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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:21


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LE MONDE | 09.02.10 | 14h53  •  Mis à jour le 09.02.10 | 14h53


Le processus de paix entre le Tchad et le Soudan menace de faire une première victime : la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat). Chargée de la protection des civils dans la région de l'est du Tchad et du nord de la Centrafrique, la mission est dotée d'un mandat jugé restrictif par les observateurs, qui regrettent depuis sa conception qu'on ne lui ait conféré aucun rôle dans le processus de paix régional.

La Minurcat, dont le déploiement avait commencé en 2007 avant son entrée en fonction sous sa forme actuelle le 15 mars 2009, se limite donc en grande partie à l'encadrement de forces de police tchadiennes payées et entraînées par les Nations unies, le Détachement intégré de sécurité (DIS).

La Mission n'avait déployé que 62 % de ses effectifs (3 200 personnes) lorsque, le 19 janvier, quatre jours après la signature d'un accord entre le Tchad et le Soudan, les autorités de N'Djamena ont annoncé à la radio leur intention de ne pas accepter le renouvellement annuel de son mandat prévu pour le 15 mars.

La Minurcat avait pris, un an plus tôt, la succession de la mission de maintien de la paix de l'Union européenne, Eufor, aux résultats mitigés. Avec 3 700 hommes, la mission européenne devait à la fois protéger l'Est du Tchad et le Nord de la Centrafrique d'un "débordement" du conflit au Darfour qui ne s'est jamais produit.

A la même époque se multipliaient en revanche des actes de banditisme, qui n'ont fait que s'aggraver depuis. Ces exactions visent non seulement les réfugiés du Darfour (270 000 personnes), mais aussi les déplacés tchadiens (170 000 personnes) et les organisations humanitaires. Mais certaines attaques sont menées par des soldats tchadiens, qui ne prennent même pas la peine d'enlever leur uniforme.

"Retrait échelonné"

Fabienne Hara, directrice adjointe de l'International Crisis Group, longtemps basée au Soudan, analyse : "L'Eufor et la Minurcat ont servi de garde-fou symbolique contre un possible renversement du régime Déby par les groupes armés soutenus par Khartoum. Maintenant que Déby a réorganisé sa défense et qu'il a conclu une trêve avec le Soudan pour leurs processus électoraux en 2010-2011, il pense pouvoir se passer de la Minurcat."

Une source, haut placée au sein de la Minurcat, confirme : "Ils ne sont plus du tout convaincus qu'on est nécessaires pour les protéger." Dans l'immédiat, les demandes du gouvernement tchadien portent sur des aspects logistiques. "Les Tchadiens seraient ravis qu'on leur construise des camps militaires et des pistes d'atterrissages. Mais une mission d'évaluation (interne à l'ONU) a rejeté ces éventualités. Pour l'instant, c'est le blocage", ajoute la même source onusienne.

Selon une source française en charge du dossier : "Une décision de retrait le 15 mars serait tout à fait prématurée. Nous ne sommes pas convaincus qu'il (Idriss Déby) soit en mesure d'assurer la sécurité." Mais à Paris, on semble néanmoins avoir déjà fait le deuil de la Minurcat. Tout en admettant que la position tchadienne, relevant du "forcing", est avant tout une "posture de négociations", la même source conclut : "La solution est un retrait échelonné."

 

Philippe Bernard et Jean-Philippe Rémy (à Johannesburg)

Article paru dans l'édition du 10.02.10


NDLR : Cette MINURCAT est déployée tant pour le Tchad que la RCA. Dans la réalité, c'est surtout au Tchad qu' elle a beaucoup fait parler d'elle. A présent où les autorités tchadiennes réclame à grand bruit son retrait, il est à noter que celles de Bangui se retranchent dans un silence assourdissant. Qu'est ce qu'elles pensent de la position de N'djaména ? Sont-elles d'accord pour le départ de cette force des Nations Unies ? N'ayant pas les moyens de défense et sécurité que Déby, Bozizé peut-t-il se permettre de faire chorus avec son parrain tchadien ? Que propose-t-il en remplacement de la MINURCAT ?  Autant de questions sur lesquelles Bangui devrait au moins dire quelque chose en dehors des habituelles mendicités et autres demandes d'argent.

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales