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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 01:06


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Mme Denise Massi

 

Depuis quelques semaines et en particulier le 7 février date du décès à Paris du général et ex président de la République centrafricaine André Kolingba, Bozizé a savouré un certain répit. La mort du général Kolingba a en effet fait la une de l’actualité en Centrafrique ces derniers jours et éclipsé en quelque sorte l’affaire de la mystérieuse disparition du colonel opposant et ancien ministre d’Etat de Bozizé. Après l’annonce de cette disparition faite par son épouse et son parti politique le 16 janvier dernier, sa famille est demeurée jusqu’ici sans nouvelles ni preuve de vie quelconque de lui.

C’est ainsi que Mme Denise Neris Massi a saisi par courrier le Président Nicolas Sarkozy pour demander son intervention afin d’obtenir des autorités de Bangui les informations sur le sort de son conjoint. La réponse de l’Elysée à n’a pas tardé. Ce courrier en date du 4 février 2010 dont Centrafrique-Presse s’est procuré une copie, fait état de ce que l’Ambassadeur de France à Bangui M. Jean-Pierre Vidon « a donc été instruit d'effectuer une démarche officielle auprès du gouvernement centrafricain afin de le prier de bien vouloir communiquer toute information en sa possession sur la disparition de M. MASSI ».

L’Elysée poursuit dans sa réponse pour dire que « L'absence de réponse satisfaisante à ce jour ne peut que nous inciter à persévérer dans notre détermination à obtenir que toute la lumière soit faite sur cette affaire ». On le voit, même l’Ambassadeur de France à Bangui n’a pu tirer les vers du nez de Bozizé. M. Jean-Pierre Vidon a dû se contenter d’une audience avec le général Antoine Gambi, ministre des affaires étrangères, dont il n’en est apparemment pas sorti grand chose.

Mme Denise Neris Massi qui a été expulsée sans ménagement de Bangui par Bozizé alors qu’elle s’était rendue dans son pays pour s’enquérir de la situation de son mari bénéficie visiblement du soutien de la présidence française car à la fin de la réponse de l’Elysée à son courrier, on peut encore lire ceci : « Comme vous le savez, la France n'a pas ménagé ses efforts en faveur de la stabilisation de la RCA et de l'enracinement de la démocratie dans ce pays ami. Si l'éventualité que vous évoquez d'une exécution extra-judiciaire de M. Massi était confirmée, cela constituerait une violation grave des principes élémentaires de l'Etat de droit qui ne pourrait rester sans conséquence ». On ne peut être plus clair.

Traduction de ce langage diplomatique : les investigations sur la disparition de Charles Massi vont se poursuivre pour qu’on sache la vérité sur les circonstances exactes de sa disparition. S’il est établi que c’est effectivement suite aux tortures que Bozizé et sa garde présidentielle lui ont infligées qu’il a trouvé la mort, le président centrafricain devrait s’attendre à quelque haussement de menton des plus hautes autorités françaises.

Entre temps, la famille Massi s’est résolue à commettre pour sa défense deux avocats. Il s’agit de deux ténors du barreau de Paris, Maître Jean-Charles Tchikaya, ancien avocat du terroriste Carlos aux côtés de Jacques Vergès et de Milosevic au TPIY et Maître François Gibault, ancien avocat de Bokassa et avocat de l'Etat Libyen en France. Ces derniers se préparent à déposer plainte pour « crime de guerre » devant la Cour Pénale Internationale (CPI) du fait des « tortures et l'exécution extrajudiciaire » du colonel Charles Massi. Les prochains jours promettent. Bozizé n’a donc qu’à bien se tenir… !     

La Rédaction de C.A.P

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