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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 17:46

 

 

 

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Les Afriques - 27/05/2011

Vers un accord international de coopération pour préserver les grandes forêts primaires de la planète

 

2011 a été proclamé l’année internationale des forêts par l’Organisation des Nations Unies. Réservoir de ressources biologiques, les forêts jouent un rôle déterminant dans la régulation du climat mondial. Elles participent également au développement économique et social des pays. C’est pourquoi la gestion durable des forêts, la conservation de la biodiversité et le changement climatique occupent désormais une place prépondérante dans le développement de la diplomatie environnementale et l’émergence de l’économie verte. Le rôle écologique des bassins forestiers de l’Amazonie, du Congo et du Bornéo- Mékong est universellement reconnu. Ces bassins qui constituent 80% des forêts tropicales de la planète abritent les deux tiers de la biodiversité terrestre et assurent la subsistance à plus d’un milliard de personnes. Chefs d’Etat, scientifiques, partenaires et acteurs de la préservation de l’environnement et de la biodiversité terrestre se réunissent donc à Brazzaville entre le 29 mai et le 3 juin, afin d’adopter un accord de coopération qui permettra la gestion durable des écosystèmes forestiers de la planète.

Protéger les forêts: une prise de conscience récente

La situation des forêts a commencé à préoccuper la communauté internationale dans les années 1980. En 1988, le thème est abordé pour la première fois au sein des débats internationaux du G8. Outre les différents sommets sur le climat et leurs résolutions (Kyoto en 1997, Clean Developement Mechanism en 2005), la première réelle avancée a eu lieu en 2002 à Johannesburg. Des réglementations forestières internationales respectueuses de l’environnement (Forest Law Enforcement Governance and Trade) sont votées et mises en place l’année suivante. Les pays tropicaux s’organisent et se regroupent en coalition (Coalition for Rainforest Nation) afin de prendre en compte la protection des forêts comme moyen pour lutter contre le changement climatique. En 2007, à la conférence de Bali débute un nouveau programme destiné à la Réduction des Emission de gaz liés à la Déforestation et Dégradation des forêts (REDD). Ce projet de soutien aux pays en développement est étendu lors des conférences suivantes (Copenhague en 2009 et Cancún en 2010).

Une double nécessité: protection des forêts et développement

Les pays qui abritent les massifs forestiers sont aujourd’hui confrontés à la fois aux besoins de leur développement, à la destruction des écosystèmes, à la dégradation des sols et des forêts, ainsi qu’à la nécessité de conservation des ressources biologiques. Les niveaux de déforestation et de dégradation varient d’un bassin à un autre, en fonction des pratiques forestières, des politiques agricoles et des impératifs de développement. De nos jours, la réduction du couvert forestier s’accélère et contribue à l’augmentation des émissions des gaz à effet de serre et à la dégradation des terres. C’est ainsi que la déforestation est devenue une préoccupation mondiale. La conservation et la gestion durable des forêts tropicales deviennent des obligations que chaque pays ou chaque région ne peuvent continuer de traiter isolément. Les pays étant confrontés aux mêmes défis, la coopération entre les bassins forestiers tropicaux est ressentie aujourd’hui comme une exigence. C’est pourquoi, l’Indonésie a organisé à New York, lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies en septembre 2007, une réunion des Chefs d’Etats des pays forestiers présents. Celle-ci a donné lieu au groupe des 11 pays forestiers tropicaux dit F-11, qui comprend le Brésil, le Cameroun, la Colombie, le Congo, le Costa Rica, le Gabon, l’Indonésie, la Malaisie, la Papouasie Nouvelle Guinée, le Pérou et la République Démocratique du Congo.

 Le Sommet des Trois Bassins: une initiative cruciale pour assurer la pérennité des forêts

C’est en tenant compte de ce contexte que la République du Congo avait suggéré, en 2007 à Bali, le rapprochement des bassins forestiers tropicaux, en vue de promouvoir la coopération Sud-Sud et Nord-Sud par l’échange d’expériences et d’informations en matière forestière. Le PNUE et le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique (CBD) furent alors désignés pour élaborer un accord ou un mémorandum de coopération entre ces trois régions et préparer les conditions de sa signature. La CBD a organisé des réunions entre les organes de gestion des différents bassins qui n’ont pas encore abouti à un résultat concret. C’est ainsi que lors du sommet d’Oslo, le 27 mai 2010, le président congolais Denis Sassou Nguesso a abordé avec ses homologues de Guyane et d’Indonésie, ainsi qu’avec le Premier Ministre norvégien la question relative à la tenue du sommet des trois bassins à Brazzaville en 2011, à l’occasion de l’année internationale des forêts.

Ils ont tous soutenu cette initiative. D’autres contacts ont eu lieu avec le Brésil, la France, la Chine, la FAO, l’OIBT, le PNUE, le GEF, le FNUF, la CEAC et des ONG internationales, qui ont encouragé la tenue du sommet et se sont engagés à contribuer à son organisation. L’idée de la signature à Brazzaville d’un Traité de coopération entre les pays des bassins forestiers tropicaux a été renforcée. Le Traité ou l’Accord de coopération prendra en compte également les pays forestiers tropicaux non membres des bassins circonscrits qui désirent s’y associer. En tout, ce sont plus d’une centaine de pays qui seront concernés par ce nouvel accord.

 

DÉFENSE DES FORÊTS TROPICALES : SCEPTICISME DE LA SOCIÉTÉ CIVILE POUR LA CONFÉRENCE DE BRAZZAVILLE

(MISNA) 31 Mai 2011 Les organisations de la société civile du bassin du Congo se disent préoccupées par la teneur du Sommet qui se tient actuellement à Brazzaville pour la sauvegarde des forêts tropicales du Congo, de l’Amazonie et du Bornéo-Mékong. “Aucune ong engagée dans la défense des forêts et des communautés riveraines de nos pays n’a été contactée ou invitée à participer au Sommet”, déclare à la MISNA depuis Brazzaville le porte-parole de la Plateforme congolaise pour la gestion durable des Forêts, Roch Euloge N’Zobo. “Nous avons été déconcertés de constater que nous avions été exclus – ajoute-t-il – de même que la déclaration finale, que l’on peut déjà trouver en ligne, ne consacre qu’une place limitée à l’implication de la société civile et presque rien à la situation des peuples des forêts”.

La forêt du Bassin du Congo est la moins dégradée des trois aires prises en considération par le Sommet. “Pourtant – tient néanmoins à préciser N’Zobo – les communautés qui vivent dans la forêt souffrent beaucoup car elles ne tirent aucun profit de son exploitation. La société civile espère notamment que les dirigeants politiques s’intéresseront davantage à ces communautés et accepteront de partager avec celles-ci les recettes de l’exploitation de la forêt”.

Une dizaine d’ong du Congo-Brazzaville, du Congo-Kinshasa, du Gabon, du Centrafrique et du Cameroun ont signé un communiqué conjoint où elles expriment leurs préoccupations concernant notamment les mécanismes dudit marché du carbone, censé contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre. “Ce mécanisme n’empêchera pas les acteurs polluants de polluer, qui pourront s’acquitter en négociant les crédits de réduction des émissions”, déplore Roch Euloge N’Zobo.

© 2011 MISNA - Missionary International Service News Agency Srl - All Right Reserved.

 

NDLR : La protection de ces forêts commence par la cessation de la corruption dans la délivrance désordonnée des permis d'exploitation à certaines entreprises multinationales peu soucieuses du respect des normes et lois internationales en vigueur, qui font de la déforestation sauvage et sans scrupule dans cette filière. En RCA par exemple, c'est de notoriété publique que Bozizé s'est octroyé plusieurs permis forestiers par le canal de prête-noms qui ne sont autres que ses enfants, ses parents et autres ainsi qu'à de sociétés multinationales moyennant de gros bakchich.

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie