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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 01:54


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Le retour d’Ange-Félix Patassé en République centrafricaine (RCA) après six années d’exil au Togo soulève des inquiétudes au sein de la population. C’est en effet en octobre 2009 que l’ancien président de la RCA est rentré, motivé par sa décision de se présenter aux prochaines élections présidentielles d’avril 2010.

Le gouvernement de l’actuel Président  Bozizé et un certain nombre d’ONG ont accusé Patassé d’être responsable des crimes de 2002-2003 qui auraient été commis en RCA par les troupes du Mouvement de libération du Congo (MLC) appartenant à Jean-Pierre Bemba. Patassé aurait fait appel aux troupes de Bemba pour réprimer la rébellion de Bozizé qui finalement prit le pouvoir.

Dans le cadre du Dialogue politique  inclusif, Patassé a bénéficié d’une amnistie – quoique ne couvrant pas les crimes internationaux – assurant son retour. Jean-Pierre Bemba, pour  sa part, est détenu à la Cour pénale internationale (CPI) depuis près de deux ans pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans l’attente de son procès qui commencera le 5 juillet 2010.
Ce retour au pays de l’ancien président représente un défi pour les ONG des droits de l’homme centrafricaines qui mènent des actions de sensibilisation à la CPI.

Les ONG doivent composer avec les grands espoirs des victimes et les préparer à l’éventualité que leurs bourreaux présumés ne soient pas poursuivis. Pour de nombreuses victimes de RCA, Patassé – et pas seulement Bemba– devrait rendre des comptes pour les crimes qui ont été commis en 2002-2003. Bien qu’elles soient soulagées de savoir que Bemba comparaîtra, elles craignent que Patassé ne soit hors de portée de la CPI et ne soit donc jamais renvoyé devant la Cour.

Si la Cour décidait de poursuivre Patassé en période électorale, ses partisans pourraient qualifier l’intervention de la Cour de manoeuvre politique visant à discréditer Patassé sur la scène politique, ce qui rendrait le travail de sensibilisation des ONG sur le terrain beaucoup plus difficile.

Il est important que la population centrafricaine comprenne qu’il revient au Bureau du Procureur de la CPI de poursuivre ou non Patassé.

Toutefois, certaines ONG des droits de l’homme estiment que la CPI ne communique pas suffisamment sur la question alors que c’est son rôle de clarifier toute désinformation ou confusion au  sein de la population des pays en situation. La Coalition de RCA pour la CPI et les ONG sur le terrain sont disposées à soutenir la Cour dans cet effort, pourvu qu’elles disposent des moyens suffisants pour le faire.


Par Bruno Hyacinthe Gbiegba, président de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-RCA) et Marie-Edith Douzima, coordinatrice de la Coalition de RCA pour la CPI



Source :  n° 13  page 6 de la revue de la Coalition Pour la Cour Pénale Internationale de mars 2010

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