformé en Facilité Elargie de Crédit (FEC). Le Conseil d’administration du FMI approuvera par la suite des augmentations de crédit d'un montant équivalant à 8,355 millions de DTS (environ 12,6 millions de dollars US soit 6,3 milliards de F CFA) en juin 2008 et à 25,065 millions de DTS (environ 37,8 millions de dollars US soit 18,9 milliards de F CFA) en juin 2009, date à laquelle il a approuvé aussi une prolongation de six mois de l'accord.

En juin 2010, le Conseil d'administration a approuvé une autre prolongation de six mois de l'accord. Cette approbation a permis de procéder à un décaissement d'un montant équivalent à 8,67 millions de DTS (environ 13,1 millions de dollars US soit 6,55 milliards de F CFA). Le montant total des décaissements effectués au Trésor centrafricain, dont le comptable de fait s’appelle François BOZIZE, président du comité de trésorerie, au titre de ce  programme FRPC devenu FEC est de 69,62 millions de DTS (environ 104,9 millions de dollars US soit un total de 47,2 milliards de francs CFA. Ces 47,2 milliards de francs CFA ne comprennent pas bien sûr les appuis budgétaires de l’Union Européenne, les 8 milliards de F CFA de la CEMAC décaissés en 2009, les aides directes de la France, de la Chine, etc.

Faut-il le rappeler, c’est dans le cadre de ce programme FRPC devenu FEC, qui vise à réduire la pauvreté et à promouvoir la croissance, que les pays amis de la République centrafricaine ont déployé une intense opération de lobbying auprès du FMI et de la Banque Mondiale pour favoriser l’accès de notre pays au programme en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Bien que notre pays fût loin de remplir les conditionnalités d’atteinte du point de   décision, ces diverses actions de lobbying ont permis à la RCA d’atteindre effectivement le point de décision le 27 septembre 2007. Malgré tout cela, BOZIZE continue de se lamenter en accusant la communauté internationale de n’avoir rien fait pour son pays.

Le souci de la communauté internationale en nous aidant à accéder au point de décision était la réduction de la dette estimée insoutenable de notre pays. Ella a également tout mis en œuvre pour que notre pays atteigne le point d’achèvement de l’initiative en juin 2009, devenant ainsi le 25ème pays au monde à bénéficier de cette mesure. L’allégement de la dette au titre de l’initiative PPTE s’élève, à 207 millions de dollars US de la part de l’IDA et à 17,19 millions de DTS (26,77 millions de dollars US) de la part du FMI, soit au total 94,4 milliards de francs CFA pour ces deux institutions seulement. D’autres créanciers bilatéraux, publics et privés ont suivi le mouvement.

En atteignant le point d’achèvement de l’initiative PPTE, la République centrafricaine devint aussi admissible à un allègement de dette supplémentaire du FMI, de l’IDA et du Fonds africain de développement au titre de l’initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM). L’allégement au titre de l’IADM net de l’aide PPTE a entraîné une réduction nominale de la dette vis-à-vis de l’IDA et du FMI de 182 millions de dollars US et de 1,9 million de DTS (2,9 millions de dollars US) respectivement, soit au total 83, 2 milliards de francs CFA.

Pour lui permettre d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE, la République centrafricaine a pris un certain nombre de mesures visant à élaborer et à appliquer une stratégie nationale de réduction de la pauvreté et à préserver la stabilité macroéconomique. C’est le fameux DSRP1 (Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté) qui a été approuvé par le FMI et la Banque Mondiale le 26 octobre 2007, puis présenté aux bailleurs de fonds à Bruxelles en 2007. Dans son principe le DSRP doit fonctionner au moins un an avant le point d’achèvement du PPTE. Dans ce document, le gouvernement centrafricain a théoriquement défini sa  politique pour combattre la pauvreté de 2008 à 2010 dans le cadre de son programme FRPC.

Où en est-on aujourd’hui ?

Depuis 2009, des signes inquiétants d’une très mauvaise exécution de la politique budgétaire ont commencé à inquiéter certains pays amis de la RCA, qui n’ont pas manqué de les signaler au FMI et à la Banque Mondiale, mais sans succès. D’importantes dépenses s’exécutaient en violation des principes légaux et règlementaires (achats d’armes en Afrique du Sud et ailleurs en Europe et en Chine, subventions et transferts fictifs, lourdes dépenses prétendument de sécurité mais injustifiables puisqu’il s’agit en réalité de détournements de crédits et de règlement des factures des marabouts ouest africains, importants marchés de gré à gré au profit de proches du régime, coûteux entretien de l’équipage tchadien et de l’épave du Hercules C 130 au Portugal etc.), sous la direction personnelle de François BOZIZE, président du Comité de trésorerie et comptable de fait, qui décidaient des décaissements.

Du côté des réformes économiques, tout était au point mort au nom du clientélisme et de l’affairisme : secteur du diamant et or « privatisé » au profit des barons du régime et de leurs amis, secteur forestier en très grande difficulté, inexistence d’une vraie politique de relance du coton et du café, secteur de l’élevage à l’abandon, secteur des postes et des télécommunications criminalisé, etc. Tous ces faits ont été portés à la connaissance  du FMI et de la Banque Mondiale par ces pays mais ces institutions sont restées sourdes jusqu’à leur dernière mission conjointe en RCA en juillet 2001, au cours de laquelle elles semblent enfin découvrir l’étendue des dégâts. Cet extrait de leur communiqué publié le 13 juillet 2011, à l’issue de leur dernière mission à Bangui est assez éloquent :

  «….Le relâchement du contrôle de l’exécution budgétaire, attribuable à la durée prolongée du processus électoral, a entraîné d’importants dérapages budgétaires qui se sont soldés par une accumulation d’arriérés de paiement intérieurs et extérieurs.

Les autorités ont reconnu la gravité de ces dérapages et se sont engagées à prendre des mesures correctives immédiates, dont la mise en place d’un comité de gestion opérationnelle des liquidités, la stricte adhésion aux procédures de dépenses établies, avec notamment l’utilisation performante du système informatisé d’appui à la gestion des finances publiques (Gesco), la documentation exhaustive de toutes les dépenses extrabudgétaires et le renforcement du suivi de la situation macroéconomique et des réformes structurelles. Les autorités entendent par ailleurs convoquer des états généraux des finances publiques, qui permettront de recommander des mesures additionnelles pour redresser le cap de l’exécution budgétaire, conformément au programme de réformes des finances publiques à moyen terme approuvé par le gouvernement en juillet 2010 et soutenu par les principaux bailleurs de fonds.

Selon les progrès enregistrés dans la mise en application des mesures correctives, une équipe du FMI pourrait séjourner à Bangui afin de poursuivre les discussions sur un nouveau programme appuyé par la FEC. Cette visite pourrait coïncider avec les consultations de 2010 au titre de l’article IV, à la fin 2011.»

Dans l’aide-mémoire du FMI établi à l’issue de cette mission, et qui est plus explicite sur les dégâts, les dépenses extrabudgétaires sont estimées à 49 milliards de francs CFA. Selon les propres enquêtes à la source de Centrafrique-Presse, les dépenses extrabudgétaires s’élèvent en réalité à 70 milliards de francs CFA, dont au mieux 4 à 5 milliards CFA seulement peuvent être justifiés par le pouvoir de BOZIZE et NDOUTINGAÏ.  Pour 65 milliards  de F CFA environ de dépenses, il sera impossible de justifier les dépenses et pour cause :

Avec quel argent François BOZIZE  a-t-il acheté des hélicoptères, des chars, des munitions et des matériels de guerre en Afrique du Sud, en Chine, en Ukraine, en Tchéquie et en Biélorussie ?

Avec quel argent François BOZIZE a-t-il construit un hôpital de 75 chambres, et un lycée scientifique et agricole à la sortie de Benzambé dans son village sur la route de Kambakota dans l’Ouham?

Avec quel argent François BOZIZE a-t-il construit l’aérodrome, son palais et des dépôts d’armes et munitions, des ranchs de plusieurs milliers de tête de bétail, des écoles et des hôpitaux dans son village natal de Bongossi au bord de l’Ouham ?

Avec quel argent entretient-t-il mille et un services de renseignement au pays et partout à l’extérieur ?

Avec quel argent  a-t-il acheté des centaines de pick-up et des centaines de milliers de gadgets pour sa campagne, financé les activités frauduleuses de MEDIA PRINT d’Elie NAMTOLI, destinées à réaliser son hold-up  électoral ?

Toujours dans le même aide-mémoire, la mission du FMI évoque des arriérés de paiement en 2010 d’environ 33 milliards de francs CFA. La réalité est tout autre si un travail sérieux est fait pour y intégrer les diverses créances que François BOZIZE gèle régulièrement depuis qu’il est arrivé au pouvoir. Selon également nos propres enquêtes les arriérés de paiement intérieurs avoisineraient plutôt les 100 milliards CFA, soit près de 10% du PIB. Pour un pays ayant atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE, il faut le faire…

A notre avis, c’est l’apparition de nouveaux arriérés envers le Club de Paris et envers la Banque européenne d’investissement (BEI) « en contravention avec les engagements pris dans le cadre de l’initiative PPTE » qui a donné l’alarme puisque les autres points (bonus d’Axmin/Aurafrique (8 millions de dollars US) non comptabilisés au Trésor Public par exemple, font partie du folklore budgétaire local sous Bozizé.

Mieux, ce que ne savent pas les « experts » du FMI et de la Banque Mondiale c’est qu’au moment où nous écrivons ses lignes, de fausses factures sont fabriquées à tour de bras pour justifier l’utilisation des crédits sur financements notamment de la Banque Mondiale. Des véhicules réputés achetés pour telle ou telle administration, tel projet ou tel projet ne l’ont jamais été, et il suffit d’une petite enquête auprès de prétendus bénéficiaires pour s’en convaincre. 

Le gouvernement centrafricain est devenu un véritable panier à crabes, une fourmilière de bonimenteurs, une usine de faussaires, de pillards et de voleurs, et comme les exemples, impunis viennent d’en haut, il faudra encore plusieurs descentes du FMI et de la Banque Mondiale à Bangui pour découvrir l’ampleur véritable toute la simple vérité : BOZIZE et sa clique considèrent la RCA comme un « butin de guerre » pour reprendre cette remarquable formule de feu Me Goungaye Nganatoua. Que fait-on d’un butin de guerre ?

Ce n’est par la tenue d’états-généraux des finances comme le gouvernement vient d’en organiser qui pourra changer quoi que ce soit dans une situation où seul BOZIZE qui est tout à la fois, en tant que président du comité de trésorerie, comptable et ordonnateur des dépenses nationales, doit rendre compte du naufrage financier du pays. Le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale pourront-ils mettre fin au pillage et à la mise à sac de la RCA par BOZIZE et sa clique de prétendus libérateurs ? Il est permis d’en douter.

Rédaction C.A.P

 

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