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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 01:14

 

 

Tribune-reunion-CAD-7-mai-2011.JPG

 

 

Les candidats aux dernières élections présidentielles du 23 Janvier 2011en Centrafrique, Martin Ziguélé du MLPC et Emile Gros Raymond Nakombo ont été invités par le Collectif pour l’Alternance Démocratique en Centrafrique (CAD) qui vient de voir le jour en France à rendre compte de leur retour d’expérience devant leurs compatriotes de France le samedi 7 mai 2011 dans une salle de la bourse du Travail du Xè arrondissement de Paris. Malheureusement, seul Martin Ziguélé fut présent, Emile Gros Raymond Nakombo empêché, s’est fait représenter par le Pr Raymond Max Siopathis du RDC.

vue de la réunion CAD

 

Devant une salle pleine, les compatriotes étant venus nombreux, Martin Ziguélé s’est patiemment employé pendant une heure d’horloge environ, à retracer les phases du processus électoral et restituer tous les enjeux ainsi que les péripéties des différents combats que l’opposition démocratique et ses leaders regroupés au sein du CFC ont vainement livrés contre Bozizé et son appareil politique du KNK ainsi que la CEI présidée par son homme de main Joseph Binguimalé, pour le respect du code électoral et pour réunir les conditions d’un minimum de transparence électorale. Il s’en est suivi un enrichissant échange entre Martin Ziguélé et ses compatriotes, visiblement très assoiffés d’en apprendre sur les conditions réelles dans lesquelles ces consultations populaires ont pu se dérouler et aboutir malheureusement aux fraudes généralisées et au hold-up de Bozizé et son KNK.

Martin Ziguélé a également situé l’assistance sur les objectifs du Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections de 2011 (FARE 2011) qu’ils ont mis en place avec la participation de feu le président Ange-Félix Patassé qui décédera hélas dans les circonstances que l’on sait, le FARE étant à peine porté sur les fonts baptismaux. Avant d’ouvrir la réunion, le bureau de séance avait d’ailleurs demandé à la salle d’observer une minute de silence à sa mémoire.

 

CAD-7-mai-2011.JPGAprès les longs et intéressants échanges, les compatriotes étaient manifestement satisfaits de l’exposé de Martin Ziguélé et la présidente du CAD, Mme Marie-Reine Hassen, prendra à son tour la parole pour présenter ce nouveau Collectif ainsi que les objectifs qu’il poursuit qui visent essentiellement à assurer l’alternance démocratique en Centrafrique.

Rédaction C.A.P

 

Propos liminaire de Martin Ziguélé lors de sa rencontre samedi avec les Centrafricains à Paris
 

Je voudrais tout d’abord remercier les représentants des partis politiques et le Collectif pour l’Alternance Démocratique en Centrafrique (CAD) d’avoir bien voulu organiser cette rencontre citoyenne avec nos compatriotes de France. Je remercie également nos compatriotes qui sont venus nombreux pour échanger avec nous, en dépit de leurs nombreuses occupations et de l’invitation tardive. Votre présence massive ici est la manifestation la plus probante de votre volonté de voir notre patrie se sortir par le haut de cette impasse politique dans laquelle l’a plongé les auteurs du « hold-up » électoral du 23 janvier 2011.

Ici comme au pays, nos compatriotes s’interrogent et interrogent les hommes politiques sur:
1- Pourquoi, à la sortie du Dialogue Politique Inclusif (DPI), les recommandations relatives à la mise en place d’un gouvernement de consensus pour conduire un processus électoral consensuel n’a-t-il jamais été respecté ? Quelle est la responsabilité des uns et des autres ?

2- Pourquoi l’opposition démocratique a-t-elle accepté d’aller aux urnes malgré tous les signes évidents annonciateurs d’un hold-up électoral ?

3- L’opposition désormais réunie dans le FARE 2011 pour réclamer essentiellement l’annulation et la reprise des élections présidentielle et législatives espère- t-elle obtenir gain de cause ?

1- Sur la première question, il est important de souligner que le pouvoir centrafricain n’a jamais voulu du Dialogue Politique Inclusif réclamé à cors et à cri par l’opposition démocratique réunie au sein de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) depuis 2007. Nous avions réclamé ce DPI dont personne, à commencer par le Président BOZIZE lui-même ne voulait entendre parler à l’époque, pour des raisons bien précises :

- Ramener la paix et la stabilité dans notre pays, en mettant fin aux crises militaro-politiques naissantes à l’époque avec l’apparition de mouvements de rébellion (UFDR, APRD, FDPC, etc.) dans le nord, le nord-ouest et le centre-nord de notre pays. Nous l’avions fait parce que tout simplement aucun pays au monde ne peut se développer dans un environnement d’insécurité et d’instabilité généralisées ;

 - Mettre un terme aux violations caractérisées et répétées de la constitution par le pouvoir (non-respect de la séparation des pouvoirs, non respect de l’indépendance de la justice, cumul de fonctions ministérielles par le Président de la République, etc.) avec comme conséquence principale l’affaiblissement durable de l’Etat ;

- Jeter les bases d’une gouvernance améliorée ;

- Mettre en place un mécanisme consensuel d’organisations d’élections crédibles pour éviter à notre pays des crises politiques post-électorales ;

 - Mettre en place un gouvernement de consensus pour la gestion de l’ensemble des recommandations issues de ce processus.

Dès la clôture des travaux du DPI, le pouvoir qui ne voulait pas de la tenue de ces assises a commencé à développer une propagande pour s’en approprier la paternité, et surtout, torpiller une à une ses recommandations, comme chacun le constatera par la suite.

 C’est ainsi qu’à la place du gouvernement de consensus recommandé par le DPI, il débauchera des cadres de l’opposition directement contactés et appâtés. Voilà comment naîtra « la méthode bozizéenne » de gouvernement dit de consensus, que nous reverrons à l’œuvre le 22 avril 2011 avec le gouvernement dit TOUADERA III.

 Pour ce qui concerne la gestion consensuelle du processus électoral, le pouvoir s’est employé tout simplement à « torpiller » tout esprit de consensus, et chaque étape du processus électoral a été l’objet d’âpres luttes et crises, démontrant ainsi le refus délibéré du pouvoir de mettre en place un processus conduisant à des élections crédibles. Les exemples de ce refus, malheureusement, abondent, la plus significative étant la modification unilatérale par le gouvernement du projet de code électoral révisé par la commission ad hoc mise en place par le DPI. Les protestations de l’opposition sont restées lettre morte et ouvriront la voie à la plus mauvaise commission électorale que notre pays, et même l’Afrique francophone ait connu.

2- Sur la seconde question, je me dois de vous dire que le débat a été nourri au sein de l’opposition démocratique sur l’opportunité d’aller aux élections dans les conditions connues. Après plusieurs semaines de débat, la règle du consensus a prévalu, et nous avons décidé malgré tout d’aller aux élections pour les raisons cumulatives survivantes :

- Réunir les preuves, grâce à notre participation effective aux élections, de la fraude généralisée organisée par le pouvoir sur toute l’étendue du territoire national;

 - Avoir de ce fait la légitimité nécessaire pour contester le processus, et obtenir les preuves nécessaires pour une révision de tout le processus ;

 - faire échec à la propagande du pouvoir qui, monopolisant les médias d’Etat, avait mis en place une vaste opération de manipulation de l’opinion pour présenter les responsables de l’opposition comme des irresponsables « fuyant les élections « par manque de moyens, et comme des alliés objectifs de la rébellion armée;

- ne pas décevoir l’attente des populations qui par leur participation massive au premier tour des élections, avaient réellement cru que leur vote allait être respecté. A contrario, l’abstention très élevée observée au second tour, en respect du mot d’ordre de boycott lancé par l’opposition, prouve l’adhésion de la majorité spoliée à notre démarche.

Aujourd’hui, grâce à notre participation à ces élections, nous avons mis à nu la face cachée de ceux qui nous dirigent. Je n’en veux pour preuve que les résultats du sondage de l’Institut Panos de Paris qui indiquent que plus de la moitié des centrafricains (54%) estiment que ces élections ne sont ni justes ni équitables et ne considèrent pas leurs résultats comme justes.

Naturellement, vous êtes déjà au courant des conclusions des rapports de partenaires crédibles, qui ne sont pas de l’opposition centrafricaine…et qui se passent de commentaires. Leurs conclusions convergent vers un même constat : les résultats de ces élections sont sujets à caution.

3- Sur la troisième question. Au sein du FARE 2011, nous n’avons aucun doute sur la justesse de notre cause. Les centrafricains comprennent le sens de notre lutte qui n’a qu’un seul objectif : garantir le respect du suffrage de notre peuple et défendre les libertés individuelles et collectives. Nous sommes unis plus que jamais dans le FARE 2011 parce que tous les jours, le pouvoir prouve que toute sa stratégie est basée sur le droit de la force et non sur la force du droit. Notre combat est celui de tout notre peuple, dont vous êtes ici les filles et les fils, pour la liberté vraie, pour la dignité et pour le droit à une vie décente.

Je vous remercie

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique