Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 19:07

 

 

 

sommet CEMAC Brazzaville juillet 2012

Si d’aucuns pensent que le débat sur la succession à la présidence de la CEMAC est clos, qu’ils se désillusionnent. Le débat est toujours ouvert. La République Centrafricaine ne s’y reconnaîtrait pas dans la communauté économique et monétaire de l’Afrique si ce n’est que par le partage d’un même territoire. Si Bozizé s’est comporté comme un valet lors du 11ème sommet de la Cemac à Brazzaville devant ceux-là qui devraient être ses égaux, le peuple centrafricain s’indigne devant ce genre de comportement digne du maître à esclave.

Ce sommet du club des cinq s’est tenu comme si c’était une occasion pour donner des leçons à Bozizé suite à son arrogance vis-à-vis d’un lieutenant de l’un de ses maîtres en l’occurrence Paul BIYA. Bozizé ne pouvait pas dire non face à la décision de ces maîtres ne serait-ce que non seulement de céder la présidence de la Cemac mais aussi de retirer tous les cadres centrafricains au sein des agences et des institutions de la communauté et aux cinq autres Etats membres de placer leurs ressortissants.

Comme pour sanctionner Bozizé, le sommet du club revient sur la décision qui consistait à un principe de rotation par ordre alphabétique des Etats membres de tous les postes de responsabilité au niveau de l’ensemble des Institutions, Organes et Institutions Spécialisées lors de la 10ème  Session Ordinaire de la Conférence  des Chefs d’Etat de la CEMAC tenue en pompe à Bangui les 16 et 17 Janvier 2010, ( Cf article 1er de l’Acte Additionnel n° 16/CEMAC/CCE/10). Ce qui a mis un terme au consensus de Fort- Lamy. Au lieu de République Centrafricaine à la Présidence de la vraie CEMAC, c’est plutôt la République du Congo. Une véritable sanction pour leur valet Bozizé.

Mais si Bozizé l’est pour les cinq Etats membres de la vraie CEMAC, le peuple centrafricain n’est pas prêt à être esclave d’un quelconque peuple. Nous sommes une Nation souveraine et aucun autre peuple ne peut avoir la prétention de nous dicter sa loi au travers d’un Bozizé qui n’a plus de poids dans le concert des Nations puisqu’il fait le béni-oui devant ces derniers et déverse son courroux sur le pauvre peuple centrafricain dont il vandalise la souveraineté. Le peuple centrafricain doit se permettre d’être aussi versatile au moment venu de revenir sur cette décision qui l’honore en rien puisqu’au sein de la Cemac, il est facile et autorisé de revenir sur les décisions chaque deux ans.

Et donc en lieu et place du principe de rotation, il est décidé par les chefs d’état de façon implicite le principe de révocation de toutes les décisions chaque deux ans. Ce que les uns et les autres doivent savoir est que le Président de la République est l’émanation du peuple. Et scandalisé par le traitement infligé par les autres pays frères, le prochain Chef d’Etat centrafricain est susceptible au nom du peuple de ne pas accepté cette décision.

Il est implicitement déjà lu dans les réactions de certains opposants centrafricains en l’occurrence la dernière interview de Martin Ziguélé et la déclaration de maître Nicolas Tiangaye au nom de leurs partis politiques respectifs. D’autres peut-être leur emboîtent les pas par des murmures… Cette bévue internationale a complètement fragilisé cette communauté dans l’esprit de sa création. Barthélémy Boganda avait prêché dans le désert.

Le suspect qui plane ici est que le peuple centrafricain comprend manifestement la pensée de ces cinq autres pays frères. Mais ils oublient que la République Centrafricaine est aussi en frontière avec la République Démocratique du Congo, le Sud-Soudan et le Soudan du Nord et l’Ouganda qui peuvent constituer une Communauté Etatique et peut-être mieux collaborer. D’ailleurs les trois quatre autres ne sont pas dans la CEMAC, mais appartiennent à  d’autres communautés. Cette humiliation est passagère puisque Bozizé partira avec elle.

Tout se passe comme si Bozizé ne pouvait pas dire non de peur de se faire éjecter de son fauteuil présidentiel. Ce qu’il ignore est que même le peuple centrafricain qu’il fait humilier n’est pas aussi pour lui, il est devenu impopulaire. Toutes ses cartes sont jetées. La preuve est ostensiblement la réaction des jeunes le 02 août 2012. Le spectre de Jasmin plane dans l’espace centrafricain. Jasmin continue sa révolution dont il a inauguré l’ère en Tunisie par son sang versé. Les « Jasmin » sont nombreux en Centrafrique…

A ce niveau l’intégration a du plomb dans l’aile, revenons à notre débat sur la Cemac c’est une communauté qui est amer si l’on entend le sigle Cémac dans une compréhension en Sango (Langue nationale de la RCA). La libre circulation n’a pas fait l’objet d’une décision comme celle de la présidence de la Cemac comme si cette 11ème conférence n’avait pour objet que de finir avec Bozizé qui a souillé Antoine Ntsimi et n’a pas soutenue la candidature de Jean Ping à la tête de l’Union Africaine.

Si ce n’est que cela à avoir comme à l’ordre du jour des conférences des chefs d’état de la Cemac, cette communauté est loin de voir le bout du tunnel et chaque Etat reste dans son tour d’ivoire. Et alors, les peuples de cette Communauté qui ont presque tous, les racines et des ancêtres en commun ? Pauvre Afrique Centrale, qui va te sauver ?

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales