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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 18:56

 

 

 

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Par Fleury Koursany JDB - 21/07/2011

Une justice décriée qui ne rend plus justice mais qui a accepté à son corps défendant de rendre service au détriment du droit rendu au nom du peuple centrafricain

 

Mais au nom de quel peuple cette justice «injuste» et à deux vitesses est-elle rendue en Centrafrique? La question reste tout de même posée et il fallait absolument que les acteurs de la justice que sont les magistrats et avocats dans une certaine mesure puissent étaler au grand jour les limites de leurs actions pour qu’on se rende compte que la justice centrafricaine a véritablement besoin d’un sacré coup de balai dans la fourmilière. Le Président du Conseil supérieur de la magistrature qui n’est personne d’autre que le Président de la République, acculé à tout bout de champ a fini par se rendre à l’évidence que le déshonneur qui caractérise la justice centrafricaine ne pourra plus avoir droit de cité au sein de l’appareil judiciaire. Une série de sanctions a commencé à frapper les magistrats qui sont rétrogradés par décret du président de la République pour «manquements à leurs devoirs, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité».

 Il n’en fallait pas plus pour comprendre que l’épée de Damoclès plane désormais au-dessus de la tête des magistrats et acteurs de la justice centrafricaine qui se croyaient jusque-là impunis. Mais bien plus que cela, les populations centrafricaines qui redécouvrent une nouvelle sagacité politique sous le ciel centrafricain attendent voir si véritablement ces séries de sanctions pourront infléchir les déshonneurs souvent faits à la justice par les acteurs sensés appliquer à la lettre, les lois de la République. Car si cette nouvelle forme de gouvernance devrait devenir une réalité en Centrafrique, l’on peut espérer que la justice redevienne réellement le dernier rempart du citoyen centrafricain. Reste aussi à voir si cette manière de sévir du Président du Conseil supérieur de la magistrature n’est-elle pas destinée à satisfaire des calculs très éloignés de la politique politicienne.

 7 magistrats admis à la retraite, 3 autres radiés

Ils sont 7 magistrats centrafricains à tomber sous le coup fatal du décret du président de la République Centrafricaine les appelant à faire valoir leurs droits à la retraite. Après de bons et loyaux services rendus à la nation centrafricaine, les magistrats Gueret François, Grothe Antoine, Gbokou Jacques, Faustin Gabriel Mbodou, Serge Fidele Bereau, Antoine Maradas et Eloi Limbio sont admis à faire valoir leurs droits à la retraire. Le décret les concernant a été signé ce mardi, 20 juillet 2011 par l’autorité compétente. L’article 3 de ce décret précise que les «intéressés sont soumis pendant la période de leur retraite au régime de pension applicable aux magistrats conformément aux textes en vigueur».

Alors que les 7 magistrats ci-dessus cités bénéficieront de leurs pensions de retraite, trois autres magistrats, radiés par décret du Président de la République n’y auront pas droit. Ce sont Monsieur Balezou Gloum Abel Jacquy, magistrat de 1er grade, 2ème échelon et Mesdemoiselles Psimhis Mauricette, magistrat de 2ème grade, 4ème échelon et Déjean née Yakawé Thérèse, magistrat hors hiérarchie qui sont radiés de la magistrature de l’ordre judiciaire pour abandon de poste. Ces séries de radiation, mise à la retraite et autres sanctions disciplinaires ayant frappées des magistrats font suite au Conseil disciplinaire et Conseil supérieur de la magistrature centrafricaine qui se tient depuis quelques mois dans la Capitale centrafricaine.
 

Fleury Koursany

 

Lu pour vous dans le Confident

 

UNE FOUDRE A FRAPPE LA MAGISTRATURE

« Charité bien ordonnée commence par soi-même », dit l’adage.

 

La Moralisation prônée par le ministre de la Justice et de la Moralisation, M . Firmin Findiro, commence-t-elle par le propre Corps auquel il appartient ? Tout porte à le croire car, à titre d’exemple, plusieurs magistrats de l’ordre judiciaire viennent d’être frappés de sanctions ce week-end.

Un Corps qui doit être au-dessus de tout soupçon



A la lecture de plusieurs décrets de suspension concernant uniquement les magistrats sanctionnés, le Centrafricain lambda n’en croyait pas ses oreilles. Cette fois, des cadres considérés généralement comme des ‘’ intouchables’’ n’ont pas été épargnés. Les magistrats, dans les circonscriptions où ils sont affectés, donnent l’impression aux citoyens qu’ils peuvent faire la pluie et le beau temps, profiter de l’exception de leur situation pour régler des comptes ou servir d’intermédiaires dans les règlements de comptes entre citoyens fortunés, influents et les autres justiciables. Les abus dans certaines localités sont tels que l’évocation d’une justice à deux vitesses est généralement répandue dans la société. Beaucoup de personnes ont été surprises d’apprendre que même les magistrats sont sanctionnés. Quand on observe cette classe exceptionnelle d’anciens magistrats encore en fonction, ils inspirent le respect, l’honneur et la dignité. Il est généralement rare de les voir dans les lieux publics s’afficher avec des comportements susceptibles de porter atteinte au Corps auquel ils appartiennent, qui doit être au-dessus de tout soupçon. A travers le comportement de ces magistrats et par leur dignité, on se représente la loi qu’ils sont censés faire appliquer.

 

Un comportement vulgaire et décousu


Mais cette image de la dignité et de l’honneur du magistrat a commencé, depuis quelques années, à s’effriter. Alors qu’il était rare de rencontrer des magistrats en état d’ébriété dans les lieux publics, le tabou a été rompu par la jeune génération qui estime que, malgré les règles éthiques strictes de la profession qui est la sienne, elle doit jouir pleinement de sa liberté comme les autres citoyens, sans compter avec les critiques. Au lieu d’être cette personnalité assimilée à la loi qui inspire le respect de ses concitoyens, le magistrat devient un vulgaire personnage qui, parfois dans le prétoire, se permet de faire des leçons de morale aux autres. Comment le justiciable perçoit-il cette duplicité d’homme ayant recours à un comportement vulgaire dans sa vie privée, parfois décousue, et le moralisateur chargé d’éduquer la société pour la ramener à l’ordre? Ce corps qu’est la Magistrature de l’Ordre judiciaire a des règles avec lesquelles, ceux qui y appartiennent ne doivent pas transiger. Mais comment comprendre que parfois, des magistrats rendent des visites à de grands commerçants aux langues fourchues et sortent les poches pleines d’espèces sonnantes et trébuchantes. Quand on dit que la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit et on ne crache jamais dans la main qui donne, est-on étonné d’entendre un grand homme d’affaires ou un commerçant libanais déclarer qu’il a toutes nos autorités dans sa poche ? Dès que ces corrupteurs ont affaire à un citoyen ou à un de leurs employés, ils ne cessent d’envoyer au diable le plaignant en lui demandant d’aller voir qui il veut.

 
Le règne de l’impunité est terminé

La justice à deux vitesses qui discrédite nos magistrats a été instaurée par la race de ces jeunes magistrats que le peuple a qualifiés uniquement de ‘’nguiza hio’’. Le sacerdoce que devaient exercer les magistrats à dire le droit, rien que le droit pour faire respecter la loi, s’est transformé depuis quelques temps en un commerce juteux où les jugements sont monnayés.

Des rapports accablants parviennent parfois à la hiérarchie. Mais, pour préserver l’honorabilité du Corps, les sanctions à titre d’exemple sont rarement prises, ce qui fait dire aux justiciables que les magistrats sont, non seulement intouchables, mais ils bénéficient également d’impunité. Ce 16 Juillet, par ce déluge de sanctions qui s’est abattu sur certains magistrats, ce règne de l’impunité au nom de la Moralisation dans tous les secteurs de la vie publique est définitivement terminée. Tous ceux qui s’agitent dans l’Administration et les grands corps de l’Etat savent dorénavant à quoi s’en tenir, car la récréation est terminée, comme l’a souligné le président de la République, Chef de l’Etat, le général François Bozizé, lors de son investiture le 15 mars. La foudre servira d’exemple.

U. Roy Lama Le Confident Jeudi 21 Juillet 2011

 

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