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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 00:02

 

 

 

 

 

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NICE (Sipa) 04.10.2012 19h17 — Une équipe de l'Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire (IPMC), basée à Sophia-Antipolis près de Nice, a isolé dans le venin mortel du serpent mamba noir une nouvelle substance qui pourrait, d'ici quelques années, être plus efficace que la morphine dans les traitements anti-douleur selon les résultats de leurs recherches publiés dans la revue britannique "Nature".


Les scientifiques, issus des rangs d'une unité mixte CNRS/Université de Nice Sophia-Antipolis, qui travaillent depuis des années sur les mécanismes de la sensation de douleur en particulier les canaux ioniques ASIC situés dans les membranes des neurones- ont découvert des substances analgésiques dans le venin du mamba noir, l'un des serpents les plus venimeux au monde, le mamba noir, qui peut tuer un homme en 20 minutes...


La piqûre de ce reptile de la famille des crotales, qui peut mesurer plusieurs mètres de long et que l'on trouve principalement en Afrique centrale et en Afrique de l'Est, a la particularité d'être presque toujours mortelle si elle n'est pas soignée.


A l'intérieur du venin, Sylvie Diochot, Anne Baron et leurs collègues ont isolé de nouveaux peptides, rebaptisées à cette occasion "mambalgines", qui ont un puissant effet analgésique chez les souris "en inhibant des sous-types de canaux ioniques particuliers (...) à la fois dans le système nerveux central et périphérique", explique le CNRS, l'IMPC et l'Université de Nice Sophia-Antipolis dans un communiqué commun.


Cette découverte pourrait révolutionner les traitements anti-douleur. "Il y a un besoin de nouvelles molécules d'analgésiques", explique jeudi à Sipa le directeur de l'équipe "canaux ioniques et douleur" de l'IPMC, Eric Lingueglia. "Il existe bien des opiacées comme la morphine mais celle-ci ne marche pas tout le temps, notamment pour les cancers, et a des effets secondaires qui obligent parfois à interrompre son utilisation. Or ici, avec le mamba noir, il n'y a pour l'instant pas ces effets secondaires", affirme-t-il.


Selon l'étude publiée mercredi dans "Nature", la découverte provenant de Sophia-Antipolis ne se limite pas à un nouveau produit à fort potentiel, selon Eric Lingueglia. "On a également trouvé des canaux ioniques que l'on ne savait pas impliqués dans la douleur. Ils vont donc devenir de nouvelles cibles thérapeutiques".


Les premières observations ont été effectuées il y a environ cinq ans. Onze scientifiques, dont sept plus particulièrement, sont à l'origine de cette découverte. "Au départ, on ne travaillait pas sur la douleur. On y est arrivé quand on s'est rendu compte que les canaux ioniques étaient impliqués dans le mécanisme de la douleur. Depuis, on s'intéresse aux venins comme source naturelle de molécule capable de bloquer ces fameux canaux", détaille Eric Lingueglia.


Avant de dénicher le mamba noir, les chercheurs ont testé une cinquantaine de venins dont certains issus d'araignées et, plus étonnant, d'anémones de mer.


Pour un éventuel médicament disponible en pharmacie, il faudra, en revanche, attendre un peu. "Un industriel de Sophia-Antipolis y travaille d'ores et déjà et a déposé des brevets. Il faut rester prudent. D'autres études et d'autres tests seront nécessaires avant une éventuelle mise sur le marché, qui ne se fera pas avant dix à douze ans", estime Eric Lingueglia.

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Centrafrique-Presse.com - dans Sciences