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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 01:05

 

 

 

Cette carte des ressources minières de l’AZAWAD pourrait sans doute expliquer le sens de la guerre d'indépendance à laquelle se livrent les rebelles du MNLA et les mouvements islamistes radicaux au Nord Mali.

A chacun de se faire une idée de la situation au Mali et  les enjeux stratégiques inavouables des uns et des autres et dont personne n’ose parler.

Rédaction C.A.P

 

 

 

 

 

les-richesses-minieres-de-l-AZAWAD.JPG

 

 

 

  carte-Mali-richesses-minieres.JPG

 

Au Mali, "le pétrole est pour le moment un mirage"

LE MONDE | 04.04.2012 à 10h55 • Mis à jour le 04.04.2012 à 15h4

Principal mouvement rebelle, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) souhaite que cette région Nord du Malifasse sécession. S'agit-il d'un enjeu pétrolier ? Réponses avec Benjamin Augé,chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (IFRI) et rédacteur en chef adjoint d'Africa EnergyIntelligence.

Que sait-on des réserves ou des possibilités d'exploitation du pétrole au Mali ?

La région Nord est la plus prometteuse parce qu'elle fait partie du bassin de Taoudenni (partagé entre la Mauritanie, l'Algérie et le Mali). Le Taoudenni ne produit pas encore, mais un forage de Total dans la partie mauritanienne du bassin en 2009-2010 a suscité de grands espoirs. Au Mali, on n'en est pas là. Des travaux sismiques (2D et 3D) ont eu lieu, mais la phase des forages est constamment repoussée, pour des questions de coût et de priorité pour les sociétés présentes.

Que peut peser le pétrole face aux autres ressources naturellesdu Mali, comme l'or ?

Le pétrole est pour le moment un mirage au Mali. On ne peut pas mesurer les réserves sans avoir mené une série de forages dans une zone qui s'étend sur des centaines de milliers de kilomètres carrés. De plus, le Taoudenni n'est pas le seul bassin. Le Mali abrite aussi le graben de Gao, les bassins du Tamesna et des Iullemeden (tous trois frontaliers avec le Niger), et celui de Nara (proche de Mopti). Pour chacun, on est loin de l'étape du forage. Le pays souffre de son enclavement. Les sociétés sont moins enthousiastes que pour les gisements offshore du golfe de Guinée, où il est facile d'exporter le brut. Pour l'or, en revanche, le Mali est l'un des premiers producteurs du continent.

Quels sont les pays qui s'intéressent particulièrement au nord du Mali du point de vue pétrolier ?

L'Algérie est présente au Mali (ainsi qu'au Niger et en Mauritanie) depuis moins de dix ans, mais avec une position très dominante. Au nord, l'Algérie a pris des blocs par l'intermédiaire de Sipex, filiale internationale de sa société nationale, la Sonatrach, et s'est associée avec l'italienne ENI pour partager les coûts d'exploration. Les deux sociétés opèrent un bloc très prometteur, mais le premier forage aurait dû avoir lieu en février, comme l'avait promis l'ex-premier ministre (arrêtée par la junte) Mariam Kaidaba Cissé Sidibe.

Comment les permis pétroliers ont-ils été attribués ?

Le Mali a monté vers le début 2000 un organisme sous tutelle du ministère des mines, l'Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière (Aurep), qui a accordé le plus grand nombre de blocs en un temps record. Parmi les sociétés sélectionnées, certaines sont sérieuses (Sonatrach, ENI), mais le plus grand nombre n'a pas les capacités techniques et financières nécessaires pour exploiter et retarde la mise en valeur des zones concernées. D'ailleurs, il n'y a pas eu un forage depuis.

La région est-elle susceptible de devenir un eldorado pétrolier ?

On en est loin. L'exploration n'en est qu'à ses débuts, et la zone saharienne reste méconnue. La Mauritanie produit depuis 2006 de petites quantités de brut en mer (8 000 barils par jour en 2011). A la suite d'une sélection rigoureuse du gouvernement, ce sont des sociétés reconnues qui veulent y investir (Total, Tullow Oil, Dana Petroleum, GDF Suez, Wintershall, Repsol...) et faire croître le débit. Le Niger produit depuis 2011 de faibles quantités de brut (20 000 b/j) à l'est (bloc d'Agadem) grâce aux Chinois de CNPC. D'ici cinq à six ans, une partie du brut d'Agadem sera exportée par un oléoduc qui serait raccordé à celui existant entre le Tchad (Doba) et le Cameroun (Kribi) construit en 2003 par Exxon. Le Mali, lui, est à la traîne.

Propos recueillis par Jean-Philippe Rémy

 

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