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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 01:43

 

 

A C cemac

 


(Mwinda 09/06/2010)



Toujours pas de poursuites en vue après le gros scandale des détournements révélés au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).

 Les chefs d’Etat d’Afrique centrale réunis à Brazzaville les 6 et 7 juin ont préféré passer, comme d'habitude, leur temps à s'occuper de leurs sujets préférés, ceux qui n’aboutissent pas depuis des années, mais qu'ils considèrent pourtant comme l'urgence : l’intégration sous-régionale (une coquille presque vide car, par exemple, le commerce intra-régional ne dépasserait pas 5% du commerce extérieur des pays membres), la mise en circulation d’un passeport commun (il y a une quasi absence d'infrastructures de communications, ce qui freine la mobilité des biens et des personnes dans la région) et d'un vieux serpent de mer à savoir le projet de création d'une compagnie aérienne régionale, « Air ça marche pas », pardon Air Cemac.

L’impunité donc semble avoir été assurée aux responsables des détournements qu’une enquête interne à la banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) avait pourtant révélés. Plus de 16 milliards de FCFA (25 millions d’euros évaporés au bas mot) engloutis dans des poches privées. Bien entendu il ne fallait surtout pas attendre que ce soit à Brazzaville, au royaume de l’impunité que l'abcès allait être crevé (1). Les suspects peuvent dormir tranquilles : les voleurs et les corrompus à la tête de nos Etats ne poursuivront jamais ceux qui les imitent, de la même façon que les hyènes ne mangent pas les chacals. Pour noyer l'omerta (loi du silence dans les cercles mafieux) ambiante, et s'agissant de la seule institution à peu près visible de la CEMAC M. Sassou, en grand monétariste reconnu dans tous les cénacles financiers de la planète ne s'est pourtant pas gêné pour pérorer : « La monnaie est la base de l'économie. Rien de ce qui la touche ne peut être livré à l'aléatoire et au laxisme » a-t-il professé, ajoutant sans rire : « Aujourd'hui nous devons aller plus loin dans notre volonté partagée d'assainir le climat général au sein de la BEAC pour que notre effort collectif ne soit pas compromis ».

De fait, comme il fallait bien que MM. Sassou, Biya, Déby, Obiang Nguema et les autres (Bozizé, Ali Bongo) s’occupent un peu ils ont quand même dressé le constat des dysfonctionnements au sein de l'organisation. Une grande découverte. Le remède prescrit : le partage des postes à la BEAC entre pays membres, selon une rotation qu’on croyait réglée en janvier dernier à Bangui lors du 10è sommet, avec la mise en cause du « consensus de Fort Lamy ».

On le voit donc bien : rien de nouveau sous le soleil de la CEMAC lors du dernier sommet de Brazzaville, à part la présence remarquée de Chantal Biya, robe rouge et crinière au vent (2).

Disons-le tout net : les chefs d’Etat de l’Afrique centrale, des hommes encroûtés au pouvoir depuis des décennies sont les plus sûrs garants de la balkanisation et de la stagnation de l’Afrique centrale. Depuis des années, à l'inverse de leurs homologues de la CEDEAO, ils font du surplace et on peut être sûr qu'avec eux rien ne changera, la sous-région volant d’échec en échec. D’ailleurs les populations concernées - la CEMAC ne change absolument rien à leur vie quotidienne - sont depuis longtemps indifférentes à ce machin dont elles ignorent du reste jusqu'à l'existence. Et ce n'est pas le parlement communautaire mis en place en avril dernier à l'insu de tous qui rendra l'institution plus visible et plus efficace !

Langangui

(1) Selon notre confrère camerounais Quotidienmutation.info c'est " Denis Sassou Nguesso qui semble fermement opposé à toute idée de poursuites judiciaires qui s’assimilerait selon ses proches, à une chasse aux sorcières ". Ce sont les Congolais qui en seront les premiers surpris...

(2) « On va venir ! On va venir ! » aurait lancé cette dernière au couple présidentiel congolais par le passé en réponse au « Monsieur qui ne va jamais chez les gens, vous êtes satisfait » sorti de la bouche de Sassou parlant de Biya. Promesse tenue donc. C'est Antou qui doit être heureuse.

© Copyright Mwinda

 

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