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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 18:10

 

 

 

Bozize-et-Monique-sur-le-cercueil-de-Patasse.JPG

  Bozizé et son épouse Monique déposant une couronne de fleur sur la dépouille de Patassé

 

 

Les Centrafricains ont dit adieu au président Patassé

 

 Radio Ndéké Luka Samedi, 21 Mai 2011 14:46

 

Catafalque recouvert du drapeau national. Une marée humaine sous un soleil de plomb. Honneurs militaires et dépôt de gerbes de fleurs.  Des pleurs, des témoignages. Toute la République debout et s’inclinant respectueusement devant le cercueil de son ancien président.

C’est sous ce décor que la République Centrafricaine a rendu en ce samedi 21 mai 2011, hommage à son ancien président Ange Félix Patassé, décédé le 6 avril dernier à Douala au Cameroun. Les obsèques officielles se sont déroulées sur l’Avenue des Martyrs à Bangui, sous la présidence du Chef de l’Etat François Bozizé. Tous les corps constitués étaient présents ainsi que les membres du corps diplomatique.

Trois hommages funèbres ont prononcés au cours de la cérémonie. En premier lieu, une des filles du défunt pour qui : « Patassé était un bon père de famille et passionné pour son pays.  Il a enduré des sacrifices et moi personnellement j’ai été jetée en prison à l’âge de 6 ans à cause de son attachement politique pour la libération du peuple centrafricain ».

Second intervenant, Sosthène Guetel. Un proche du défunt, membre de sa famille politique. Il a révélé une  confidence faite par le défunt, juste avant d’embarquer dans l’avion qui devait le conduire à Douala que : « mon petit frère, rassembles tes frères et les camarades auprès de toi, fais leur une ouverture et ne répondez pas aux provocations d’où qu’elles viennent ». L’intervenant a avoué avoir compris ce message empreint de mystère à l’annonce de la disparition du défunt.

Le président Bozizé a rendu hommage à son défunt prédécesseur, saluant en lui l’une des grandes figures de la vie politique centrafricaine. Il a salué en lui l’une des plus grandes figures politiques de la Centrafrique. Toutefois, François Bozizé a dénoncé « l‘esprit de manipulation et de division dont font montre certains hommes politiques qui ont servi Patassé ».

Passant du français au Sango la langue nationale, il a demandé « pardon à la famille du défunt pour ne pas s’être présenté à la place mortuaire, évitant toutes querelles ». Il a aussi reconnu avoir empêché l’ancien Chef d’Etat de sortir du pays. Mais contrairement aux accusations portées contre lui et le rendant responsable de la mort de Patassé, le président centrafricain  accuse plutôt « les alliés de Patassé qui constituent le Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections (FARE-2011) ».

Après la sonnerie aux morts et les honneurs militaires rendus une dernière fois, le cortège funèbre s’est ébranlé pour le PK 26 sur la route de Boali (nord de Bangui). C’est là dans sa propriété qu’est prévue l’inhumation.

 

Centrafrique: 2.000 à 3.000 personnes aux obsèques de Patassé

 

 

BANGUI 21 mai (AFP) - Entre 2.000 et 3.000 personnes se sont recueillies samedi sur l'Avenue de Martyrs de Bangui pour les obsèques de l'ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé avant son inhumation dans l'intimité prévue hors de la capitale, a constaté un journaliste de l'AFP.

La cérémonie s'est déroulée dans le calme, ponctuée par la musique de l'orchestre de l'armée, en présence du couple présidentiel, de membres de la famille, des corps constitués de l'Etat, du corps diplomatique, avant de remettre le corps à la famille de l'ancien président (1993-2003) qui devait l'inhumer à 26 km de Bangui en fin d'après-midi à "La Colombe", la ferme familiale.

"Le président Patassé est resté l'une des figures emblématiques de l'histoire politique de la République centrafricaine", a déclaré le ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement, Michel Koyt, qui a lu l'oraison funèbre après des témoignages de la fille de Patassé, Adeline, et de l'un de ses anciens Premier ministre Anicet Georges Dologuélé (1999-2001).

Ces témoignages ont été suivis par un dépôt de gerbe de fleurs, une sonnerie aux morts et un défilé funèbre des forces de défense et de sécurité.

Avant le défilé, le président François Bozizé, arrivé au pouvoir par la force en 2003, en renversant Patassé, a pris longuement la parole en langue nationale sango estimant que "c'était un bon président, mais son entourage l'a poussé à entrer en conflit avec de nombreux compatriotes, dont moi-même".

Alors que les conditions de la mort du président Patassé ont fait l'objet d'une polémique, son entourage accusant les autorités de lui avoir à plusieurs reprises interdit de quitter le pays pour se faire soigner, M. Bozizé a jugé que "tout ce qui a été dit sur le pouvoir n'est que de la manipulation, de l'intoxication, voire des mensonges".

"J'ai pris personnellement sur moi de mener des démarches, dès que j'ai appris que le président Patassé était malade", a-t-il affirmé, assurant que son "médecin personnel" et un "médecin militaire" s'étaient vu empêcher de le soigner ou d'accéder à ses dossiers médicaux.

"Alors qu'on nous dise ce qui s'est réellement passé dans la concession (propriété) de M. Patassé pour que l'on ait caché la vérité au moment où il allait de plus en plus mal", a dit le président.

"Je demande pardon aux enfants Patassé et à la famille pour n'avoir pas assisté aux funérailles familiales au quartier Fouh (vendredi, au nord de Bangui). Beaucoup de choses se sont dites, je n'ai pas voulu entrer dans les querelles inutiles, pour éviter d'attiser la tension", a-t-il dit, alors que le camp de Patassé avait annoncé son intention de boycotter les cérémonies officielles et refusé des obsèques nationales.

Un deuil national de sept jours a été observé dans le pays depuis le 15 mai.

Deuxième de la présidentielle de janvier derrière Bozizé, Patassé refusait de reconnaître la réélection de "Boz".

Il est décédé à Douala à l'âge de 74 ans, alors qu'il souffrait de problèmes de diabète. Le corps était revenu le 19 mai à Bangui.

Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés

 

NDLR : Quelles que soient ses dénégations sur ses propres responsabilités dans la mort de son prédécesseur Patassé qu'il a également servi comme chef d'Etat major des Faca, Bozizé ne peut pas se défausser sur d'autres et surtout pas ses opposants du FARE 2011 aux côtés de qui Patassé luttait aussi pour l'annulation et la reprise des élections du 23 janvier dernier. Pourquoi a-t-il empêché Patassé d'aller se soigner à l'extérieur du pays lui faisant perdre trois semaines, donc un retard qui lui a été fatal ? Voilà comment doit être posé le problème des circonstances et des responsabilités autour de la mort de Patassé et c'est là dessus que Bozizé se battra avec sa conscience jusqu'au restant de ses jours sur terre. Tout autre allégation n'est que baliverne et tentative de diversion. Les Centrafricains l'ont bien compris, ce qui explique le fait que Bozizé ait été copieusement conspué et insulté lors de l'arrivée de la dépouille de Patassé. Ange-Félix Patassé repose maintenant dans la paix éternelle mais Bozizé n'aura jamais la paix.     

 

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