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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 22:12

 

 

Areva.jpg

 

 

PARIS AFP / 16 septembre 2010 18h14 - Le rapt au Niger d'un employé d'Areva, son épouse et cinq salariés de son sous-traitant Satom a poussé les deux sociétés à renforcer leur sécurité dans ce pays stratégique pour le groupe nucléaire français, où la branche maghrébine d'Al-Qaïda a déjà enlevé plusieurs Occidentaux.

Les sept captifs - cinq Français, un Togolais et un Malgache, selon les autorités française et nigérienne - ont été kidnappées dans la nuit de mercredi à jeudi à leurs domiciles respectifs d'Arlit, au nord du Niger, ont précisé Areva et Vinci, maison-mère de Satom.

"Les cinq salariés de Satom (ndlr, filiale de Vinci) étaient chez eux dans la zone sécurisée d'Arlit", selon un porte-parole de Vinci. Une porte-parole du groupe nucléaire public a affirmé de son côté que le salarié d'Areva et son épouse avaient eux aussi été enlevés "dans leur habitation à Arlit".

Ces informations ont contredit une version donnée auparavant par une source sécuritaire nigérienne, selon laquelle les sept captifs étaient "sortis sans escorte et ont été surpris par un groupe de ravisseurs enturbannés".

La ville d'Arlit est déjà hautement sécurisée de longue date, a rappelé jeudi une porte-parole d'Areva, évoquant des "gardiennages", des "patrouilles" et le "contrôle des entrées et sorties de la ville".

Selon elle, quelque 300 à 350 gendarmes et militaires quadrillent la ville, créée à la fin des années 1960 lors de la découverte des gisements d'uranium aujourd'hui exploités par Areva.

Ces mesures n'avaient pas empêché en 2008 l'enlèvement à proximité d'Arlit de quatre cadres français d'Areva par des rebelles touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ). Les ravisseurs avaient libéré leurs otages sains et saufs quatre jours plus tard.

Fin juillet dernier, l'exécution par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) de l'otage français Michel Germaneau avait poussé Areva à édicter de nouvelles consignes plus strictes pour ses salariés, appelés notamment à "limiter les déplacements en dehors des zones sécurisées".

Ni le groupe nucléaire, ni Vinci n'ont souhaité détailler les "mesures de sécurité supplémentaires pour les salariés des deux groupes présents au Niger", prises jeudi "immédiatement" après les enlèvements de la nuit.

Une porte-parole d'Areva a toutefois indiqué qu'un rapatriement vers la capitale Niamey avait été proposé aux familles des salariés du groupe et de ses consultants extérieurs.

Pour le groupe nucléaire, le Niger est un pays stratégique. Présent depuis 40 ans, il y emploie quelque 2.500 personnes, dont une cinquantaine d'expatriés, et extrait de ses deux gisements voisins d'Arlit et d'Akokan la moitié de son uranium.

Le groupe espère également mettre en service fin 2013, toujours dans le nord du pays, le future mine géante d'uranium d'Imouraren.

Areva avait enterré la hache de guerre en mai 2009 avec les autorités de Niamey, qui l'avaient un temps accusé de soutenir la rébellion touareg.

Satom, une filiale de Vinci, était de son côté présente à Arlit en tant que sous-traitant d'Areva et travaillait essentiellement à des "travaux de terrassement", selon un porte-parole du groupe de BTP, qui n'a pas souhaité préciser les effectifs de la société au Niger.

D'après le porte-parole du gouvernement nigérien, Laouali Dan Sah, les sept étrangers ont été capturés vers 02H00 locales (01H00 GMT) par "un groupe armé" qui comprendrait de sept à une trentaine de personnes, selon les sources.

Même si l'ombre du groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), très présent dans la région, semble planer derrière cet enlèvement, le président de la République Nicolas Sarkozy a assuré en fin de journée jeudi que les auteurs de l'enlèvement n'étaient pas identifiés.

AREVA  VINCI

(©)

Niger: les preneurs d'otages pas identifiés, conseil de défense à Paris

BRUXELLES - Le président français Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi que les auteurs de l'enlèvement de sept étrangers, dont cinq Français, au Niger n'avaient pas été identifiés et annoncé la réunion jeudi soir à Paris d'un conseil restreint de défense sur ce dossier.

"Ces enlèvements ont eu lieu dans la nuit et se sont déroulés à deux endroits différents dans la ville d'Arlit. A la minute où je vous parle, les auteurs de ces enlèvements ne sont pas identifiés, nous n'avons pas de certitude", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse en clôture du Conseil européen réuni à Bruxelles.

Le chef de l'Etat français a également annoncé qu'il réunirait dès son retour à Paris jeudi soir un "conseil restreint de défense" pour "envisager les mesures à prendre".

"J'ai demandé aux autorités nigériennes de tout faire pour tenter de retrouver ces otages et de les libérer. Une enquête locale est en cours. J'ai demandé aux autorités françaises, militaires et diplomatiques (...) d'aider le Niger de toutes leurs forces pour la résolution de cet enlèvement", a ajouté Nicolas Sarkozy devant la presse.

"Je veux bien sûr dire aux familles des otages que la France fera tout pour les libérer comme elle le fait à chaque fois", a-t-il poursuivi avant de rappeler les Français présents dans cette zone à "redoubler de vigilance".

"Je veux redire (...) à nos compatriotes qui sont dans cette zone du Sahel que la situation est extrêmement dangereuse et qu'ils ne peuvent y rester et y demeurer que dans des conditions parfaitement spécifiques", a-t-il insisté.

(©AFP / 16 septembre 2010 18h21)

Le Niger, pays stratégique pour Areva

16.09.10 | 13h05  •  Mis à jour le 16.09.10 | 13h56

L'enlèvement de cinq Français, un Togolais et un Malgache travaillant pour Areva et Satom (groupe Vinci) au Niger, dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 septembre, est un coup dur pour l'entreprise nucléaire, qui est exposée depuis des années à diverses menaces (rebelles touaregs, Al-Qaida au Maghreb islamique, trafics et banditisme) aux confins du Niger, de l'Algérie et du Mali.

Ce pays du Sahel est, en effet, stratégique pour le numéro un mondial du nucléaire, qui y exploite de l'uranium depuis quarante-deux ans. Le groupe nucléaire en parle même comme d'une "province uranifère majeure". Areva tire au Niger un tiers de sa production mondiale, qui est de plus de 8 600 tonnes en 2009, le reste provenant essentiellement du Canada et du Kazakhstan.

Le pays est également stratégique pour la sécurité énergétique de la France. Même si EDF a diversifié ses sources d'approvisionnement et qu'Areva n'est plus son fournisseur quasi exclusif, l'uranium nigérien est à la base de la fabrication du combustible alimentant un bon tiers des 58 réacteurs nucléaires exploités dans l'Hexagone. Enfin, il est essentiel pour le Niger, qui tire 30 % de ses recettes d'exportation de ce minerai.

DES ACTIONS SOCIALES

Pour l'heure, Areva exploite deux mines au Niger, dans la région d'Arlit et d'Akokan (Nord). Mais ces réserves vont s'épuiser et le groupe dirigé par Anne Lauvergeon a décroché, en 2008, le permis d'exploitation du gisement d'Imouraren, présenté comme le deuxième plus important du monde et le premier d'Afrique.

Ce succès, remporté face aux Canadiens et aux Chinois, n'a été possible qu'après un réchauffement des relations diplomatiques entre Paris et Niamey après des mois de tensions. En 2007, le président Mamadou Tandja (renversé en 2010) avait accusé la France – et Areva – de soutenir le mouvement de rébellion des Touaregs du Nord. Une révolte notamment motivée par les maigres retombées des recettes de l'uranium sur ces populations déshéritées.

Areva a annoncé son intention d'investir 1,2 milliard d'euros dans le site d'Imouraren, qui devrait produire sa première tonne d'uranium en 2013. Et 5 000 tonnes quand la mine tournera à plein régime. Le Niger deviendrait alors le deuxième producteur mondial. Au terme du contrat passé entre Areva et le gouvernement, les deux tiers des revenus tirés de cette exploitation iront au Niger et le tiers restant à la société française (après paiement des impôts et taxes), avait alors précisé Mme Lauvergeon. Elle avait aussi souligné que 30 millions d'euros seraient dépensés sur cinq ans pour des actions sociales et sanitaires. "On ne peut pas travailler dans un pays si les gens ne voient pas ce qu'on fait pour eux", précisait-elle alors.

CONTAMINATION RADIOACTIVE

Les mouvements écologistes sont, eux, beaucoup plus critiques. Ils accusent notamment Areva de ne pas tout faire pour protéger les mineurs et l'environnement d'une contamination radioactive. Pour répondre à ces accusations, Areva a décidé de mettre en place, avec des organisations non gouvernementales (ONG), un "observatoire de la santé" pour assurer le suivi des travailleurs.

Areva détient environ un quart du marché mondial de l'uranium naturel et en est devenu le premier producteur en 2009. Pour répondre aux tensions géopolitiques, il est vital pour le groupe de diversifier ses sources d'approvisionnement. Il n'exploite encore des mines que dans trois pays (Canada, Niger et Kazakhstan), mais il vient de démarrer l'exploitation en Namibie. Par ailleurs, Areva prospecte depuis de nombreuses années en Mongolie et vient d'engager des recherches en Jordanie.

Le pôle minier n'a généré que 10 % du chiffre d'affaires d'Areva en 2009, mais il est essentiel dans son modèle économique, qui se veut intégré sur toute la chaîne nucléaire, depuis la mine jusqu'au retraitement-recyclage des combustibles usés, en passant par la fabrication des réacteurs. En 2008, il avait ainsi vendu deux EPR (réacteurs de troisième génération) à la compagnie d'électricité chinoise CGNPC, mais également cédé 49 % de l'entreprise canadienne UraMin, qu'il avait rachetée un an plus tôt pour gonfler son portefeuille minier, lui fournissant ainsi du combustible. UraMin possédait en effet des droits d'exploitation en Afrique du Sud, en Namibie et en Centrafrique.

 

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