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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 04:05

 

 

 

Ndoutingai-copie-1.jpg

 

 

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Ndoutingaï dixit  (cf journal Le Peuple n° 3517 du 2 février 2012 page 4)

 

Voilà les termes dans lesquels s’est exprimé le ministre d’Etat aux finances et au budget lors de son point de presse du mardi 31 janvier 2012 à  l’endroit des journalistes de la presse privée de Bangui. Ces propos proférés par le ministre d’Etat Sylvain Ndoutingaï à l’égard de Me Nicolas Tiangaye sont d’une extrême gravité et comme tels, ne sauraient être tolérés. Me Nicolas Tiangaye est un avocat qui a le droit d’exercer librement son métier qui lui permet de vivre dans un pays où le régime a mis tous les Centrafricains à genoux et les affame.

Ces propos assortis de menaces à peine voilées sont d’autant plus inadmissibles qu’ils sont sortis de la bouche de quelqu’un qui s’est retrouvé là où il est aujourd’hui par un tragique  accident de l’histoire de notre pays tandis que Me Tiangaye lui, exerce la profession pour laquelle il a brillamment réussi les études et la formation y afférentes. Il est donc l’homme qui est à la place qu’il faut qu’il a choisie d’occuper.

Si à un moment donné Me Tiangaye a eu des ambitions de nature politique pour son pays et a décidé de créer un parti politique pour leur réalisation, en quoi cela peut-il constituer un crime à lui imputer ! Pourquoi Tiangaye ne peut-il pas avoir le droit d’être homme politique dans son pays tout en y exerçant son métier d’avocat sans avoir à rendre des comptes à Ndoutingaï ?

On connaît l’aversion de Bozizé pour les intellectuels et tout ce qui relève de l’intellect (il a officiellement déclaré qu’il n’a jamais mis pieds ainsi que ses enfants dans une université), mais cela n’est pas une raison suffisante pour que dès lors, tous les intellectuels centrafricains renoncent à l’usage de la raison en usant de leurs méninges. En réalité, devant leur échec dans la gestion des affaires du pays, Bozizé et Ndoutingaï sont des adeptes de l’obscurantisme. Il n’y a que par l’opium de sa secte de l’église du christianisme que Bozizé compte tromper et endormir les Centrafricains pour qu’ils tolèrent et oublient son calamiteux bilan. Ce n’est pas par hasard que Ndoutingaï lui aussi commence à faire comme lui en construisant une église dans Bangui.

Il est vraiment dommage et néfaste pour la jeunesse centrafricaine que des individus comme Bozizé et Ndoutingaï qui ont pris le pouvoir en levant une calamiteuse rébellion qui a profondément détruit le pays, puissent non seulement parvenir au pouvoir mais continuer à exercer ce pouvoir autant d’année avec le catastrophique bilan que l’on sait. Quel mauvais exemple ne sont-t- ils pas pour cette jeunesse à qui ils ont ainsi pu inoculer non pas le goût de l’effort et du mérite mais plutôt celui des intrigues, du chantage et des braquages avec armes de guerre, de la prébende et de la prédation.  

Me Tiangaye doit être fier d’avoir fait son métier d’avocat à l’époque en ayant défendu naguère ce même François Bozizé qui fait de lui aujourd’hui son ennemi juré, contre un épouvantable régime qui lui en avait fait voir de toutes les couleurs en le ramenant de Cotonou à Bangui dans une cage comme un fauve après l’avoir kidnappé au Bénin pour le jeter en prison.

Quel est le bilan de Ndoutingaï depuis son entrée dans le gouvernement putschiste de Bozizé en mars 2003 jusqu’à ce jour sinon que d’être devenu milliardaire et d’être à la tête d’un patrimoine immobilier non seulement en Centrafrique mais aussi au Burkina-Faso notamment. Alors qu’il a été plusieurs années durant à la tête du ministère des mines, de l’Energie et de l’hydraulique, les Centrafricains souffrent actuellement du manque indescriptible et insupportable de fourniture de courant et d’eau potable sur quasiment toute l’étendue du territoire. Les secteurs du courant électrique et de l’eau ont été laissés à l’abandon au profit de ceux du diamant, de l’uranium et du pétrole, plus intéressants pour les dessous de table et autres commissions afin d’entretenir les multiples maîtresses et faire pousser les villas et acquérir les véhicules 4x4.

Si Ndoutingaï et son frère ennemi Francis Bozizé ont pris l’habitude de soudoyer certains journalistes et responsables de journaux de Bangui pour les manipuler à leur profit dans leur guerre fratricide pour la succession de Bozizé, ils doivent prendre garde de ne pas y mêler tout le monde. Seuls ceux quelques crève-la-faim peuvent accepter de vendre leur âme et leurs convictions afin de se mettre à leur service pour quelques billets de F CFA et des prébendes.

Ndoutingaï est connu pour être un partisan et commanditaire des règlements de comptes physiques de ses cibles. Si par malheur il devait advenir à Me Tiangaye, dont le domicile avait déjà fait l’objet de vandalisme il y a quelques années lors d’une expédition barbare punitive des prétendus « libérateurs », on saura à quoi s’en tenir car on connaît déjà le commanditaire du crime dont la chronique est annoncée…   

 Rédaction C.A.P

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique