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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 03:41

 

 

 

 

Ferdinand-Samba-Le-Democrate.jpg

 

 

entête FARE 2011

DECLARATION RELATIVE A LA CONDAMNATION DE FERDINAND SAMBA, DIRECTEUR DE PUBLICATION DE  « L E DEMOCRATE »

En date du  26 Janvier 2012, le Tribunal de Grande Instance de Bangui siégeant en matière correctionnelle a condamné Monsieur Ferdinand SAMBA, Directeur de publication du quotidien « Le Démocrate » à dix mois d’emprisonnement ferme, à un million de francs d’amende, à dix millions de francs de dommage-intérêts et à la fermeture immédiate de son journal pour une durée d’un an suite à une plainte en diffamation intentée contre lui par le Lt-Colonel Sylvain NDOUTINGAÏ,  Ministre d’Etat aux Finances et au Budget pour des articles de presse jugés offensants.

Cette décision de justice tirée par les cheveux et  rendue en dépit de l’Ordonnance N° 05.002 du 22 Février 2005 relative à la liberté de la communication en République Centrafricaine, traduit s’il en était encore besoin, les « ressorts profonds » sur lequel fonctionne le régime en place dans notre pays. Ce texte qui a supprimé les peines privatives de liberté en matière de diffamation ne prévoit aucune disposition relative à la fermeture d’un organe de presse.

L’opposition démocratique réunie au sein du FARE -2011 a toujours dénoncé la vision autocratique de la vie politique nationale par le pouvoir qui, en réalité, s’est inscrit dans une démarche de retour à un monolithisme politique de fait.

Les violations répétées de cette loi par le pouvoir en place démontrent à suffisance que  dans sa stratégie globale de caporalisation et d’affaiblissement de tous les contre-pouvoirs, celui-ci poursuit sa politique de  musellement de la presse privée indépendante qui reste le seul espace de liberté et de débat dans ce pays, après l’exclusion de  l’opposition des institutions de la nation suite au hold-up électoral de janvier 2011.

La liste de ces violations est longue et les méthodes utilisées pour « museler » la presse privée indépendante et « bâillonner » tout un peuple sont très éloquentes :

-          L’arrestation et la condamnation hier et avant-hier  des journalistes Maka Gbossokoto, Michel Alkaly Ngadi, Cyrus Emmanuel Sandy et Faustin BAMBOU, qui continue aujourd’hui avec ceux de Ferdinand SAMBA et de Patrick AGOUNDOU.

-          L’instrumentalisation quotidienne des médias publics, et plus particulièrement de la « Radio Centrafrique » rebaptisée par la population « La Radio des Mille Collines » en allusion au concours d’injures publiques quotidiennement organisé en langue sango par cette radio d’Etat contre tous ceux et toutes celles qui, centrafricains ou étrangers, ont le malheur de ne pas penser comme François BOZIZE.

-           Le Haut Conseil de la Communication censée réguler le secteur de la communication et promouvoir son développement tout en sauvegardant la pluralité des opinions a démonté à plusieurs reprises son impuissance face aux pratiques décriées plus haut. D’ailleurs la publication d’un article par l’un de ses membres à la gloire du KNK  dans un  journal proche du pouvoir en dit long sur l’indépendance supposée de cette institution.

-          Le Ministre de la Communication, lui-même impuissant devant cette situation de monolithisme et de terrorisme de l’information publique, perpétuant et appliquant le mot d’ordre du pouvoir d’interdiction de l’accès des partis politiques de l’opposition aux médias d’Etat.

   L’opposition étant désormais délibérément et de manière planifiée exclue des institutions, l’Assemblée prétendument nationale étant devenue aphone y compris en période de confrontation armée dans le pays, la justice mise au pas après avoir été vidée de ses magistrats indésirables, nous sommes arrivés donc à la « démocratie » du silence absolu et de la pensée unique.

Devant cette situation, le FARE-2011, dans sa lutte pour l’instauration d’une vraie démocratie en République centrafricaine :

-          Condamne sans réserve l’emprisonnement de Monsieur Ferdinand SAMBA,  et la fermeture illégale de son journal en violation flagrante de l’ordonnance  N° 05.002.

-          Exige  sa libération immédiate,

-          Interpelle la justice centrafricaine pour qu’elle continue, malgré les pressions politiques notoires, à s’opposer au retour de la loi de la jungle, et à imposer la force du droit au droit de la force,

-          Appelle le Haut Conseil de la Communication au respect scrupuleux de sa mission institutionnelle, de préserver sa neutralité et d’œuvrer avec courage pour préserver la liberté de la presse en RCA ;

-          Demande au Ministre en charge de la Communication de faire appliquer les textes relatifs à l’accès des partis politiques aux médias d’Etat, car la voix et l’image de la RCA  qu’il souhaite « mettre sur satellite » ne doivent pas uniquement être ceux d’une personne ou d’un groupe de personnes.

 

                                               Fait à Bangui, le 03 Février 2012

                                               Pour le FARE-2011

Le Porte Parole

 

 

Gabriel Jean Edouard KOYAMBOUNOU

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