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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 21:56

 

 

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Source : Sud Ouest 21 novembre 2010 06h00 | Par Antoine De Baecke

Parmi les films proposés au Festival du film d'histoire de Pessac, un rare reportage sur le sacre de Bokassa

Nous sommes le 4 décembre 1977. Dans le stade omnisports transformé pour l'occasion en « palais du couronnement », l'ex-capitaine de l'armée française Jean-Bedel Bokassa, devenu depuis la nuit de la Saint-Sylvestre 1965 maréchal de l'armée centrafricaine et président à vie, pose sur sa tête une lourde couronne tout droit sortie d'un tableau de David, empoigne un long sceptre constellé de diamants et devient Sa Majesté impériale Bokassa Ier, empereur des Centrafricains. Aucun chef d'État n'est présent, mais la France a délégué son ministre de la Coopération, Robert Galley, la fanfare des équipages de la flotte… et une équipe de l'Établissement cinématographique et photographique des armées (ECPA), avec pour mission de réaliser un reportage sur le sacre avec pour vocation exclusive d'être offert au nouvel empereur pour ses archives. Le cadeau sera fort bien reçu : Bokassa n'a guère apprécié le compte-rendu de la télévision française, par-ci par-là teinté d'ironie condescendante.

Oublié dans un placard

Pas de ça ici : comme l'explique Violaine Challéat-Fonck, conservatrice des archives de l'ECPAD (Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense, qui a succédé à l'ECPA), le cahier des charges imposait de surtout montrer tout le faste des cérémonies : ébloui un peu malgré lui, le réalisateur Patrice Tessier inclura même un générique animé scintillant de tous les diamants de la Centrafrique… qui prendra deux ans plus tard un sens second, plus ironique que majestueux.

Trois copies seront tirées de ce film : celle qui fut offerte au monarque et deux copies « techniques », conservées dans les coffres du fort d'Ivry, siège de l'ECPA, dont, à partir de la fin 1978, alors que le vent commence à fraîchir pour le régime, ils ne sortiront plus : non par décision politique, mais par une réserve du Sirpa (Service d'information et de relations publiques des armées), bien compréhensible dans la mesure où c'est l'armée française, via l'opération « Barracuda », qui procédera à la destitution du despote. Plus tard, le document sera tout simplement oublié dans un placard…

C'est au cours d'un inventaire sanitaire de ces documents inaccessibles au public que Violaine Challéat-Fonck décidera de le remettre en circulation, et cette projection commentée au Festival international du film d'histoire est l'une de ses premières sorties publiques.

Documents consultables

Le film n'est que l'une des pépites recelées à l'ECPAD : l'institution n'abrite pas moins de 4 millions de photos et 23 000 titres audiovisuels - de 1915 aux péripéties les plus récentes de la guerre en Afghanistan - qui, contrairement à ce qu'on pourrait croire, sont très largement accessibles au grand public, le plus souvent gratuitement : seuls une centaine de films, sur l'ensemble du fond, sont classifiés, essentiellement pour des raisons stratégiques ou de respect de la personne. Certes, il faut pour les voir se rendre au fort d'Ivry, mais l'ECPAD mène depuis quelques années une campagne de numérisation des documents, dont les premiers effets sont consultables sous forme de dossiers thématiques passionnants, sur le site www.ecpad.fr

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation