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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 13:37

 

 

 

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La Centrafrique, est depuis trois semaines en situation de guerre, résultant du déficit de dialogue voulu par le pouvoir. Le drame que vit le RCA aurait pu être évité si le Président Bozizé avait eu l’intelligence d’asseoir son régime sur la bonne gouvernance, s’il avait fait du dialogue le fondement de son régime. Force est de constater que depuis le fameux « sursaut patriotique » (concept imaginé par l’opposition au régime de Patassé), Le Président Bozizé a fait de l’arrogance et du mépris de l’opposition les principes cardinaux de sa politique.

 

Le Président Bozizé, dans tous ses discours en Sango (Langue nationale de Centrafrique), n’a cesse de proférer des injures à l’endroit des opposants qu’il qualifie d’ennemis de la nation à telle enseigne l’opposition a du mal à jouer son rôle d’animation de la vie politique de la nation, de proposition et de contre-pouvoir à lui concédé par la Constitution. Le bâillonnement des opposants, marqué par le refus de leur accès aux médias  publics et par l’interdiction systématique d’organiser des meetings et des manifestations, a fini par faire le  lit au mécontentement et au climat délétère ayant abouti à la situation que nous connaissons aujourd’hui. La guerre dont aucun Centrafricain ne veut est le résultat de la politique fortement tribalisée, fondée essentiellement sur la force et la brutalité.  Or une politique qui se repose sur la logique des armes ne peut mobiliser les citoyens autour des idéaux de l’unité nationale et de travail, nécessaires à tout programme de développement. Notre peuple s’enfonce de plus en plus dans la pauvreté et la misère. Ce peuple voit dans l’avancée de la rébellion SELEKA un mal nécessaire  pour se libérer de cette décennie de misère et d’oppression, et c’est dommage !

 

Le défunt Président Patassé, dans son discours au DPI en 2008, en regardant Bozizé dans les yeux, disait en substance ceci : « … vous voyez maintenant, mon petit frère, les limites des armes ! ». Il n’avait pas tors de le dire car ce qui est obtenu par les armes ne peut que créer à terme les conditions de violences par les armes. Ce qui place le dialogue et la concertation au cœur  de la vie harmonieuse .d’une nation qui veut avancer.

 

Aujourd’hui, Chaque citoyen centrafricain doit dépasser ses propres égoïsmes pour rechercher les voies et moyens pour tirer notre pays du pétrin où il se prouve par notre faute. Le Président Bozizé, doit comprendre que si nous en sommes là, c’est largement de sa faute. Il doit savoir qu’il a été pendant 10 ans l’otage de sa famille et de sa tribu et n’a écouté que les siens. Il lui appartient  d’être sincère avec les centrafricains qui ne font pas partie des siens et qui ont le droit et le devoir de participer à l’édification nationale. Il doit savoir que l’exclusion en politique est pire que la peste

 

A l’heure actuelle, nous pensons que  le dialogue vrai et sincère est incontournable pour rétablir la confiance et la concorde nationale. Le Président Bozizé ne doit pas prendre des engagements dilatoires en jouant la montre. Tout semble montrer qu’il privilégie secrètement la solution militaire alors que les moyens matériels et humains lui font défaut. Les soldats de la FOMAC, en dépit des gesticulations stupides de leurs officiers, n’iront pas se faire tuer pour sauver la tête d’un président qui n’écoute que ses courtisans pour qui sa chute signifie la fin de leurs privilèges et celle de l’impunité. Alors, il ne lui reste plus que la voie du dialogue avec tous ceux qu’il a volontairement exclus et ignorés, notamment l’Opposition démocratique,  pour trouver par consensus ce qui est bon pour notre pays. L’intérêt supérieur de notre peuple doit nous guider tous et la volonté de vivre ensemble aussi. C’est pourquoi, ce qui ressemble à la chasse à l’homme, contre des membres certaines ethnies de notre pays, qui se déroule en ce moment à Bangui et ailleurs en Centrafrique est à la fois irresponsable, absurde, et de nature à diviser un peu plus les Centrafricains et doit être dénoncé absolument. La violence engendre la violence. Il faut absolument sortir de ce cercle vicieux. La clé de la sortie de crise est entre ses mains. Sa crédibilité et son avenir politique se jouent au fil dès maintenant. Sinon Bozizé doit en tirer toutes les conséquences !

 

Mboutoundou adou so ndou !

 

Dr MAÏTART Djim-Arem

Président de L’UDPP

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion