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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 02:12

 

 

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Lorsque le pays va mal, il faut dire qu’il va mal et ne pas chercher à dissimuler cette triste réalité comme le font les thuriféraires du pouvoir de Bozizé qui, parce qu’ils profitent à des degrés divers de ce régime, se croient obligés de le défendre à tout prix, quitte à nier l’évidence. Tous ceux qui osent critiquer ce qui ne va pas dans la gouvernance du pays sont systématiquement taxés de ne pas aimer leur pays et de travailler à son abaissement s’ils ne sont pas tout simplement embastillés s’ils  se trouvent sur le sol national.

Actuellement, la fourniture de l’électricité et de l’eau potable qui était déjà catastrophique s’est encore aggravée dans la capitale. Même les quartiers et secteurs situés à proximité des hôpitaux et certains points névralgiques qui ne subissaient pas autant les délestages chroniques avec acuité ne sont plus épargnés ces jours-ci. Doit-on se réjouir de cette situation pour ne pas être catalogué d’anti-bozizisme primaire ? Le mauvais approvisionnement en eau potable de la ville n’a-t-il pas quelque effet sur l’épidémie du choléra qui vient de se déclarer à Bangui, maladie dont on sait qu’elle est essentiellement due à la saleté et au manque d’hygiène ? Faut-il ne pas en parler simplement pour ne pas irriter le régime en place ?

Depuis déjà plusieurs années, la malnutrition sévère ou plus exactement la famine sévit durement sur presque toute l’étendue du territoire national avec des taux, en particulier chez les enfants, qui sont des plus élevés au monde voire dépassant la moyenne des standards internationaux de l’OMS et de l’UNICEF. N’eût été la suppléance vigoureuse de certains ONG humanitaires, le pays devrait faire connaître une mortalité infantile très élevée.

S’agissant des ravages du VIH/SIDA, les Centrafricains ne peuvent pas être fiers du triste rang qu’occupe leur pays dans la sous-région et en Afrique. Est-ce normal que devant cette pandémie, jamais ils n’ont entendu leur président Bozizé en parler dans ses nombreux discours, généralement en langue nationale et dans des termes toujours aussi orduriers qu’irresponsables, pour ne serait-ce que les inciter à recourir au préservatif lors des rapports sexuels.

Pour ce qui concerne le fléau de  l’insécurité, les Centrafricains, surtout ceux de l’arrière-pays, sont complètement résignés et vivent à la merci des chefs de guerre étrangers qui sont venus du jour au lendemain s’installer de force sur certains pans de leur territoire pour y semer la mort et la désolation dans une quasi indifférence et impuissance des forces armées et des pseudos autorités de leur pays. Doit-on, pour ne pas être accusé de ne pas aimer son pays, s’en féliciter ?  

Lorsque les Centrafricains apprennent à l’issue d’une mission du FMI que 49 milliards de F CFA, d’autres sources proches du dossier parlent de 70 milliards de F CFA en réalité, ont été soutirés des caisses de leur trésor national sans le moindre justificatif et sans qu’on sache exactement à quoi cet argent a servi, à qui d’autre doivent-ils exiger des comptes si ce n’est à Bozizé leur président qui s’est arrogé de force la gestion de fait des finances publiques du pays, étant à la fois comptable et ordonnateur des dépenses. 

Doit-on se réjouir d’apprendre que le même président de la République qui a pourtant signé un décret pour qu’un de ses ministres sur lequel pèse de graves accusations de détournement de deniers public et de bien d’autres délits pénaux soit mis à la disposition de la justice soit celui-là même qui reçoit ensuite le même ministre pour l’assurer de son soutien et lui restituer son passeport retiré par le pouvoir judiciaire ?

Que doit-on penser d’un tel président de la République si ce n’est de le rendre responsable du mauvais fonctionnement de la justice, d’être le protecteur des malfrats, d’encourager les détournements de deniers publics et l’impunité, de n’être pas crédible lorsqu’il prétend vouloir combattre la corruption et les voleurs.

Enfin, les Centrafricains peuvent-ils être heureux d’apprendre que leur ministre des finances est pratiquement déclaré persona non grata à Washington capitale de la finance mondiale, siège des institutions de Bretton Woods partenaires incontournables de leur pays qui ne peut vivre seul dans sa bulle en marge de la communauté internationale. Cette situation ne doit plus durer. Il est temps que ces réalités soient regardées en face. La politique de l’autruche doit cesser. C’est la seule solution pour mettre fin à cette situation de faillite dans laquelle la gouvernance Bozizé a plongé ce pays.

Rédaction C.A.P

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