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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 01:08

 

 

 

 

 

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« …Nous saurons méditer vos leçons ! « dixit Abdou Diouf, ancien président du Sénégal.

Ils ont voulu le faire et ils l’ont fait d’une manière claire et sans ambages. Bravo Macky Sall ! Bravo au M23 ! Bravo pour le Sénégal ! Bravo pour l’Afrique !

Ils, ce sont bien entendu les treize candidats membres du Mouvement des forces vives du 23 juin (M23) qui ont su avec humilité et audace enterré leurs haches de guerre pour ne retenir que l’essentiel, à savoir le départ du président Abdoulaye WADE. L’homme par lequel la seconde alternance générationnelle de l’histoire du pays n’a pas failli avoir lieu. Les veines et présomptueuses tentatives de ce nonagénaire gâteux pour réformer la constitution afin de rester au pouvoir, mieux encore pour le céder par la suite à son rejeton de fils ont fini par mobiliser toute l’opposition contre lui. Les Sénégalais lui ont répondu de la manière la plus intelligente qui soit c'est-à-dire par les urnes qu’ils n’étaient pas des nigauds et autres simplets d’esprit mais qu’ils étaient éduqués et doués de raison. Sitôt, ce sont près de 70% des suffrages qui se sont exprimés pour Macky Sall contre environ 30% pour  le président sortant.

Malgré le coup de téléphone du perdant pour féliciter le vainqueur, Abdoulaye Wade restera à jamais pour les sénégalais, les africains et le monde entier celui qui a voulu forcer le destin en essayant de faire un coup d’état constitutionnel. C’est un message fort que les sénégalais ont envoyé à travers le résultat de ces élections à tous les apprentis prestidigitateurs qui s’amusent dorénavant à retoucher à la constitution de leur pays respectif.

C’est aussi et également un véritable camouflet pour le fondateur du Sopi « le changement en wolof ». Celui-ci sort finalement d’une manière éhontée par la petite porte au bout d’une quarantaine d’années de vie politique. La thèse de la participation à cette élection défendue par les candidats  Niasse, Tanor, Idy et Macky ont prévalue en fin de compte à celle du boycott prônée par les neufs autres membres du M23.

Désormais à côté du Botswana, du Ghana, de l’Afrique du sud, on peut parler de l’école sénégalaise en matière de démocratie et d’alternance politique. Seul, le Mali jusque là exemplaire a été hélas rattrapé récemment par le démon des coups d’état.

Un cas d’école à méditer par toute l’opposition démocratique centrafricaine.

Les faits sont têtus et l’actualité toute brûlante avec l’élection de Macky Sall au Sénégal nous en donne une fois de plus la preuve indiscutable. Ensemble nous sommes forts et séparément nous sommes faibles. Les dictateurs ne sont forts que parce que nous sommes divisés. Une vérité que nos leaders politiques n’ont pas encore intégrée dans leurs stratégies. Nous l’avions dit de toutes nos forces avant et pendant le dialogue politique inclusif de 2008. Nous avions poussé et encourager nos différents leaders à ne parler que d’une seule et même voie afin de faire reculer le régime. Malheureusement chaque leader de l’opposition démocratique même les candidats les plus insignifiants en termes de notoriété croyaient  que leur heure était arrivée. Ils ont préféré phagocyter le processus pouvant apporter un changement réel dans notre pays. Ces leaders ont négocié nuitamment à la grande surprise du régime pourtant en mauvaise posture soit un poste de premier ministre soit un maroquin. Nous l’avions réitéré en vain par la suite à la veille de la dernière élection présidentielle. Ils  sont allés malgré tout  en ordre dispersé pour finalement échouer gaillardement. Ensuite, ils ont  revendiqué le tout dans une sorte de Front pour l’Annulation des Elections assez discutable qui pourrait avoir un sens au lendemain des élections mais qui n’a plus sa raison d’être aujourd’hui en rapport au double langage véhiculé. A qui la faute ?

Désormais avec ce qui vient de se passer au Sénégal, l’opposition démocratique centrafricaine  peut-elle encore dire qu’elle ne savait pas qu’il fallait faire front commun pour combattre le régime kleptocratique de Bangui afin de sauver le Centrafrique du chaos ?

 

Franck SARAGBA

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