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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 19:16

 

 

 

Godfroy Djanayang Gondjé

 

 

 En règle générale si deux hommes désirent la même chose alors qu'il n'est pas possible qu'ils en jouissent tous les deux, ils deviennent ennemis : et dans leur poursuite de cette fin qui est, principalement, leur propre conservation, mais parfois seulement leur agrément, chacun s'efforce de détruire ou de dominer l'autre.

Et de là vient que, là où l'agresseur n'a plus rien à craindre que la puissance individuelle d'un autre homme, on peut s'attendre avec vraisemblance, si quelqu'un plante, sème, bâtit, ou occupe un emplacement commode, à ce que d'autres arrivent tout équipés, ayant uni leurs forces, pour le déposséder et lui enlever non seulement le fruit de son travail, mais aussi la vie ou la liberté. Et l'agresseur à son tour court le même risque à l'égard d'un nouvel agresseur.

Du fait de cette défiance de l'un à l'égard de l'autre, il n'existe pour nul homme aucun moyen de se garantir qui soit aussi raisonnable que le fait de prendre les devants, autrement dit, de se rendre maître, par la violence ou par la ruse, de la personne de tous les hommes pour lesquels cela est possible, jusqu'à ce qu'il n'aperçoive plus d'autre puissance assez forte pour le mettre en danger. Il n'y a rien là de plus que n'en exige la conservation de soi-même, et en général on estime cela permis.

Il apparaît  plus clairement que de nos jours une bataille sans merci s’engage dans le cadre de la recherche  de pouvoir  de l’Etat  en République centrafricaine.

Entre temps les moyens et méthodes d’acquisition de pouvoir régalien semblent  sans doute pousser  les assoiffés de pouvoir de l’Etat  à se trouver parfois un  chemin contraire à la vision démocratique, raison pour laquelle depuis une décennie, les coups d’Etats  deviennent de plus en plus la voie la plus légale d’obtention du pouvoir de l’Etat en RCA, remettant en cause la culture démocratique.

Pendant  la consultation électorale du 23 janvier 2011, le verdict des urnes issus de ses élections ont finalement plongé le pays dans une situation de post-conflit.   

Concernant les résultats de ces scrutins, des divergences géopolitiques et stratégiques sont à la source de la division au sein des forces d’opposition c’est pourquoi certains candidats notamment  comme  Jean- Jacques DEMAFOUTH, ancien ministre de la défense nationale et patron de l’ex rébellion de l’APRD, s’inclinera quant à lui devant le verdict des urnes. Cependant feu le président Ange Félix PATASSE et les autres candidats malheureux ont rejeté en bloc la crédibilité de ces élections et demandent l’annulation pure et simple de leurs résultats. 

Tandis que la communauté internationale partage un avis nuancé, l’Union Européenne  et la Francophonie ont dénoncé des irrégularités considérables liées à ces élections. Peu de chefs d’Etat ont félicité le Président BOZIZE pour sa réélection à la tête de la magistrature suprême. Une année après ses élections, ce pays vit en ce moment une véritable psychose d’atteinte contre la sûreté de l’Etat.  Au regard de la température politique actuelle de ce pays ne serait –il pas important de s’interroger sur l’origine de ce syndrome en pleine situation de crise dans la mesure où le pays est encore sous contrôle des occupations illégales des éléments de BABALADE  et ceux de Joseph KONY?

L’histoire se reproduit  dix ans plus tard. En effet, en 2002, dans une affaire de poursuite contre la sûreté de l’Etat  engagée  par le Parquet Général de Bangui, ou à l’époque l’accusateur était le Général BOZIZE, curieusement  en ce jour je diagnostique presque la même pathologie dans cette  nouvelle affaire d’atteinte contre la sûreté de l’Etat, sauf avec une légère différence qui était celle  de la fuite du Général BOZIZE vers le TCHAD et l’arrestation du présumé coupable Jean Jacques DEMAFOUTH. Mais s’il faut prendre l’exemple du passé pour bâtir le présent et le futur, l’affaire d’accusation de Jean Jacques DEMAFOUTH et autres doit faire l’objet d’une gestion plus réfléchit et responsable  politiquement par crainte de  ne pas faire vivre de nouveau au peuple Centrafricain les mauvais souvenirs qui certainement ont mis des blessures dans des familles en République Centrafricaine.

Face à ce type de problème qui risque de fragiliser la paix et la cohésion sociale,  que faut-il faire pour résoudre le problème d’atteinte contre la sûreté de l’Etat, l’infraction retenue contre Jean Jacques DEMAFOUTH  et autres de manière plus apaisante?

Comme  on ne cesse  de le dire dans le langage courant que «  la paix n’as pas de prix » et que l’unité nationale prime dans toute circonstance, je voudrais via cette analyse mettre à contribution dans la gestion de cette affaire les propositions suivantes :

la mise en place d’un comité de suivi  regroupant  les ONG et les institutions militantes des droits de l’homme en RCA dans le déroulement de l’instruction ;

-          l’implication du Conseil de la médiation dans le processus de cette affaire ;

-          reprendre de manière urgente des négociations avec les groupes rebelles qui veulent se désolidarisés du DDR ;

-          garantir le principe du droit à un procès équitable.

Chaque citoyen centrafricain peut se permettre de s’interroger de savoir quand les acteurs politiques cesseront-ils de faire de la misère au peuple?

 

 GONDJE- DJANAYANG Godfroy – Luther

Expert Analyste en gestion des crises politico- militaires.

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion