Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 15:31

 

 

bria2.jpg

 

 

Voilà une semaine que les habitants de Bria, une ville située dans le nord-est du Centrafrique, vivent au rythme de violents combats entre deux groupes d’ex-rebelles issus des deux ethnies majoritaires de la région. Trente personnes ont été tuées, des milliers d'autres se terrent chez elles tandis que certaines ont été contraintes de fuir. 

Les combattants de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) et les hommes de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) s’affrontent depuis plusieurs années, notamment pour le contrôle du commerce du diamant - la région de Bria étant la principale zone diamantifère du pays. Ces deux mouvements sont constitués de membres appartenant à des ethnies rivales : les Rounga pour la CPJP et les Goula pour l’UFDR.

 

"Les ex-rebelles de l’UFDR craignent de perdre leur influence sur les zones d’extractions de diamant"

 

En 2008, comme d’autres rebellions armées de Centrafrique, l’UFDR a signé l’accord global de paix de Libreville, acceptant alors de déposer les armes. La CPJP, quant à elle, vient de signer le 12 juin dernier un cessez-le-feu avec le gouvernement, sans pour autant intégrer l’accord global de paix de Libreville. 

Notre Observateur, Hyppolite Donossio, est blogueur à Bangui, la capitale centrafricaine, à 200 kilomètres de Bria. Selon lui, les combats ont repris parce que les hommes de l’UFDR voient d’un mauvais œil ce récent rapprochement entre le gouvernement et la CPJP.

Depuis que l’UFDR s’est ralliée aux forces gouvernementales en 2008, ses hommes ont réussi à s’installer sur les lieux d’extraction de diamant. Mais avec ce cessez-le-feu signé dernièrement entre les rebelles et les autorités, l’UFDR craint de perdre son influence dans le nord-est.

 Tout a commencé dans une ville du nord-est avec une bagarre qui a mal tourné entre des jeunes rounga et des jeunes goula. Un des jeunes rounga a été tué et les combattants de la CPJP ont décidé de se venger. Le 11 septembre, ils sont entrés dans la ville de Bria, où cohabitent les deux ethnies, et ont incendié plusieurs maisons de membres de l’UFDR."

 

"J’ai l’impression que nous sommes abandonnés par les autorités de Bangui"

 

Dans le quartier de Bornou, le centre-ville de Bria, les affrontements ont contraint une partie des habitants à fuir leur domicile pour se réfugier à la périphérie de la ville et dans les villages alentours, comme l’explique notre Observateur Jérôme Kongo, un fonctionnaire basé à Bria.

 Hier [dimanche 18 septembre], nous nous sommes fait réveiller à 5 heures du matin à coups de canon. Les détonations ont duré jusqu’à 9 heures. Au fur et à mesure de la matinée, j’ai vu un grand nombre de familles affluer dans mon quartier, le quartier des Anciens Combattants. Elles arrivaient du centre-ville. Elles ont trouvé refuge chez des voisins. Moi, j’héberge déjà mes seize enfants et petits-enfants donc je peux difficilement accueillir plus de monde. Nous nous entraidons tous dans le voisinage pour s’assurer que chacun ait suffisamment à manger et à boire.

 J’ai vraiment peur de l’évolution du conflit, d’autant que nous manquons cruellement d’information. Je trouve que l’armée n’est pas efficace. J’ai croisé des militaires dans la rue, ils ne nous disent rien. Nous ne savons pas quoi faire. J’ai l’impression que nous sommes abandonnés par les autorités de Bangui".

 

"Nous vivons dans la crainte du prochain assaut"

 

Joint par FRANCE 24, le maire de Bria, Moussa Gouman, a affirmé qu’un comité de crise venait d’être mis en place à la mairie pour gérer au mieux la situation. Il concède malgré tout que la population de Bria est terrorisée :

C’est la psychose totale. Cela fait une semaine que les commerces et les administrations ont fermé leur porte. De nombreuses maisons ont été détruites. J’ai demandé aux gens de ne pas sortir de chez eux afin d'éviter de prendre une balle perdue. Hier [dimanche 18 septembre], neuf personnes sont mortes, ce qui porte le bilan à trente victimes. Parmi eux, il y a aussi bien des combattants que des habitants.

 Depuis hier, le quartier de Bornou, où les combats ont été les plus intenses, est contrôlé par l’UFDR. Les combattants de la CPJP sont pour le moment retranchés en dehors de la ville. Mais nous vivons dans la crainte du prochain assaut."

 Depuis le début des violences, seul le porte-parole du gouvernement centrafricain s’est exprimé. Interrogé lundi 19 septembre sur RFI, Firmin Feindiro a déclaré : "Il ne s’agit pas de la question du commerce de diamants. […] Ce sont des groupes ethniques qui sont toujours en perpétuel conflit et se regardent en chien de faïence". Le porte-parole a par ailleurs déploré l’échec des négociations de paix amorcées il y a peu entre l’UFDR et la CPJP. Quand les affrontements ont éclaté, les deux groupes venaient en effet d’entamer un dialogue de réconciliation devant le médiateur de la République.

 

Ce billet a été rédigé avec la collaboration de Peggy Bruguière, journaliste à FRANCE 24  19/09/2011 /

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Nation