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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 19:28

 

 

 

 

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Radio Ndéké Luka Mercredi, 11 Janvier 2012 13:11

L’actualité nationale reste dominée ces derniers temps par des réactions au sujet de l’arrestation du chef de file de l’ex-rébellion de l’Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD), Jean-Jacques Demafouth. Ce 11 janvier 2012, c’est le bureau politique de la Nouvelle Alliance pour le Progrès (NAP) qui s’ajoute à la liste. La NAP, parti politique crée par Demafouth, rejette en bloc toutes les accusations portées contre son président.

Dans une interview accordée à Radio Ndeke Luka ce mercredi, Léon Anatole Doyemet Lombé, membre du bureau politique de cette formation politique déclare que « vu que Demafouth a lui-même rejeté ces accusations relatives à la tentative à la destitution du pouvoir de Bangui, le bureau politique ne peut pas aussi concevoir cela. La NAP exige la libération immédiate de son président».

Pour lui, Jean-Jacques Demafouth a toujours été l’ « un des principaux acteurs dans le processus du Désarmement Démobilisation et Réinsertion (DDR) en Centrafrique. Il a été d’ailleurs le tout premier à accepter la victoire de l’actuel président de la République Centrafricaine François Bozizé dès le 1er tour à la présidentielle du 23 janvier 2011. Nous sommes aussi inquiets si sa liberté est protégée, car on se demande s’il ne serait pas déporté quelque part ».

L’autre inquiétude du bureau politique de la NAP est « la perquisition, le  week-end dernier, du domicile de Demafouth. Une perquisition qui, selon ce parti, n’a pas répondu aux exigences des lois du pays en la matière et soldée par l’arrestation du trésorier général de ce parti ».

L’autre son de cloche, concernant toujours les réactions, vient du Groupe Parlementaire des députés indépendants de Centrafrique. Il demande la libération pure et simple de Herbert Gontran Djono Ahaba, député de Birao II. Ce dernier, accompagné de son homologue sortant a été aussi arrêté avec Jean-Jacques Demafouth, il y a 5 jours.

Dans un communiqué signé des 10 députés de ce groupe et rendu public ce mercredi par Radio Ndeke Luka, ces élus de la 5ème législature indiquent que l’article 89 alinéa 3 de la Loi portant règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale dispose que, « Hors session, aucun député ne peut être poursuivi ou arrêté, qu’avec l’autorisation du bureau de l’Assemblée Nationale ».  Ils mentionnent que « cette arrestation est en violation de la Loi de la République Centrafricaine ».

Il faut dire que l’arrestation de Demafouth a fait couler beaucoup d’encre et de salive au sein de l’opposition politique et armée. Pour preuve l’APRD a menacé de se retirer du processus du DDR en cours, afin d’exiger la libération de son leader.

L’autre réaction a été celle du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC). Il a pointé un doit accusateur vers le gouvernement qui voudrait par l’arrestation de Demafouth, distraire la population centrafricaine sur les vrais problèmes notamment,  la présence du tchadien Baba Ladé et de Joseph Koni de la LRA sur son sol.

Même son de cloche du côté de la défense de Demafouth qui a précisé que l’arrestation de son client s’est basée sur des fiches mensongères montées de toute pièce par les ennemis de la paix.

L’Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR) et la Convention des Patriotes pour la Justice et la paix (CPJP) ont rejeté tour à tour un éventuel complot pour la déstabilisation du régime de Bangui.

Signalons que les familles du député de Birao II et son homologue sortant, Mahamath Abrass, ont affirmé avoir perdu tout contact avec ces derniers.

 

NDLR : L’arrestation dans les conditions que l’on sait et la détention de Jean Jacques Demafouth apparaissent de plus en plus comme une volonté de vengeance personnelle et de règlement de compte de la part de Bozizé. L’étrange visite effectuée ce week-end par Bozizé en personne sur les lieux de détention de Demafouth (la SRI), en est une édifiante preuve. Le vrai crime de Demafouth est sans doute d’avoir été ministre de la défense de Patassé lorsque Bozizé fut sous ses ordres en tant que chef d’Etat-Major des Faca.

Bozizé en a toujours voulu à Demafouth de n’avoir pas été pour rien dans les missions de contrôle et d’inspection des Faca effectuées naguère tant à Bangui qu’à Bouar - où les EFAO avaient laissé après leur retrait de la RCA beaucoup d’équipements - par le général Sylvestre Yangongo et suivies de rapports et révélations fracassantes qui n’ont pas manqué d’éclabousser le chef d’Etat-Major de l’époque qui n’était autre qu’un certain François Bozizé dont la prédation systématique des biens, équipements divers, PGA des soldats et carburant des Faca, était un secret de polichinelle.

Les circonstances du déroulement du coup d’Etat manqué du 28 mai 2001 contre le président Patassé dans lesquelles, le moins qu’on puisse dire, est que les responsabilités de Bozizé, encore chef d’Etat-Major des Faca étaient si confuses et troubles au point que pendant le procès de Demafouth instruit par le régime de Patassé, les choses n’ont jamais pu être tirées au clair jusqu’à présent en ce qui concerne le rôle de l’un et l’autre dans cette tentative de putsch.

La triste affaire de l’assassinat du lieutenant de gendarmerie Gbodo à Kembé dans laquelle Bozizé a beaucoup de comptes à rendre est également un des dossiers dans lesquels Bozizé en a aussi voulu à  Demafouth.

Il n’en demeure pas moins que quelle que soit la gravité de ce que l’on peut reprocher à Demafouth, les conditions de son arrestation sont si scandaleuses qu’elles discréditent totalement le pouvoir de Bozizé. Le manque de séparation des pouvoirs, exécutif, judiciaire et médiatique avec un ministre de la justice, Firmin Findiro, qui se prend pour un demi-dieu tout en croyant être procureur de la République et journaliste est inadmissible.

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