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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 03:52

 

 

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Au cours de la réunion du 19 octobre 2010 qu’il a convoquée au Palais de la Renaissance afin de faire le point de l’évolution du processus électoral, le président Bozizé avait clairement exprimé son refus d’appliquer l’arrêt du Conseil d’Etat du 28 septembre dernier sur le découpage des circonscriptions aux législatives. Au passage, il avait accusé le Conseil d’Etat d’avoir outrepassé ses prérogatives et traité ses membres d’être des criminels. Lors de la réunion du 15 novembre, il a réitéré son refus de se soumettre et de respecter l’arrêt du Conseil d’Etat, quitte à se faire traiter de tous les noms. Pour lui, il ne fait aucun doute que cette institution est de connivence et roule pour l’opposition.  

Avec les deux nominations de magistrats, l’une de François Nanaré dont l’épouse est déjà membre de la Cour constitutionnelle comme président du Conseil d’Etat et l’autre, de Salomon Feiganazoui en tant que président du Tribunal administratif, qu’il vient de faire par décret publiés le mardi 23 novembre, on se rend bien compte que non seulement Bozizé est  bien conscient des fâcheuses conséquences de ses multiples violations de la loi, en l’occurrence le code électoral, mais plus que jamais, le critère tribal occupe dorénavant une place de prédilection dans les nominations auxquelles il vient de procéder. De toute évidence,  il s’agit pour lui d’opérer un repli clair et net sur l’ethnie Gbaya, la sienne, et croit fermement que c’est bien en son sein qu’il doit désormais compter et asseoir sa politique afin de se donner les meilleures chances de se succéder à lui-même.

A l’instar de la Cour constitutionnelle qu’il a fait plier après avoir engagé avec ses membres un bras de fer de près de huit mois où il a même fait fermer leur siège et suspendu leurs salaires au sujet de l’affaire TOTAL et qui est définitivement acquise à sa cause dorénavant, Bozizé tient aussi à exercer une mainmise totale sur l’appareil judiciaire pour qu’il soit parfaitement à ses bottes, d’où la nomination à la tête du Conseil d’Etat de François Nanaré qui avait déjà occupé ses mêmes fonctions du temps de l’ex-président Patassé et qui n’y a pas laissé que de bons souvenirs, tellement il aimait lever le coude. Bozizé compte donc sur lui pour ne plus être embêté avec des annulations de décrets et autres arrêts du genre celui du 28 septembre sur le découpage électoral. On prendra la mesure de l’indépendance du Conseil d’Etat et son nouveau président Nanaré à travers la requête en annulation que l’opposition vient encore de lui adresser il y a une dizaine de jours concernant toujours le découpage électoral.

On le voit, avec ces diverses et récentes nominations aux relents tribalistes manifestes, Bozizé pousse petit à petit ses pions sur le damier et tente de verrouiller la scène politique et judiciaire à moins de  deux mois des élections présidentielles et législatives prévues pour le 23 janvier 2011. Depuis son coup d’Etat du 15 mars 2003, il a placé son parent Firmin Feindiro en service commandé à la tête du parquet du Tribunal de grande instance de Bangui. A la tête de la Cour constitutionnelle, c’est également son cousin Marcel Malonga qui y trône avec les dégâts auxquels on ne cesse d’assister depuis lors. Le zèle et l’obséquiosité avec lesquels la Cour constitutionnelle a traité en mai dernier le dossier du projet de loi constitutionnel visant à prolonger le mandat de Bozizé qui arrivait à expiration en est une illustration. Il en de même de plusieurs juridictions de tout l’appareil judiciaire de la République centrafricaine tant à Bangui qu’en province, complètement inféodé au pouvoir exécutif et particulièrement au pouvoir personnel bozizéen. Tout cela suffira-t-il à lui assurer une seconde victoire électorale ? Il est fortement permis d’en douter.  

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique