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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 03:38

 

 

 

Edouard Ngaissona

 

              Patrice Edouard NGAISSONA

 

 

La mauvaise gouvernance et particulièrement la mauvaise gestion des finances publiques du pays, saute de plus en plus aux yeux des Centrafricains qui sont aussi de plus en plus révoltés. Ils se rendent compte que le degré de paupérisation et de misère dans lesquelles ils sont plongés s’accroît de manière proportionnelle au taux de prédation des maigres moyens du pays par les dignitaires du clan BOZIZE ainsi que de leur fortune et train de vie.

L'une des méthodes utilisées par nos princes au pouvoir et qu’ils affectionnent est le siphonage des fonds publics par le biais des sociétés écrans. Presque tous les dignitaires du régime sont des chefs d’entreprise. Ces entreprises soumissionnent et obtiennent systématiquement et de gré à gré la plupart des marchés publics de l’Etat. Leurs propriétaires font ainsi sur le dos du pays bien souvent, sans même exécuter convenablement ou même pas du tout le cahier des charges prévu.

C’est par exemple le cas de la société Polygone du général Guillaume LAPO Directeur Général du Trésor et ami de BOZIZE qui  s'est attribué quasiment d’office les marchés les plus juteux tels que celui des travaux de la clôture du ministère des Finances. Pour cela, l’intéressé s’est fait payer d'avance et en totalité par le Trésor pour des centaines de millions de francs CFA. Si cela n’est pas un cas flagrant de conflit d’intérêt, on se demande quelle définition faut-il donner à une telle magouille.

Le voleur et repris de justice notoire Patrice Edouard NGAISSONA dont les multiples sociétés pompent quotidiennement des centaines de millions de francs CFA au Trésor, ne s’y prend pas autrement. Sorti de prison peu après le coup d’Etat de BOZIZE en mars 2003, il est devenu au fil des années quasiment un des plus grands fournisseurs de l’Etat centrafricain et à présent heureux propriétaire immobilier en région parisienne.

Au cœur de toutes les magouilles financières, il traite avec tous les directeurs administratifs et financiers ainsi que les chefs de service financiers de presque tous les départements ministériels et de certaines grandes institutions de l’Etat en ayant mis en place un véritable réseau mafieux. Très rapidement, il est devenu un des grands argentiers du régime et en particulier du KNK. Quasiment aucun marché important de l’Etat ne peut lui échapper, toujours à lui attribué, et de gré à gré.

Les règles d’attribution des marchés publics ont pourtant été formulées dans un code qui a été voté par les députés en 2010 et les décrets d’application signés par BOZIZE lui-même mais l’application de ces textes de loi est le dernier des soucis de tout ce beau monde dont la mauvaise gouvernance se mesure aussi à travers ces genres de comportement. On comprend pourquoi ils ont suspendu le règlement de la dette intérieure pour ne privilégier que les paiements des factures des membres du clan qui raflent tous les marchés d’Etat pour rétrocéder quelques parts du fromage au KNK.

Ailleurs sous d’autres cieux comme actuellement en France, la problématique des conflits d’intérêts est un question à l’ordre du jour sur la scène de la morale politique. En Centrafrique, il y a non seulement conflit évident d’intérêt mais aussi délit d’initié mais tout cela  paraît totalement normal et n’émeut personne. Les achats d'armes par divers canaux, le recrutement de mercenaires et hommes de main du pouvoir de BOZIZE suivent également les mêmes règles de fonctionnement et de prédation des ressources du Trésor.   

Comment expliquer autrement la fascination et l’appât du gain que ce système d’enrichissement mafieux exerce même sur certains expatriés, notamment français comme le cas du colonel Patrick MARCONNET, attaché de défense et chef de la mission de coopération militaire et de défense à l’ambassade de France à Bangui qui a décidé de se reconvertir comme conseiller à titre privé de BOZIZE alors qu'il a été mis à la retraite en France.

BOZIZE, en tant que président du comité de trésorerie et ordonnateur exclusif des moindres dépenses de l’Etat, est en première ligne et le principal responsable de cette mauvaise gestion des finances du pays et en particulier du trou de 49 milliards de F CFA révélé par la dernière mission du FMI dont NDOUTINGAI aurait tant aimé cacher le pré-rapport. La production des justificatifs de ces grosses sorties d’argent du Trésor que réclame le FMI ne sera pas tâche aisée pour BOZIZE et NDOUTINGAI.

Comment vont-ils aussi expliquer et justifier ce qu’ils ont fait des 8 millions de dollars US du bonus versé par Axmin/Aurafrique (5 millions en août 2010 et 3 millions en avril 2011) et qui n’ont pas été comptabilisées au compte du Trésor public à la BEAC. Qu’ont-ils fait exactement avec le reste du prêt indien qu’ils ont soigneusement omis d’en informer le ministère de l’économie et du plan, mis à part ce qui a servi à acquérir les cents autobus de SONATU ?

Rédaction C.A.P

 

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