Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 14:21

 

 

         carte_centrafrique_432.gif 

 

 

Je me vois une fois de plus dans l’obligation de reprendre ma plume pour me pencher sur la situation chaotique et dramatique dans laquelle se trouve ma chère patrie.


Ainsi, force est malheureusement de constater que plus 52 ans après son accession à la souveraineté nationale e internationale, la RCA continue de chercher sa voie. Pour parler plus prosaïquement et trivialement continue de « se chercher ». Ce, au grand dam de nos laborieuses populations qui aspirent à la paix et peinent déjà à joindre les deux bouts dans un environnement national et international marqué par une crise économique sans précédent. C’est le lieu également de rappeler que plus de 70% de la population centrafricaine vit avec moins de 1 dollar (à peu près 500F CFA) par jour malgré le potentiel minier et forestier du pays et la richesse de son sol.


Mais comment en est t-on arrivé là ? A qui la faute ?

 

La faute en incombe principalement à ses fils qui n’ont jamais pensé à  son destin, songeant d’abord à leurs intérêts personnels. La politique est considérée, sous nos cieux, comme un moyen d’enrichissement personnel rapide, à peu de frais. L’Etat vu comme un butin.


L’on s’échine à militer au sein de mouvements ou organisations politiques dans la perspective de profiter des prébendes et subsides de l’Etat. L’Etat est généralement considéré comme une vache à lait ; un gâteau à se partager.

 

A la faveur de l’ouverture politique née de la conférence de la Baule de 1990 inaugurée et insufflée par François Mitterrand et marquant le véritable âge d’or de la démocratie en Afrique, la RCA a vu proliférer un nombre considérable de partis politiques (64 formations politiques selon les dernières statistiques du ministère de l’administration du territoire).


En fait de partis, ce sont souvent des coquilles vides ne représentant que l’ombre d’eux-mêmes ; si ce n’est la personne de leur géniteur.


La RCA, pays démographiquement peu peuplé- 5 millions d’âmes- arc-boutée sur un territoire d’une superficie d’environ 623 000 km2 peut-elle s’offrir le luxe de dénombrer autant de partis politiques même dans le cadre de l’introduction du multipartisme dit intégral?


Je répondrai par la négative.

 

La véritable motivation des promoteurs de ces partis se trouve dans leur appétence inextinguible d’aller à la soupe ou de participer au partage du gâteau national.


A vrai dire, ils n’ont cure de ce que représente réellement l’idée même d’intérêt supérieur de la nation ou encore de ce que recouvre la notion d’intérêt général.


Je mets au défi la plupart des partis politiques de la place de me présenter un projet de société ou un programme de gouvernement digne de ce nom. C’est-à-dire prenant en compte les souffrances et la cause du peuple ainsi que les enjeux internationaux de mondialisation.


Lorsque l’on fait le tour de ces prétendues formations ou plate-forme politiques, l’on ne sera pas surpris de remarquer le vide sidéral entourant ce qu’il est communément convenu d’appeler leur corpus programmatique.


L’on crée un embryon de structure de parti et l’on s’assigne comme mission de réfléchir aux problèmes structurels du pays une fois arrivé aux affaires. Cette conception insolite et particulière de faire de la politique ne doit plus avoir cours en RCA.

 

La politique –analysée comme la gestion des affaires de la cité- est une activité très noble et très sérieuse pour être laissée à la portée d’amateurs ou de dilettants de tous poils. Une telle conception sous-jacente et consubstantielle conduit inéluctablement à ce j’appelle le pilotage ou la navigation à vue, à l’épreuve des faits.


La politique, dans son ensemble, doit être envisagée comme un sacerdoce, une mission au service du bien commun (public). On vient aux affaires pour servir la nation et non pour se servir ou pour servir l’intérêt des siens, fussent-ils de probité douteuse ou incompétents.

 

En RCA, l’on ne s’est jamais préoccupé de penser une politique globale à l’échelon macroscopique et sur le long terme. On gère le pays au jour le jour. Il n’ya pas de stratégie de développement  murement réfléchie sur une longue période. Comble d’attitude de nature à hypothéquer gravement l’avenir des jeunes générations présentes et futures condamnées, de ce fait, à végéter comme de véritables laissés-pour-compte du progrès.

 

Au cours de mes pérégrinations pour découvrir l’Afrique dans ses méandres et sa diversité


, j’ai eu l’occasion d’effectuer quelques séjours d’immersion notamment en Afrique de l’Ouest. A chaque circonstance, j’ai noté l’état d’avancement de ces pays pourtant bien moins nantis et bien moins lotis que nous en termes de gisement de ressources naturelles mais paradoxalement beaucoup plus développés et plus structurés que notre pays.


J’ai souvent enregistré une prise de conscience nationale plus affirmée chez nos frères et sœurs de l’Afrique de l’Ouest. Contrairement à nous, ils ne sont pas imprégnés et animés de la culture néfaste et répréhensible de la destruction systématique et du vandalisme ; surtout à la faveur de l’intervention de changement politique.


Est-ce à dire que, nous Centrafricains, sommes victimes de la malédiction ; serais-je tenté de le penser. Reste que mon état d’esprit m’interdit de sombrer dans la fatalité, le raccourci facile ou de faire systématiquement porter à autrui la responsabilité de nos maux.


Je me refuse à croire que c’est la Providence qui serait la cause de nos malheurs. Nous sommes collectivement responsables de notre état de déconfiture. Personne d’autre ne a nous obligé à vivoter dans cette situation.

 

Plus de 52 ans après notre indépendance, nous sommes portés à bout de bras par une communauté internationale qui voit ses moyens s’amenuiser comme peau de chagrin en raison de la conjoncture internationale difficile. D’autant plus que la RCA n’est pas la seule préoccupation de la communauté internationale.


Plus grave encore, ce n’est plus l’ancienne puissance tutélaire mais davantage nos frères de l’Afrique centrale qui sont obligés de nous tenir la main pour nous monter le chemin, la voie à suivre. Pauvre Centrafrique ! Qu’as-tu fait pour que tes enfants te fassent subir ce triste sort ?


 

En Centrafrique, après la disparition du père de l’indépendance, il n’ya plus eu de vision ni projet capables d’impulser le développement et le progrès. Le seul projet qui anime les prétendants à la magistrature suprême, c’est « ôtes-toi de là que je m’y mette ». Pour reproduire le scénario pathétique et infernal. J’ai envie de dire rebelote c’est-à-dire l’éternel recommencement.


Je suis au regret de tirer cette conclusion amère car rien ne justifie que la RCA se retrouve dans cet état de délabrement très avancé. Si ce n’est l’ambition aveugle de ses fils. Avoir le pouvoir pour l’exercer à son profit et au bénéfice des siens. En d’autres termes, en user et en abuser. Et ce, dans l’impunité totale. Sans vergogne et sans scrupule.

 

Aujourd’hui, les pays en développement parlent de vision émergente à l’horizon 2025 ou 2035, c’est selon et se préoccupent de créer les conditions idoines pour parvenir à cette situation d’émergence. Pendant ce temps, nous nous embourbons dans des querelles intestines stériles sans fin, des conflits d’un autre âge sans portée positive sur notre destin et surtout celui de nos enfants.

 

Au moment où je mets sous presse, je suis profondément au regret de relever que mon pays – plus de 19 jours après la signature des accords de paix de Libreville qui ont permis de stopper le processus de partition du pays- reste acéphale et aboulique c’est-à-dire sans gouvernement, voguant comme un navire ivre sans gouvernail. A qui la faute ?


Nous en sommes collectivement responsables.

 

Comment pouvons-nous prétendre continuer de bénéficier de la mansuétude et de la générosité de nos partenaires et bienfaiteurs si nous-mêmes ne sommes pas capables de consentir le moindre sacrifice et effort pour nous sortir de notre impasse ? Sachons que notre propre bonheur dépend de nous-mêmes et de personne d’autre.


Il est temps de sonner la fin de la récréation qui n’a que trop durer.


La RCA a reculé de plus de 30 ans. Tous ses indicateurs et clignotants sont au rouge. Très lourd passif à inscrire au crédit de ses fils. A quand une prise de conscience de ce recul sans précédent ?

 

En raison du contexte actuel très dégradé, la priorité de la RCA doit se situer sur le terrain économique, social (la lutte contre l’indigence de nos populations), de la lutte contre la corruption et sécuritaire. Sans paix, rien de viable ne peut être fait ou entrepris.


La RCA a besoin de réconciliation nationale.

 

Les défis qui attendent le gouvernement qui tarde à se mettre en place sont énormes. La RCA a besoin d’hommes et de femmes aux qualités morales irréprochables et aux compétences avérées pour mener ce combat du développement. Car, le retard abyssal qu’accuse notre pays est sans nom.


Je crois encore au génie de l’Homme et au dernier sursaut patriotique pour porter le pays que nous avons en partage car légué par nos ancêtres vers des lendemains plus radieux.


Malgré ce tableau sombre, je refuse de croire que la RCA se meurt.

 

Vive la RCA

 

 

                                                                                               Wilfried ROOSALEM 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Opinion