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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 00:45

 

 


 

Ce discours a été prononcé par un esclavagiste européen, William Lynch, en 1712. Il avait été invité par ses collègues afin de venir présenter une nouvelle technique de contrôle des Africains déportés aux États-Unis mais qui se révoltaient chaque jour, et mettaient ainsi à mal leurs « affaires ». William Lynch de par sa compétence et l’expertise qu’il avait développé, était devenu un « consultant » en ce domaine.



« Mesdames, Messieurs, Je vous salue ici, en cette année de notre seigneur, 1712. J’aimerais d’abord vous remercier de m’avoir invité. Si je suis là aujourd’hui, c’est pour vous aider à résoudre les problèmes que vous avez avec vos esclaves. J’ai expérimenté dans ma modeste plantation, des méthodes nouvelles de contrôle des esclaves. La Rome antique nous envierait si mon programme était appliqué. Non seulement vous perdez de l’argent en pendant vos esclaves, vous avez aussi des insurrections, des révoltes, vos champs restant ainsi longtemps sans être cultivés, vos propriétés sont souvent victimes d’incendies, votre cheptel est tué. Je ne suis pas là pour énumérer tous les problèmes que vous avez avec ces esclaves, mais pour vous aider à les résoudre.



Je dispose d’une méthode qui vous permettra de contrôler définitivement vos esclaves noirs, et qui a fait ses preuves dans ma propriété. Je vous garantis à tous que si vous l’appliquez correctement, elle vous permettra de contrôler vos esclaves pendant au moins 300 ans. Ma méthode est simple, tout membre de votre famille ainsi que vos ouvriers blancs peuvent l’utiliser. Je fais ressortir un certain nombre de différences parmi les esclaves; il me suffit de reprendre ces différences, de les agrandir, de les exagérer. Puis je suscite la peur, la méfiance, l’envie, la méfiance en eux, afin de les contrôler; par exemple, prenez cette liste de différences: l’âge, la couleur, l’intelligence, la taille, le sexe, la superficie des plantations, l’attitude des propriétaires, le lieu d’habitation des esclaves (vallées, montagnes, l’est, l’ouest, le nord, le sud), le type de cheveux des esclaves (fins ou crépus), la taille des esclaves (grands de taille ou courts). Je vais ensuite vous donner une stratégie d’action pour mettre tous ces éléments ensemble; mais avant tout, j’aimerais vous dire que la méfiance, le manque de confiance en soi, est plus efficace que le respect ou l’admiration. L’esclave noir, après avoir reçu ce lavage de cerveau, perpétuera de lui-même et développera ces sentiments qui influenceront son comportement pendant des centaines voire des milliers d’années, sans que nous n’avions plus besoin d’intervenir. Leur soumission à nous et à notre civilisation sera non seulement totale mais également profonde et durable. N’oubliez jamais que vous devez opposer les adultes et les noirs âgés aux plus jeunes, les noirs à peau foncée aux noirs à peau plus claire, la femme noire à l’homme noir.



Mesdames, Messieurs, ces solutions sont les clefs qui vous serviront à contrôler vos esclaves. Utilisez-les, faites-en bon usage; faites en sorte que vos femmes, vos enfants, vos ouvriers blancs les utilisent aussi; ne manquez pas cette opportunité. Si vous l’appliquez intensément pendant une année, les noirs eux-mêmes les développeront, les accentueront, et manqueront à tout jamais de confiance en eux-mêmes Cela vous permettra d’asseoir une domination quasi éternelle sur eux. »

                                                                                                                                                          

 

                      Commentaire et analyse du discours par Kidjimalé Léon Grant.

 

 

Ce discours est encore d'actualité. Sa portée a été réelle dans l'Amérique esclavagiste. L'esprit de la méthode de William Lynch est tout simple : la mise en évidence d'un certain nombre  de différences entre les individus d'un même groupe social, en l’occurrence les Noirs. Il s'appuie  pour cela sur l’âge, la couleur de la peau plus ou moins foncée, le sexe, la taille, les cheveux lisses ou crépus...

 

Par ce moyen, il peut séparer les Noirs. Il peut les empêcher de constituer un groupe pour résister à leur propriétaire blanc. C'est le fameux « diviser pour régner ».

Le texte ne nous dit pas si la méthode a été suivie par les  autres fermiers blancs. Mais on peut l'imaginer …

 

Pour nous, Africains, des leçons sont à tirées de ce discours face à l'oppression d'où qu'elle émane !

Dans tous les cas, beaucoup de leaders négro-africains  tels que Martin Luther King, Nelson Mandela et Gandhi, qui connaissaient ce discours, ont su tirer les conséquences politiques et sociales. Ils ont su maintenir unis ceux avec qui ils menaient le combat pour la liberté des droits.

 

Gandhi,  contre  qui les colons anglais, ont  opposé Muhammad Ali Jinnah avait essayé en vain de sensibiliser celui-ci contre les ruses de ce discours que les anglais ont adaptées à la situation de l'Inde de l'époque, mais sans succès – c'est-à-dire si la méthode est redoutable !

 

Mandela, lui, aussi a déployé une énergie immense pour ne pas tomber dans le piège que le régime de l'apartheid avait monté notamment en créant des bantous tans et en attisant les haines tribales entre les Xosas et les Zoulous ...Cela ,malgré les trahisons de Buthélézi et son Inkata...

 

En Afrique centrale, B. Boganda rêvait d'un Etats-Unis en Afrique centrale. Celui que la France gaullienne lui avait opposé pour faire échouer ce fabuleux projet, fût Léon Mba au Gabon. Sans trop effort, l'on avait réussi à le convaincre que son pays risquerait de partager ses richesses avec d'autres plus pauvres.

 

En Afrique de l'ouest, la même méthode a été appliquée avec « succès ». Félix Houphouèt-Boigny refusera une fédération des états de l'ancienne colonie française que les panafricanistes de l'époque lui avaient proposée !

 

«  L'esclave noir, après avoir reçu ce lavage de cerveau, perpétuera de lui-même et développera ces sentiments qui influenceront son comportement pendant des centaines voire des milliers d'années, sans que nous (les colons blancs esclavagistes)n'avions plus besoin d'intervenir. Leur soumission à nous et à notre civilisation sera non seulement totale mais également profonde et durable. »

 

Si je rappelle cette partie du discours de William Lynch, c'est que je pense que c'est le but qu'il recherchait – à savoir soumettre l'homme noir ad vitam aeternam à l'homme blanc, un peu à la manière des dominos qui, succombent les uns après les autres dès la première impulsion.

 

Lavage de cerveau en vue de pervertir le comportement de l'homme noir, pour le dominer pendant des siècles !

Nous soumettre à leur civilisation. Je ne commenterai pas cette partie, et je renvoie aux écrits de Cheikh Anta  Diop et autre Boubou Hama...

 

Vous avez peut-être constaté que je n'ai pas évoqué un point qu'avait souligné William Lynch, sur les différences qu'il avait citées. En effet il avait mentionné les lieu d'habitation des uns et des autres . Il avait suggéré aussi l'intelligence comme moyen de division !

 

J'ai été parfois estomaqué de constater que (certains parmi nous qui avant eu l'opportunité d'étudier, de décrocher des diplômes, bref, ceux qui se trouvent intelligents ou intellectuels) expriment un profond mépris pour nos compatriotes moins lotis.

Pire d'ignorer que l'analphabétisme a atteint un record en Centrafrique et parmi les populations noires.

 

Nous ne devons pas nous laisser instrumentaliser voire flatter comme étant différents des autres. Mais nous devons savoir que si intelligents nous sommes cela  nous confère plus d'obligation envers les autres. Je bats ma coulpe pour n'avoir pas aidé nos compatriotes comme j'aurai voulu, à  combattre l'ignorance et l'asservissement.

 

Le tribalisme et le régionalisme participent de cette duperie !

 

En effet qui n'a pas vu près de lui ou entendu des propos stigmatisant telles ou telles ethnie en R.C.A. !  Surtout lorsqu'un ressortissant d'un groupe ethnique est au pouvoir....

 

Dans tous les cas, sachons-le, la mayonnaise a bien pris. En être conscient, c'est  déjà un début …

Plus l'on occupe un position sociale importante, plus l'on doit se battre pour l'unité et pour l'épanouissement du plus grand nombre. Se battre pour que la veuve l'orphelin  et mes moins nantis aient autant de droit et de chance que les autres.

 

Notre aliénation remonte  donc de loin. Culturellement apprivoisés, nous sommes comme un fleuve qui s'est délité ! Et au premier rang, se trouvent nos dirigeants...

 

Alors que faire pour commencer ?

 

Diffuser largement le texte  de discours de William Lynch,  l'analyser et se l'approprier.

 

Agir toujours ensemble même si c'est difficile. Sans condamner ou rejeter un individu de bonne volonté ou un groupe qui veut  contribuer à un projet politique, économique ou culturel.

Surtout sensibiliser que nous luttons contre une volonté de nous dominer éternellement !!!

Ainsi chacun parviendra progressivement à modifier son comportement. Les actions que nous poserons ensemble seront  plus efficaces dans l'intérêt de nos peuples.

 

Penser aux legs aux générations futures !

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion