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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 01:27

 

 

 

 

 

 JF Boz

 

    seul-manque-le-buste-de-Bozize.JPG

                                                     seul manque le buste de Bozizé

 

Les résultats du recrutement dans les Faca piloté de bout en bout par le ministre délégué à la défense nationale qui n’est autre que Jean Francis Bozizé, ne pouvaient que déclencher le mécontentement qui a viré à l’émeute du 2 août.

Alors qu’il a été exigé 5000 F CFA de frais de dossier de candidature aux jeunes désoeuvrés des huit arrondissements de la capitale pour 700 à 800 places seulement prévues, les organisateurs se sont retrouvés avec un surbooking de 10.000 candidatures enregistrées un aussi un pactole conséquent de quelques 50 millions de F CFA auxquels il faut ajouter diverses enveloppes de corruption des organisateurs par ceux des candidats qui, pour s’assurer absolument de figurer à tous les coups sur la liste des retenus, n’ont pas hésité à brader des meubles, des téléphones portables et autres biens personnels à cette fin.

Selon des informations de sources dignes de foi au sein de la bozizie, deux personnes ont tout faussé. Il s’agit de la maîtresse favorite de Bozizé, Renée Madeleine Bafatoro et le rejeton Jean Francis Bozizé lui-même organisateur du recrutement. La première aurait envoyé trois autocars entiers de la SONATU dans la ville dont elle est prétendument députée à savoir Carnot, ramener des jeunes qu’elle a exigé qu’ils soient inscrits d’office sur la liste des sélectionnés. Jean Francis Bozizé aurait également fait de même avec les villes de Kabo dont il est aussi soi-disant député. Voilà « l’armée  nationale » qu’ils voulaient former !

Dès lors, il était quasiment impossible qu’il puisse rester encore assez de places pour les innombrables candidats de la capitale qui se sont fait littéralement racketter. Voilà le point de départ et les véritables raisons qui expliquent les manifestations de mécontentement et du ras le bol du 2 août des jeunes qui n’ont cessé d’être manipulés et instrumentalisés par Bozizé depuis qu’il est arrivé au pouvoir.

On se souvient que c’étaient ces mêmes jeunes qu’il avait fait marcher en 2004 pour le « supplier » d’être candidat à tout prix à l’élection présidentielle de 2005. Ce sont ces mêmes jeunes qui, moyennant des petits sous, sont envoyés dans la rue pour des prétendues marches  pour des causes perdues dont seuls Bozizé et son KNK ont le secret. Ils avaient été jetés dans les rues de la capitale pour soutenir par exemple Saifee Durbar, l’ami escroc indo-pakistanais de Bozizé dont la France réclamait l’extradition à la Grande Bretagne.

Aujourd’hui, ces jeunes ont compris à quel point ils sont chaque fois utilisés à des fins politiques sans grande contrepartie. Peu avant la mascarade électorale de 2011, Bozizé était allé poser à Boy-Rabe la première pierre pour la construction de logements sociaux. Où en sommes-nous actuellement avec ces logements sociaux ? Mêmes les jeunes centrafricains se rendent de plus en plus compte que Bozizé n’est qu’un menteur et un roublard. Il pense qu’il peut rouler tout le monde dans la farine tout le temps. Ce n’est pas vrai. Le masque sur son visage est en train de tomber pour laisser place à sa vraie figure.

L’arrachage de son buste qui figuraient aux côtés des autres chefs d’Etat de la RCA au Jardin du Cinquantenaire situé en face du Lycée B.Boganda est lourd de signification et est la preuve que les jeunes ont compris seul lui n’est pas digne de figurer à côté de ceux de Barthélémy Boganda, David Dacko, Jean Bedel Bokassa, André Kolingba et Ange-Félix Patassé. Généralement dans le monde, c’est à la chute d’un dictateur que le peuple déboulonne sa statue. Il en a été ainsi de Saddam Hussein d’Irak et même Bokassa en Centrafrique en 1979 sur la place Valéry Giscard D’estaing à Bangui.

Ce qui s’est passé à la prison de Ngaragba est également d’une très grande portée politique. 750 prisonniers dans la nature après effraction de la porte principale par les émeutiers du 2 août, ce n’est pas un hasard. Parmi cet effectif, il y a sans doute des personnes qui n’avaient rien à y faire. Beaucoup ont probablement été jetés arbitrairement en prison pas la justice personnelle de Bozizé et Findiro.

C’est fort de tout cela qu’au lieu de faire un examen de conscience et méditer sur leurs erreurs et leurs fautes de gestion des affaires du pays, Bozizé et son fils tentent de se défausser sur les hommes politiques et l’opposition politique dont ils voient la main partout derrière tout. C’est trop facile. Quels sont les hommes politiques qui ont bloqué Francis Bozizé à Kolongo lors des émeutes ? Quels sont les hommes politiques de l’opposition qui ont arraché le buste de Bozizé du Jardin du Cinquantenaire ou cassé le portail de la maison d’arrêt de Ngaragba ?

Les jeunes centrafricains que le régime Bozizé a toujours instrumentalisés commencent à voir clair dans les tromperies de ce pouvoir et à prendre conscience de ses responsabilités. Il est vain de voir nécessairement derrière eux quelqu’un qui tire les ficelles. La mise à sac hier par les émeutiers de l’entreprise qui fabrique des bancs d'école qu'on dit appartenir à une copine de Francis Bozizé  et qui se situe derrière les locaux de la primature, en dit long sur la détermination des jeunes. (Voir photos ci-dessous)

La Rédaction

 

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maison-saccagee.JPG 

émeute du 2 août à Bangui

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique