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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 14:44

 

 

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Que l’on se le dise ! La meilleure constitution du monde ne rimera à rien s’il n’y a pas d’hommes sages et vertueux pour la conduire. En même temps une constitution médiocre  accomplira des miracles lorsqu’elle est conduite par des hommes sages et vertueux.

Or, notre pays semble être dépourvu d’hommes dotés de ces attributs de sagesse et de vertu aussi bien du côté du régime que du côté de l’opposition dite démocratique. La preuve en est que toute la classe politique depuis toujours n’arrête pas de s’en remettre honteusement à la France, à l’union européenne, à la francophonie, à l’union africaine, aux nations unies et à d’autres institutions pour régler le plus petit de nos problèmes intérieurs. Pire,  cette classe politique s’en remet piteusement à ce que beaucoup de nos compatriotes  avisés savaient déjà, c’est-à-dire aux conseils  qui sont d’une évidence déconcertante, voir d’une banalité déprimante d’un Amadou Toumani Touré, d’un Omar Bongo, d’un Alain Joyandet, d’un Buyoya.

La politique n’est-elle pas par excellence l’art de renouer  le dialogue ? D’arriver à un consensus ? De faire un compromis ? A-t-on vraiment besoin de ces « sages » pour nous inculquer  ces fondamentaux ? Notre pays est-il dépourvu à ce point ?  Par l’attitude des uns et des autres, toute la classe politique a démontré son incompétence chronique. Les uns et les autres ont complètement échoué dans leur mission originelle. Ceux qui devaient gouvernés n’ont pas  su  gouverner donc gérer les différentes crises dans notre pays et ceux qui devaient s’opposer n’ont  pas su transformés leur revendication en termes d’intérêt général, ce, dans une vision globale. C’est pourquoi, l’heure n’est plus aux querelles infructueuses ni à l’entêtement  bête et méchant ni au triomphalisme aveugle mais à la recherche d’une solution apaisée car le risque d’un morcellement de notre pays demeure après la fin du mandat du général Bozizé.

Bozizé doit bénéficier malgré tout, exceptionnellement d’une prorogation de son mandat après le 11 juin contre un report des élections  pour éviter une situation de blocage dans notre pays.

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Le régime peut se prévaloir au gré de ses humeurs du respect de la constitution pour  narguer l’opposition démocratique mais l’on peut s’étonner que le général Bozizé qui avait à maintes reprises  posé des actes anticonstitutionnels depuis son accession au pouvoir se cramponne aujourd’hui à cette même constitution pour  revendiquer sa légitimité.

Le fait de ne pas pouvoir avec son équipe depuis les élections de 2005 mettre en place les conditions nécessaires pour l’organisation d’une élection en 2010 ne constitue t’elle pas une preuve d’incompétence ? De non respect de la constitution ? Par conséquent d’illégitimité ? On peut poser la question dans tous les sens mais le régime de Bozizé porte la plus grande responsabilité dans l’inorganisation de ces élections. Il appartient au pouvoir en place et non à l’opposition comme cela se fait dans tous les pays du monde d’organiser les élections. Le régime disposait alors de cinq bonnes années pour le faire. Qu’en est-il aujourd’hui à l’heure du bilan ? On ne peut pas se réclamer de démocrate, se vanter d’avoir un bon bilan,  prétendre gagner ces élections et en même temps saborder le processus électoral comme le fait le président Bozizé. Finalement de quoi le général Bozizé a-t-il peur ?  Aurait-il si peur de perdre dans une élection transparente ? Toutes les conditions doivent êtres réunies afin qu’une élection juste, libre et transparente soit organisée. Ainsi le vainqueur qui sortira des urnes jouira d’une légitimité incontestable. Les centrafricains sont fatigués et aspirent à vivre en paix.

D’autre part, l’opposition démocratique qui a échoué lamentablement  lors du dialogue politique inclusif par ses manigances et autres querelles de leaderships contre productif, par ses hésitations doit se reprendre au plus vite et ne plus faire la politique de la chaise vide.  Elle doit prendre ses responsabilités au lieu de rester dans une posture attentiste et minimaliste.

Pour des raisons objectives liées notamment à l’insécurité dans le pays, à l’absence effective du corps électoral, au risque d’une contestation des résultats voir  à une multiplication de conflits à défaut de solution satisfaisante du programme DDR, les élections présidentielles et législatives ne peuvent avoir lieu à la date fixée. Comment faire ?

Suggestions pour une sortie de crise

Pour des raisons objectives, le régime du général Bozizé doit se rendre compte à l’évidence que les élections ne peuvent pas avoir lieu dans les conditions qui sont celles d’aujourd’hui. La date de ces élections doit être reportée afin de permettre une meilleure organisation. La situation que connait notre pays est exceptionnelle et dangereuse. Le régime ne peut pas continuer à faire comme si de rien n’était. Si rien n’est fait pour régler définitivement le programme DDR avant ces  élections, si rien n’est fait pour une liste électorale crédible, si rien n’est fait pour ramener la sécurité dans les 8 préfectures  occupés par les rebelles, alors nous nous dirigeons inéluctablement  dans une voie sans issue.

L’opposition démocratique qui revendique doit également être une opposition responsable.  Elle ne doit pas être une opposition de nécessiteux. Elle ne doit pas demander le report de ces élections juste pour affaiblir encore le régime dans le seul but de participer à un gouvernement de mission. Si alternative il y a, les centrafricains ont besoin d’une véritable alternative qui est synonyme d’un véritable changement. Il faudrait que le régime aussi bien que l’opposition démocratique face pour une fois en commun un écart à la constitution pour situation exceptionnelle du pays. 

Dans un premier temps, l’opposition démocratique doit accepter que le président Bozizé bénéficie  exceptionnellement d’une prorogation de son mandat après le 11 juin 2010. Le temps de mettre les listes électorales à jour, de garantir la sécurité sur l’étendue du territoire, d’élire un nouveau président de la commission électorale indépendante qui sera issu des membres de la dite commission électorale.

L’opposition démocratique  ne doit pas profiter de cet état de fait  pour faire main basse sur le gouvernement. Dans le passé, nous avions déjà expérimenté ces gouvernements de « mission » qui n’ont rien donné. On sait que les « tê ka mon tê gué « sont nombreux dans l’opposition et sont prêts à aller à la soupe. Le risque d’instaurer un bras de fer entre le président et le gouvernement fera faire du surplace à notre pays. Le pays ne peut s’offrir aujourd’hui ce luxe là.  Notre pays ne doit pas être à l’arrêt à cause d’un bras de fer quelconque. Désormais, les centrafricains veulent savoir qui fait parti du régime et qui est dans l’opposition. C’est pourquoi Bozizé doit gouverner avec ces hommes pendant cette période de prorogation de mandat.

Dans un deuxième temps, le régime en place doit accepter que les pleins pouvoirs en matière d’organisation de ces élections soient donnés à la commission électorale indépendante, conformément aux recommandations du dialogue politique inclusif.

 Les membres de la commission électorale indépendante doivent êtres représentatifs  des entités qui ont participé à ce dialogue.

Ensuite le président de la dite commission doit être élu parmi ses pairs et non désigner comme c’est le cas.

La mise en place des comités locaux doivent impérativement observée les règles entérinés lors de ce dialogue politique inclusif.

Pour des raisons pratiques et de coordination, il faudrait apporter un petit changement au niveau du ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation. Un comité ad hoc de vigilance composé des représentants de différentes entités présentes au dialogue politique doit être rattaché à ce département combien sensible dans l’organisation de ces élections. Ce comité doit prendre part au jour le jour à tous les travaux de mise en place et d’organisation de ces élections. Ce département ne doit pas rester seul maitre à bord pour ne pas être juge et partie.

Une chose est sûre et certaine. Les centrafricains sont fatigués, la communauté internationale est fatiguée. Tout le monde veut désormais aller à une élection  libre, juste et transparente.

 

Franck SARAGBA

« De Fini kodé l’esprit « 

 

 

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