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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 19:48

 

 

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NICE (France) (AFP) - mardi 01 juin 2010 - 17h46 - Parmi les dirigeants africains, plusieurs sont issus de coups d'Etats, d'autres ont été élus avec des scores excessivement élevés: leur présence au sommet Afrique-France n'étonne personne, mais, et c'est nouveau, elle peut désormais être mise en cause par leurs pairs.

A l'honneur du 25e sommet franco-africain, présenté comme celui du renouveau et de la rupture avec les vieux réseaux d'influence post-coloniaux, le président sud-africain Jacob Zuma a jeté lundi un pavé dans la mare.

Interrogé sur la présence des chefs des juntes de Guinée et du Niger par la chaîne de télévision France 24, il a déclaré: "Nous souhaiterions que ces gens n'aient pas cette reconnaissance, parce que s'ils sont reconnus ici au même niveau pratiquement que les autres chefs d'Etat, cela pose un problème pour l'Afrique".

Le général Salou Djibo a pris la tête du Niger après avoir renversé, le 18 février, le président Mamadou Tandja, demeuré au pouvoir à l'issue d'une modification contestée de la Constitution. Quant au général guinéen Sékouba Konate, il a participé à un coup d'Etat fin 2008 et assume la présidence de son pays depuis l'automne dernier.

Ces deux militaires, qui foulent aujourd'hui les tapis rouges du Palais de l'Acropolis, siège du sommet de Nice (sud-est), et résident dans les hôtels somptueux de la Côte d'Azur, ne figuraient pas à l'origine sur la liste des invités. Après des "hésitations", ils ont finalement reçu un bristol, l'Elysée estimant qu'ils avaient donné des "garanties".

Interrogée lundi sur la déclaration du président sud-africain, la présidence française a rappelé que ces dirigeants avaient "adopté un calendrier électoral et engagé une transition dans un cadre consensuel". "On a donc considéré qu'il n'y avait aucune raison de ne pas les inviter", a-t-on ajouté.

En revanche, Paris n'a pas convié Madagascar, en pleine crise et sans perspective de déblocage rapide, ni les bannis de la communauté internationale, le Soudanais Omar el-Béchir et le Zimbabwéen Robert Mugabe.

Pour Jacob Zuma cependant, la présence de la Guinée et du Niger "encourage les militaires à renverser les dirigeants en place" et "les inviter signifie une reconnaissance". "C'est ainsi que c'est interprété sur le continent", a-t-il fait valoir.

"Ils ne devraient pas pouvoir entreprendre des coups d'Etat. C'est contre la culture démocratique que nous essayons de promouvoir en Afrique", a ajouté le chef d'Etat sud-africain, invité d'honneur d'un déjeuner offert par le président français Nicolas Sarkozy.

Pour les organisations de défense des droits de l'Homme, les deux putschistes en question sont loin d'être à Nice les seules personnalités à ne pas être au-dessus de tout soupçon.

"Prenons simplement l'exemple de l'Egypte, dont le président (Hosni Moubarak) co-préside le sommet: ce pays vit sous état d'urgence depuis des décennies et son président se fait élire avec des scores communistes", relève Reed Brody, de l'organisation Human Rights Watch (HRW).

"Parmi les invités, il y a d'anciens putschistes et chefs de guerre, comme les piliers de la Françafrique que sont le Centrafricain (François Bozizé) ou le Congolais (Denis Sassou Nguesso). Et d'autres qui se maintiennent au pouvoir en bourrant les urnes ou en terrorisant l'opposition, comme au Tchad", poursuit-il.

Autour de la vaste table réunissant les 38 dirigeants africains pendant deux jours figure aussi le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, ex-général élu en juillet 2009 un an après avoir renversé un civil, dans un pays devenu "habitué des coups d'Etat".

Pour l'expert de HRW, il est plutôt intéressant de voir "que certains dirigeants africains commencent à se poser la question de la légitimité et de la représentativité des leaders".

 

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