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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 01:17


drapeau-francafricain.png

militaires-francais-en-Afrique.jpg

Source : hautetfort.com 06.03.2010 Le petit Blanquiste de Bretagne

Nicolas Sarkozy s'est rendu récemment au Gabon, pays qui a été dirigé pendant quarante et un ans par Omar Bongo - "l'ami" de tous les présidents de la République française. [1]

En confirmant, sur place, le maintien de la base militaire de Libreville, Nicolas Sarkozy a montré qu'il ne se distingue pas de ses prédécesseurs. La politique néo-coloniale française - la "Françafrique" et ses turpitudes - continue.

Cette base militaire (950 hommes actuellement) continuera donc de garantir la continuité du régime gabonais "ami" (dirigé aujourd'hui par Ali Bongo - le fils d'Omar) ainsi que la sécurité des 10.000 ressortissants et des 120 entreprises françaises opérant sur place (dont le pétrolier Total).

Cette base pourra aussi servir de point d'appui pour des interventions dans la région : le Golfe de Guinée (et son pétrole !) et les pays d'Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire, Guinée, Niger) comme d'Afrique centrale (Tchad, Centrafrique, Cameroun, les deux Congo ...).

Nicolas Sarkozy s'était engagé à associer le Parlement à l'élaboration des nouveaux accords de défense avec les pays africains. Il n'en a rien été, et les députés et sénateurs n'ont, de leur côté, pas été trop exigeants...

De fait - parmi les politiciens français - qui s'intéresse vraiment au devenir des peuples africains ?

Sur cette question, c'est le consensus : au pouvoir, la gauche comme la droite se sont livrés à la même ingérence politique et militaire qui a maintenu "nos" ex-colonies dans la sujétion et dans la misère.

 

En apparence, le nouvel accord de défense signé avec le Gabon a éliminé la clause des accords précédents qui prévoyait une intervention automatique de la France en cas de "menace" extérieure comme intérieure. Cependant, il dissimule une multitude d'accords dits "techniques" qui permettent de le contourner sans forcément engager les troupes françaises de manière directe et frontale.

Ainsi, il est prévu que la France puisse fournir des matériels de guerre, des renseignements militaires voire des "conseillers" susceptibles de planifier des opérations militaires.

De plus, le déploiement des troupes françaises restera toujours possible en prenant pour prétexte l'évacuation de ressortissants ou des opérations humanitaires.

Notre responsabilité

Beaucoup de Français aiment s'indigner contre les politiciens africains qui sont parvenus au pouvoir après les "indépendances" ; ils les voient le plus souvent comme des autocrates corrompus et les tiennent pour responsables de la misère de leurs populations.

Mais c'est trop facile et trop hypocrite !

Car, en définitive, si beaucoup de ces politiciens sont là où ils sont c'est d'abord parce que la France les y a installés et maintenus contre la volonté de leurs propres peuples.

Or, la France ce sont des gouvernements, tous élus par une majorité de Français.

Rien ne sert donc d'en appeler aux droits de l'homme et aux grands principes démocratiques. Rien ne sert de compatir avec la misère africaine et de multiplier les oeuvres caritatives.

Il faut s'attaquer aux causes de la situation, ce qui ne passe pas uniquement - peut-être pas du tout - par des élections...

Il faut faire en sorte qu'en Afrique il n'y ait plus de gouvernements français qui - EN NOTRE NOM - continuent à perpétrer une politique d'ingérence meurtrière.

Le reste n'est que diversion... confortable !

JPD

Source principale : Philippe Leymarie, "La France fidèle à la dynastie Bongo", Le Monde diplomatique, 25 février 2010.

[1] Au Gabon, le groupe de Vincent Bolloré, qui convoitait la mine de fer de Belinga, avait placé la fille d'Omar Bongo à la tête de sa filiale Gabon Mining Logistics. (Thomas Detombe, "Vincent Bolloré et la Françafrique", Le Monde diplomatique, Manière de voir n° 108)

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