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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 18:22

 

 

 

Bozizé ailleurs


« Placé dans les mêmes conditions, les faits produiront toujours les mêmes effets ». Nos propensions au comportement de l’éternel adolescent politique ne manqueront pas de produire les mêmes effets désastreux sur la vie quotidienne du peuple si nous n’en prenons pas garde. Ainsi nous ne devrons pas perdre de vue que les recettes d’hier, qui ont prouvé leur limite, ne sont pas forcément adéquates pour nous sortir de la crise multiforme que connait actuellement le pays.

Quelques compatriotes, victimes de sévère amnésie politique, s’évertuent à nous convaincre de l’urgente nécessité de la tenue d’un dialogue politique, pensé et proposé par le Président BOZIZE, comme l’unique alternative à l’impasse politique actuelle alors que certains d’entre eux, du fait de la mascarade électorale de 2011, persistent dans une certaine logique politicienne à qualifier le quinquennat de Monsieur BOZIZE d’illégitime et d’illégal soulevant ainsi la pertinente question de droit qui fera, certainement, jurisprudence en Centrafrique si nous les suivons, tête baissée, dans cette ivresse politique.

Cette question de droit élémentaire consiste à savoir si les actes posés actuellement par Monsieur BOZIZE, Président convaincu, selon l’opposition radicale, de l’illégitimité et de l’illégalité sont-ils légitimes ? En d’autres termes, est ce que l’opposition radicale qui, à l’issue des élections frauduleuses de 2011, ne reconnait pas la légitimité et la légalité du quinquennat de Monsieur BOZIZE a-t-elle déjà vidé le contentieux fort relatif à cette illégitimité et à cette illégalité avant d’entamer le processus de dialogue avec ce dernier ?

Si ce contentieux n’est pas encore vidé, tout acte que posera le président frappé d’illégitimité c’est-à-dire celui dont l’élection ne remplit pas les conditions requises par la loi, qui n’est pas conforme au bon droit, qui est contraire à l’équité sur le plan moral, matériel et intellectuel, ne produira aucun effet juridique reconnu par le droit positif car, tous ses actes sont manifestement, entachés d’illégitimité indélébile.

Qu’en est-il d’un Président illégal ? Un président illégal est celui qui s’inscrit, logiquement, dans la dynamique d’un Président dépourvu de toutes balises juridiques se rendant ainsi éligible aux qualificatifs de Président frauduleux, de Président douteux, de président illicite, de Président interdit ou de Président prohibé.

En définitif un Président illégitime et illégal est, en toute logique, « infréquentable ».

Ceci étant, vouloir dialoguer avec un Président que l’on qualifie soi-même d’illégitime et d’illégal apparait, de toute évidence, contraire au bon sens, criminel à l’égard du droit positif et insultant à l’égard de l’intelligentsia et de tous les juristes centrafricains. C’est une question de mathématique politique. Ce n’est pas, la sommité juridique centrafricaine, maitre ZARAMBAULT-ASSINGAMBI qui me contredira !

A QUAND L’ANNULATION ET LA REPRISE DES ELECTION DE 2011 ?

Si l’opposition radicale respectait sa propre logique, elle devrait s’abstenir de sauter pieds et mains liés dans ce traquenard de dialogue politique qu’elle confond avec un fora qui nécessite la mobilisation, au préalable, de divers moyens matériels, humains et financiers, précédés d’une saine volonté politique de part et d’autre des protagonistes.

D’aucuns s’ergotent à présenter le dialogue politique comme la seule et unique alternative offerte par Monsieur BOZIZE à l’opposition politique permettant à cette dernière de sortir de sa longue agonie léthargique consécutive à la tentative de plastiquassions orchestrée par les pyromanes de KNK à la place dite Marabena lors de son unique tentative de rentrée politique en public.

Depuis ce jour, l’opposition radicale avance à reculant, évitant visiblement avec la peur au ventre, de faire parler d’elle négativement selon les critères retenus par le KNK, de croiser le regard très menaçant de la junte KNK,  préférant plutôt les communiqués et autres conférences de presse qui n’ont aucun impact réel sur le quinquennat de Monsieur BOZIZE. Et pourtant au sortir des élections de 2011, l’opposition radicale a retenu comme leitmotiv l’Annulation et la Reprise desdites élections, d’où la création, le 14 mars 2011 du Front pour l’Annulation et la Reprise de Elections de 2011, en abrégé FARE-2011 qui se contente seulement, aujourd’hui, de comptabiliser ses années d’existence comme si leur but premier était d’exister de cette manière jusqu’aux élections de 2016. 

LE PRINCIPE JURIDIQUE DE  ‘’NON BIS IN IDEM’’ EST A L’EPREUVE

Dans tout système démocratique, le dialogue politique est permanent comme en témoignent les multiples rencontres entre le pouvoir de Bangui et ses partenaires extérieurs, sans forcément faire l’objet d’un tapage à travers un fora à per diem débouchant, si nécessaire, sur la mise en place d’un gouvernement anti-démocratique dit de large consensus, d’union nationale ou de grande compromission. Ce principe est inscrit en bonne place dans la convention de Cotonou en son article 8.

 Depuis lors, les acteurs politiques centrafricains devraient faire du dialogue politique leur cheval de bataille en perpétuant cette tradition par l’entremise de rencontres, à la demande des uns et/ou des autres, entre le pouvoir légitime et légal et l’opposition radicale, entre l’opposition radicale et la société civile, entre la société civile et le pouvoir légitime et légal, entre la majorité et l’opposition radicale, entre l’opposition radicale et l’opposition collaboratrice, entre l’opposition radicale et l’opposition citoyenne (en gestation), entre l’opposition citoyenne et la majorité, entre la majorité et la société civile, entre l’opposition citoyenne et le pouvoir légitime et légal, entre l’opposition collaboratrice et l’opposition citoyenne bref, entre les différents acteurs de l’arène politique sans forcément transiter par l’organisation d’un grand fora dans la mesure où les grands problèmes du pays ont déjà fait, à maintes reprises, l’objet de diagnostics sérieux à travers les différents foras dont les conclusions souffrent de la non application tels que le dialogue politique de 2003, le dialogue politique inclusif (DPI) de 2008 et le forum de la diaspora de 2010 en passant par les différents états généraux organisés dans les différents ministères en Centrafrique .

DE L’INCOMPREHENSION  A LA STUPEFACTION

L’opposition politique centrafricaine, par son comportement ambigu à l’égard du pouvoir de Bangui, inspire de l’incompréhension à tout observateur sérieux débarqué dans ce pays car, d’une part l’opposition regroupée au sein de l’entité FARE-2011 déclare que le quinquennat de Monsieur BOZIZE est illégitime et illégal donc Monsieur BOZIZE lui-même est un Président illégitime et illégal, refuse depuis 2011 de prendre part à toutes les festivités officielles à l’instar du défilé commémoratif du 1er Décembre tout en siégeant avec les ministres nommés par Monsieur BOZIZE dans le cadre de la commission de révision du code électoral permettant ainsi à Monsieur BOZIZE de disposer d’un code électoral légitime et légal, fruit d’un consensus national et, d’organiser les élections de 2016 sans l’opposition si jamais celle-ci venait à boycotter ces élections pour une raison donnée.

D’autre part, l’opposition collaboratrice regroupée au sein de l’entité «Sauvons la Centrafrique », a reconnu Monsieur BOZIZE depuis 2011 comme le Président légitime et légal, a participé activement au défilé du 1er Décembre 2011 ; le 12 Novembre 2012, « comme de braves revenants », elle déclare que le pays va mal, qu’il faille organiser un dialogue politique pour le sauver. Elle a donc boycotté le défilé du 1er Décembre 2012 juste pour solliciter le dialogue et non dans le but de soulager la souffrance du peuple centrafricain.  De l’avis de beaucoup de Centrafricains, le pays va mal depuis les élections de 2011, au moment où les acteurs de « Sauvons la Centrafrique » collaboraient gracieusement au mépris de la souffrance du peuple. 

 L’incompréhension que suscite ce mélange hétéroclite rend stupéfait, non seulement tous les observateurs de la vie politique centrafricaine mais, concourt en général à renforcer le sentiment de l’indifférence de la part du peuple qui s’estime trahi, abusé et désabusé par les Hommes politiques qui lui donnent le sentiment de ne se préoccuper que de la recherche de leurs intérêts personnels en utilisant, si besoin est, la souffrance du peuple pour atteindre leurs objectifs à l’exemple de cette déclaration : « BOZIZE et ses ministres vivent bien, ceux qui souffrent c’est nous de l’opposition! ». La parole est l’abondance du cœur dixit la bible !

A la lumière de ce qui est explicité ci haut, demander au Président BOZIZE, dont la légitimité prête à caution, d’organiser un fora est l’expression d’une fuite en avant de l’opposition qui, à défaut de pouvoir occuper de manière efficiente l’espace politique nationale, se saisit de cette bouée de sauvetage à elle jetée par le même BOZIZE dont elle a affublé le quinquennat de qualificatif d’illégitime et d’illégal pour se donner une fausse conscience d’exister.

Paris le 4 Décembre 2012

Léopold Bara

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