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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 23:44

 

 

 

cour const RCA

 

 

Comme il est troublant de constater que les réactions de la Communauté Internationale, en matière de l’inobservance des règles électorales, sont proportionnelles au degré de l’insoumission ou de la soumission du protagoniste à cette Communauté Internationale !

 

Comme il est choquant de constater que la Communauté Internationale peut être excessivement regardante sur l’observance du processus et des opérations électoraux, lorsque le protagoniste est un insoumis à l’ordre néolibéral, et cruellement malvoyant lorsque celui-ci est un soumis à ce même  ordre néolibéral !

 

Comme il est décontenançant de constater que les cris d’un peuple dirigé par un pouvoir insoumis à l’ordre néolibéral sont hyperboliquement audibles par la Communauté Internationale tandis que ceux d’un peuple opprimé par un pouvoir soumis à cet ordre restent insolemment inaudibles par cette Communauté Internationale !

 

 Voilà bientôt trois mois (le 28 novembre 2010) que le deuxième tour de l’élection présidentielle de Côte-d’Ivoire a eu lieu. A peine les résultats donnés (le 06 décembre 2010), un déchaînement inouï de tirs groupés de la Communauté Internationale s’est focalisé sur le candidat Laurent Gbagbo, faisant de lui un pestiféré de la démocratie. D’aucuns enjoignant même aux présidents africains de faire le « sale boulot» en allant  le « dégager » et lui lançant ultimatums sur ultimatums ! Et ce déchaînement acharné n’a pas encore faibli…

 

Voici à peine un mois (le 23 janvier 2011) que des élections législatives et présidentielle ont eu lieu en République centrafricaine. Après les résultats provisoires donnés par la CEI ( le 28 janvier 2011), donnant le candidat François Bozizé vainqueur dès le premier tour avec plus de 66% des voix, la majorité de cette Communauté Internationale est devenue subitement malvoyante, malentendante et surtout muette. Depuis le 12 février 2011, la Cour constitutionnelle, haute instance juridictionnelle de la République centrafricaine, vient de confirmer « l’élection » du général François Bozizé dès le premier  tour avec plus de 64% des voix. Et à l’heure où nous sommes en train de tracer ces lignes, nous n’avons pas encore entendu s’élever une seule voix de la Communauté Internationale !

 

La Communauté Internationale trouve normal que le président de la Commission Electorale Indépendante (C.E.I), le Révérend Pasteur Joseph Binguimalet, soit un proche du candidat François Bozizé !  La Communauté Internationale trouve normal que le président de la Cour constitutionnelle, monsieur Marcel Malonga, soit non seulement du même village que le candidat François Bozizé, mais encore son frère ! Mais pourquoi reproche-t-elle à monsieur Laurent Gbagbo d’avoir comme proche monsieur Paul Yao N’Dré à la tête du Conseil constitutionnel ivoirien ? Monsieur Laurent Gbagbo est-il moins élégant aux yeux de la Communauté Internationale, parce qu’il porte des chemises en pagnes africains et défend l’indépendance et la souveraineté de la Côte-d’Ivoire et François Bozizé plus charmant, pour avoir troqué, depuis son coup d’Etat de mars 2003, son treillis de général  contre le costume occidental et avoir fait de l’indépendance et la souveraineté de la République centrafricaine les derniers de ses soucis ?

 

Il y a des attitudes coupables par rapport à la démocratie. Et la Communauté Internationale, Etats-Unis, France, en tête, l’ONU, l’UE, ensuite, doivent veiller à ce que l’exigence de l’application des règles de la démocratie soit aseptisée. La démocratie étant le pouvoir du peuple par le peuple, la Communauté Internationale ne doit pas choisir les dirigeants,  au détriment des peuples, en fonction de leur belle coiffe ou de leurs beaux costumes. Et, à travers ces lignes, nous voulons simplement et humblement faire voir, à la Communauté Internationale, ainsi qu’à tous les peuples opprimés de Côte-d’Ivoire, de Centrafrique, d’Afrique et du monde ce comportement à deux vitesses. Fallait-il attendre que Zine el Abedine Ben Ali soit poussé par le peuple tunisien hors de la Tunisie avant de découvrir qu’il était dictateur ? Fallait-il attendre qu’Hosni Moubarack soit déposé par le peuple égyptien avant de reconnaître que son régime était dictatorial ? Aujourd’hui, nous sommes dans cette ère numérique où un simple SMS vaut autant, voire plus, que les armes de destructions massives. Il ne faut pas attendre que le peuple centrafricain pousse, les mains nues, le général François Bozizé hors du quadrilatère centrafricain avant de venir lui manifester une hypocrite sympathie. Comme ce fut le cas contre Laurent Gbagbo, c’est maintenant que le peuple centrafricain veut que la Communauté Internationale fasse savoir au général François Bozizé qu’il vient d’exécuter son énième coup d’Etat. Que ceux qui ont dit sans état d’âme « Gbagbo dégage ! » disent aujourd’hui sans nuance « Bozizé dégage ! » au général de Centrafrique. Sans cela, le peuple centrafricain considèrera qu’entre le peuple ivoirien et le peuple centrafricain, mais surtout, entre le candidat Laurent Gbagbo et le candidat François Bozizé la Communauté Internationale a pratiqué le DEUX POIDS, DEUX MESURES. Voyons comment :

 

RETROSPECTIVES

 

1) Laurent Gbagbo arrive au pouvoir en 2000 à la suite d’une élection présidentielle démocratique, alors que le général Bozizé y arrive en 2003  à la suite d’un coup d’État contre un pouvoir démocratiquement élu, avec la bienveillance de l’ancienne puissance coloniale qui, au lieu d’intervenir directement comme elle l’avait fait en 1979 contre l’empereur Bokassa, utilise une puissance étrangère voisine, à qui elle fait sous-traiter cette sale besogne, en mettant à la disposition du général putschiste  hommes et armes. Auparavant, tous les préparatifs avaient été faits à Gonesse (Val-d’Oise). Dans sa première déclaration, le général Bozizé promet de « nettoyer la maison » et de ne pas se présenter à l’élection présidentielle qui suivra la transition. Il ne tiendra pas sa parole d’officier !

 

2) Laurent Gbagbo connaît une courte période de paix (2000-2002). Il en est de même pour François Bozizé (2003-2005).

 

3) En 2002 une tentative de coup d’État faillit emporter Laurent Gbagbo. En 2005, le général Bozizé organise l’élection présidentielle qu’il « gagne », grâce à la bénédiction de la Communauté Internationale qui ne lui tient pas rigueur de n’avoir pas tenu parole.

 

4) Suite au coup d’État manqué contre Laurent Gbagbo,  les auteurs s’organisent en rébellion. Suite à la parole non tenue et aux multiples fraudes notées lors de l’élection présidentielle de 2005, les compagnons d’armes du général Bozizé l’abandonnent et se transforment en groupes rebelles.

 

5) Des négociations s’engagent entre les rebelles ivoiriens et Laurent Gbagbo, donnant lieu à une série d’Accords : 1) Accord de Marcoussis (France, 2003) ; 2) Accords de Prétoria (Afrique du sud, 2005) ; Accord de Ouagadougou (Burkina Faso, 2007). Les rapports de force sont tels entre les rebelles et leurs « tuteurs » d’un côté, et Laurent Gbagbo de l’autre, que celui-ci en sort affaibli. Du reste, le Président Gbagbo n’a pas manqué de déclarer publiquement que l’ancien Président français, Jacques Chirac, l’empêchait de dormir. Côté centrafricain, des négociations s’engagent également entre François Bozizé, l’opposition démocratique réunie au sein de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) et les rebelles. Elles débouchent sur les Accords de Libreville (Gabon, 2006) et l’organisation du Dialogue Politique Inclusif (DPI) en 2008 à Bangui. Fort de ses soutiens, le général François Bozizé torpille non seulement tous les Accords, mais également toutes les résolutions issues du DPI qui avaient pourtant un caractère contraignant. D’ailleurs, comment pouvait-il en être autrement lorsque le même Jacques Chirac ainsi que son successeur, Nicolas Sarkozy, sentant vaciller le siège de leur protégé face à l’avancée des rebelles qui se trouvaient à une centaine de kilomètres de la capitale, Bangui, n’ont pas hésité à envoyer les légionnaires basés au Gabon et au Tchad les bombarder, semant des morts innombrables parmi la population civile ? Suite à cette intervention militaire directe française, le général Bozizé sort naturellement renforcé. Il n’est donc pas surprenant qu’il transforme le ballon d’essai en un ballon de compétition. Ce qui arriva…(à suivre)

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion