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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 22:55

 

 

file de vote à Bangui

 

 

Source : Secours-catholique.org 25/01/2011

 

La République Centrafricaine a tenu dimanche 23 janvier des élections présidentielle et législatives. Aude Hadley, chargée de projet au Secours Catholique et deux autres membres de l’association ont suivi ces élections en tant qu’observateurs internationaux. Aude Hadley nous livre ce dont ils ont été témoins.

Près de deux millions d’électeurs centrafricains ont attendu des heures sous le soleil avant de voter pour les élections législatives et présidentielle qui se sont tenues dimanche 23 janvier 2011 en République Centrafricaine

Comment s’est déroulé le scrutin de dimanche 23 janvier ?

Globalement, il s’est déroulé dans le calme et la sérénité. Il n’y a pas eu de heurts. Nous avons senti une très forte mobilisation de la population. Les gens étaient impatients de voter. Nous sommes arrivés à 5h30, le dimanche matin, à l’un des grands centres de vote de Bangui. Celui-ci devait ouvrir ses portes aux électeurs à 6h. Mais lorsque nous sommes arrivés, rien n’était installé. Il n’y avait pas d’isoloirs, pas d’urnes, la salle d’école où se tenait le scrutin n’avait pas encore été débarrassée de ses meubles et les membres du bureau de vote n’étaient pas encore là. Il a finalement ouvert à 8h. Nous avons appris par la suite que de nombreux bureaux de vote n’avaient pas respecté les dix heures réglementaires de scrutin. Lorsqu’enfin les gens pouvaient, après de longues heures d’attente sous le soleil, présenter leur carte d’électeur, bien souvent on leur apprenait qu’ils n’étaient pas inscrits sur les listes électorales ou que leur numéro d’électeur avait déjà été utilisé par une autre personne. Les listes et cartes électorales ont été réalisées manuellement provoquant ainsi de nombreuses erreurs. Malgré cela, les Centrafricains ont gardé leur calme.

Avez-vous été témoins de fraudes ?

Oui, ce scrutin a été entaché d’irrégularités. A Bangui, nous avons assisté au dépouillement d’un bureau de vote. Il s’est tenu à la lueur d’une bougie. Par ailleurs, les membres du bureau ont annoncé que 277 personnes avaient votées. Or le nombre de bulletin était bien supérieur : ils en ont comptabilisé 385.

Peut-on imaginer une contestation des résultats à venir ?

Dès le lancement des élections, les opposants au parti au pouvoir ont contestées ces élections dénonçant un certain nombre d’irrégularités et accusant la Commission électorale indépendante (CEI) de ne pas agir en conformité avec le code électoral. Cela a d’ailleurs poussé certains membres de la CEI à démissionner. Mais malgré ces démissions et les critiques, la CEI a poursuivi l’organisation des élections. On peut prévoir une contestation des résultats, qui apparemment seront proclamés le vendredi 28 janvier. Toutefois la population veut à tout prix éviter un scénario à l’Ivoirienne et souhaite maintenir le calme.

Combien d’observateurs nationaux présents lors des élections ?

Environ mille observateurs nationaux ont assisté au scrutin. La moitié avait été formée par Justice et Paix avec le soutien du Secours Catholique. Par ailleurs, Justice et Paix a ainsi réussi à déployer des observateurs sur tout le territoire de la République centrafricaine, notamment dans les régions à forte présence rebelle, comme à Birao.

Quels sont les enjeux de ces élections en Centrafrique ?

La paix a été l’un des enjeux du scrutin. La Centrafrique vit depuis de nombreuses années dans l’instabilité. Mais le sentiment de paix est très varié selon les régions de Centrafrique. A Bangui, la capitale, les habitants estiment qu’il y a une nouvelle stabilité dans leur ville tandis que de fortes rébellions ont encore lieu au nord du pays, dans la région de Birao, à la frontière avec le Soudan et le Tchad. Par ailleurs, la présence de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), un groupe de rebelles Ougandais, crée toujours d’importants troubles à l’est du pays. La paix a donc été un enjeu de ces élections, mais plus encore l’amélioration de la situation économique a prévalu dans ces élections.

Propos recueillis par Clémence Richard

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique