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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 03:09


bonne-annee

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AFP 28.01.10 | 13h41 - La France n'a pas d'informations sur le sort de Charles Massi, ex-ministre et chef rebelle en Centrafrique, décédé des suites de torture, selon sa famille, et souhaite que la lumière soit faite sur sa situation, a déclaré jeudi le ministère français des Affaires étrangères.

"Je n'ai pas d'informations sur la situation de Charles Massi", a déclaré lors d'un point presse le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero. "Quel que soit l'engagement politique de ce dernier, rien ne pourrait justifier qu'il ait eu à subir de mauvais traitements. La France souhaite que le gouvernement centrafricain communique toutes les informations en sa possession afin que la lumière soit faite sur la situation de Charles Massi", a-t-il ajouté.

"Les principes du dialogue politique inclusif s'imposent à tous, gouvernement, opposition légale et mouvements rebelles, comme le respect des règles démocratiques et des libertés fondamentales. Les échéances auxquelles la RCA aura à faire face cette année (processus de désarmement des groupes armés, organisation d'élections générales) doivent pouvoir se dérouler dans un environnement sécuritaire apaisé", a conclu le porte-parole.

Il y a une semaine, les autorités centrafricaines avaient démenti avoir arrêté, détenu et torturé à mort Charles Massi comme l'affirment la famille et le parti de cet ex-ministre et chef rebelle. Principal dirigeant de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), une rébellion active dans le nord-ouest du pays, Charles Massi, 57 ans, a été plusieurs fois ministre sous le régime du président Ange-Félix Patassé (1993-2003) et de l'actuel chef d'Etat, François Bozizé.


NDLR : Cette mise au point du porte parole du Quai d'Orsay fait s'effondrer ipso facto les quelques 2% de doute et d'espoir que nourrissait encore jusqu'ici Mme Denise Massi, de revoir son mari vivant. Il y a tant à dire sur la brutalité et la cruauté de la soldatesque de Bozizé. Les propos belliqueux de celui-ci dans son allocution du 31 décembre 2009 étaient suffisamment explicites pour qu'un quelconque doute soit permis sur les chances de survie de Charles Massi. "Mbi yéké dorko ala" en sango; "je vais vous dépecer" en Français. "A mbéni a yéké ti na maboko ti mbi oko na oko" en sango; "certains commencent déjà à me tomber sous la main un à un" en Français. Ce qu'il faut bien appeler l'assassinat de Massi ne peut contribuer de toute façon, bien au contraire, à "cet environnement sécuritaire apaisé" que souhaite le gouvernement français.

Faut-il rappeler qu'en recevant François Bozizé le 19 novembre 2007 à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait attiré son attention entre autre, sur la nécessité que son régime fasse impérativement des progrès dans deux domaines : celui de la lutte contre la corruption et le respect des droits de l'homme. Deux ans après, non seulement Bozizé n'a fait aucun effort dans aucun des deux secteurs précités, mais la situation a empiré. Plusieurs meurtres, tels que ceux des commissaires de police Hervy Trépassé et Daniel Sama, ont été commis dans la capitale, (le premier de nuit et le second en plein jour)  par des éléments proches de Bozizé bien identifiés. Les auteurs de ces deux crimes sont demeurés impunis à ce jour et circulent en toute liberté à Bangui.

L'exécution vraisemblable de Charles Massi par deux officiers de sa garde que sont les lieutenant Abel Dénamganai et le capitaine Vianney Semndiro, vient corser l'addition du volet violation de droits de l'homme. Au lieu de se contenter de formuler seulement des souhaits, la France doit plutôt hausser le ton de quelques crans avec un régime comme celui de Bozizé qui, après avoir tâter le terrain, a conclu qu'il pouvait sans grand risque, asseoir encore une dictature sanguinaire à la Bokassa en Centrafrique actuellement. Il est plus que temps de l'arrêter net dans cette monstrueuse tentative. Faut-il un bilan sanglant comme celui de Moussa Dadis Camara à Conakry pour interpeller les consciences ? En réalité, Bozizé et sa soldatesque, avec les massacres à grande échelle du capitaine Eugène Ngaikoisset et ses éléments à Paoua, ont même dépassé de loin le palmarès du putschiste guinéen.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique