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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 17:17

 

 

 

afrique

 

 

NDLR : Le débat lancé par la rédaction sur la situation en Côte d'Ivoire continue de susciter de l'intérêt. Nous publions ci-dessous une réaction d'un fidèle lecteur qui nous est parvenue et va sans doute alimenter la discussion. A vos plumes....!

 

 Le spectacle pathétique que livre aujourd’hui la Côte d’Ivoire à travers la crise post électorale est pour le moins source de déception pour les démocrates africains. Il alimente hélas la thèse erronée de tous ceux qui n’hésitent pas à proclamer urbi et orbi que ce sont les intellectuels et les politiciens qui ont retardé le développement de l’Afrique en général. En même temps il donne des arguments à ceux qui prétendent que la pratique de la démocratie est prématurée pour l’Afrique.

Le caractère fallacieux de ces  arguties ne peut empêcher de faire une analyse à froid de cette situation on ne peut plus dramatique.

                    1 – ETRE DEMOCRATE, C’EST AUSSI SAVOIR PERDRE LES ELECTIONS

Homme politique avisé, pourfendeur inlassable du parti unique, panafricaniste convaincu, le « boulanger d’Abidjan » a des qualités qui font de lui un homme d’état qui inspire respect et admiration. Mais il vient de manquer hélas l’occasion de sortir par la grande porte. On ne peut pas rouler tout le monde dans farine tout le temps. Il arrive un jour où on est pris dans son propre piège.

Comme un vulgaire malfaiteur pris en flagrant délit d’usurpation de pouvoir,  le président Laurent GBAGBO s’accroche désespérément à la branche très fragile d’un nationalisme éculé. La souveraineté nationale comme seul argument plausible pour justifier ce qu’il est convenu désormais de reconnaître comme un coup d’état constitutionnel aux conséquences gravissimes paraît, il faut l’admettre, bien dérisoire.

N’est-ce pas au nom de cette prétendue souveraineté que des dictateurs africains, de tous poils ont assassiné, torturé, emprisonné et exilé des démocrates souvent opposants à leur régime ?

L’appel à la négociation que tente timidement de lancer l’honorable Aly KOULIBALY, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire ne sera tout simplement pas audible dans ce concert tonitruant de soutien international à Monsieur Alassane DRAMANE OUATTARA. D’ailleurs que faut-il négocier ? Et avec qui ?  GBAGBO a perdu toute crédibilité, il est en position de faiblesse sur toute la ligne. On ne négocie pas avec quelqu’un qui est à terre ! Du reste son ami, par qui le scandale est arrivé, le président de la cour constitutionnelle, sera bientôt jeté sans management dans la poubelle de l’histoire. Personnellement je n’aimerai pas être à sa place.

                             2 – ALLASSANE DRAMANE OUATTARA OU LA FORCE TRANQUILLE

Quelle belle revanche pour Monsieur Alassane DRAMANE OUATTARA, plusieurs fois victime de l’ivoirité! Même si aujourd’hui il ne dispose pas de tous les leviers du pouvoir en Côte d’Ivoire, la stratégie du serpent boa qu’il tente de  mettre en place va progressivement asphyxier le camp GBAGBO. Etant donné que seule sa signature est reconnue au niveau international, il va rappeler tous les ambassadeurs nommés par GBAGBO et en désigner d’autres. C’est son gouvernement qui est seul habilité à négocier avec les bailleurs de fonds et qui représentera la côte d’Ivoire dans les instances internationales. Sans être un grand prophète, il m’est facile de prédire que le régime GBAGBO tombera bientôt comme un château de sable lorsque les fonctionnaires ne seront plus payés à la fin du mois.

A quelque chose malheur est bon, dit le proverbe. Ce qui est arrivé, en Côte d’Ivoire,  a le mérite de convaincre que la commission électorale indépendante, loin d’être un simple gadget à la tête duquel siège n’importe quel tâcheron, c’est l’instrument par excellence qui garantit la crédibilité des élections. Pourvu qu’on sache en faire bon usage. Que la certification des résultats par le représentant de la communauté internationale vienne parachever le processus électoral, c’est un bonus attendu.

                                                                            Alain LAMESSI

                                                                       Docteur en psychopathologie

                                                                                    CAFDES

                                                                      Directeur de MAS - ALSACE

 

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