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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 03:58

 

 

panneau-CEI-gros-plan.JPG

 

 

panneau-geant-CEI.JPG

Scandaleux et indécents panneaux publicitaires

de la CEI en plein centre ville de bangui PK 0

 

Les multiples controverses et les reports successifs de dates des élections présidentielles et législatives en Centrafrique sont incontestablement le reflet de l’ambiance malsaine qui prévaut dans ce pays autour du type de gestion du pouvoir mise en place par François Bozizé, faite de filouterie, de fuite en avant permanente, bref de médiocrité. Cette situation qui a prévalu avant, pendant et après les travaux du fameux Dialogue Politique Inclusif qui se sont déroulés à la fin de l’année 2008, est malheureusement en train de se reproduire à présent autour de la Commission Electorale dite Indépendante mise en place pour préparer les prochaines élections dont tout le monde reconnaît, qu’elles devraient être déterminantes pour l'avenir de ce pays dans les prochaines années.

Tant que l’on n’a pas présent à l’esprit que la pauvreté et la misère constituent l’incontournable décor de tout ce qui se passe en Centrafrique, on ne peut pas convenablement cerner certaines choses ni saisir ce qui se passe réellement au sein de la classe politique de ce pays. L’occasion des élections a toujours constitué une source d’enrichissement pour certains crève-la-faim. Le paiement de diverses indemnités et de per diem pour les travaux de préparation de ces élections attire énormément de gens et font de l’appartenance à la commission électorale un réel enjeu qui donne lieu à beaucoup de bousculade et de lutte. Comme pour le DPI, la composition de la CEI est majoritairement favorable à Bozizé. Le principe de fonctionnement par consensus rend difficile par exemple, le vote d’une motion de défiance contre Binguimalé dont la gestion tant administrative que politique est d’une totale opacité mais qui persiste à s'accrocher à la précieuse fonction.

Ce n’est pas par hasard qu’un premier groupe de représentants de l’opposition au sein de la CEI ont été convaincus de corruption et limogés. Ayant pris conscience qu’ils venaient de perdre une situation alléchante, ils ont tout fait pour offrir leurs services au pouvoir qui a ainsi compris leur faiblesse et accepté aussi pour les besoins de sa cause, de faire d’eux des experts auprès de la CEI, tout cela afin de continuer à bénéficier de per diem et de certains avantages liés à l’appartenance à la CEI. En clair, à la CEI, les préoccupations politiques sont quelque peu reléguées en arrière-plan par rapport aux questions d’argent liées aux per diem, frais de mission, véhicules de fonction, location de véhicules, attribution de marchés de toutes sortes et autres. Dans ces conditions, Bozizé et son clan sont toujours à l’affût pour éventuellement soudoyer et corrompre tous ceux qui sont susceptibles de l’être et de vendre leur âme. C’est triste à constater mais c’est hélas la réalité.

En décrochant la présidence de la CEI après un long entretien à tête à tête que Bozizé lui a accordé dans son hôtel à Roissy revenant d’un séjour en Chine, Joseph Binguimalé, un ancien chauffeur à l’ambassade de la RCA à Paris, reconverti en pasteur sans avoir mis pied dans une école biblique ni une faculté de théologie quelconque, adoubé par Bozizé, s’est brusquement retrouvé dans une situation où il doit gérer quasiment tout seul un budget de plusieurs milliards de F CFA. Cela l’a littéralement rendu fou ! Il s’est mis à attribuer de gré à gré des tas de marchés pour le compte de la CEI, à plusieurs dizaines voire de centaines de millions de F CFA à certaines personnes qui recherchaient cela depuis longtemps, moyennant sans doute de juteuses rétro-commissions à lui reverser.

Dans un pays comme la RCA aujourd’hui où la famine sévit presque partout et où plusieurs centaines de milliers d’enfants meurent chaque jour de malnutrition sévère, une commission électorale se permet de payer on ne sait à combien de millions, une indécente campagne de communication avec des panneaux publicitaires géants comme ceux implantés ces jours-ci en plein centre ville de Bangui (voir photos), afin de vanter la qualité du travail qu’effectue la CEI pour que puissent effectivement se tenir les élections. Absolument rien ne saurait justifier une telle énormité sinon la cupidité de ceux-là mêmes qui, comme Joseph Binguimalé et ses complices tel que Maxime Kazagui pour ne citer que celui-là, en mal d’argent, ont cru faire du budget de la CEI une source de leur enrichissement personnel.

De ce point de vue, on ne comprend pas pourquoi les conclusions de l’audit qui avait été ordonné depuis le 30 janvier dernier par Bozizé lui-même, ne soient toujours pas rendues publiques jusqu’à présent, si tant est qu’il ait été effectivement effectué. Se sachant bien protégé par Bozizé et bien que récusé par l’opposition, Binguimalé, affiche une insupportable attitude d’arrogance et de désinvolture. Il se cramponne fermement à son juteux poste et pour rien au monde, n’entend remettre son tablier comme l’exige l’opposition. Une chose est sûre, tant que Bozizé continuera à faire l’autiste et la sourde oreille et Binguimalé à poser des actes en son nom tout en disant que c’est au nom de la CEI, on tournera en rond et rien dans les véritables préparatifs des élections, ne progressera. L'appât du gain facile à la CEI fausse la donne et les paramètres politiques qui, même au sein de cette structure rassemblant toute la classe politique, ne devraient pas se dissiper pour autant. C'est malheureusement une situation qui permet à Bozizé de continuer à rester toujours maître du jeu alors qu'il est un candidat à sa succession comme tous ceux qui aspirent aussi légitimement  à lui succéder.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique