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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 11:39





(La Nouvelle Expression 08/12/2009)

 Enseignant à l’université de Yaoundé II et directeur du Centre d’études stratégiques pour la promotion de la paix et du développement (Caped), ce politologue dégage les enjeux sécuritaires de la visite de François Bozize au Cameroun.

Dans quelle mesure les enjeux sécuritaires peuvent-ils justifier la visite au Cameroun de François Bozize ?

Le dialogue politique centrafricain n’ayant pas apporté la paix escomptée, la RCA connaît encore une situation sécuritaire très fragile. Il y a seulement quelques jours, une faction armée hostile au pouvoir a pris le contrôle d’une ville pendant plusieurs heures. La position équilibrée de Yaoundé dans les conflits armés à répétition en RCA vaut, depuis quelque temps déjà, au Cameroun de commander la force internationale chargée de ramener la paix entre Centrafricains.

La RCA est un pays continental, pratiquement tous ses échanges économiques avec l’extérieur se font à partir du port de Douala. En clair, l’économie de ce pays est dépendante du port de Douala. Ces échanges entre le Cameroun et la RCA sont régulièrement entravés par les activités des coupeurs de route qui sèment la terreur aux alentours des frontières entre les deux pays. A partir de ces deux éléments, il est probable que, outre les questions économiques relatives à la situation de la Beac et d’autres, les questions sécuritaires aient motivé la visite du président centrafricain.

Le président centrafricain arrive à Yaoundé quelques semaines seulement après son homologue tchadien. Or, le Cameroun, le Tchad et la Centrafrique partagent des frontières aux menées insécuritaires. Quel est l’état de préoccupation pour ces trois Etats et partant de l’Afrique centrale ?

La porosité des frontières entre ces trois pays combinée à la situation politique et militaire en RCA et au Tchad est un important facteur d’insécurité. La préoccupation commune aux trois pays est relative aux phénomènes de coupeurs de route qui pénalise les échanges économiques et la libre circulation. L’importance de ce phénomène a fait dire à certains observateurs que la frontière entre ces pays constitue un triangle de la mort.

Sa persistance est une véritable préoccupation pour toute l‘Afrique centrale, car il est à la fois la conséquence et la cause de l’instabilité politique que connaissent depuis des décennies le Tchad et la RCA. Il y a quelque temps, le Cameroun pouvait marquer une certaine indifférence face à son développement. Cependant, la multiplication des prises d’otages dans les villages camerounais le long des frontières et la fébrilité politique que connaît le pays à l’approche de la présidentielle de 2011, dont certains pensent qu’elle est précédée d’une purge politique au sein du parti au pouvoir, rendent encore plus préoccupant le phénomène de coupeurs de routes dans les trois capitales.

Les spécialistes avancent que le Cameroun n’est pas à l’abri du développement de cette insécurité. Cela peut-il justifier l’engagement des autorités camerounaises auprès des deux pays voisins ?

Effectivement, au regard de ce qui précède, le Cameroun n’est pas à l’abri de cette insécurité. Pour des raisons politiques qu’expliquent les rivalités au sein du parti au pouvoir et qui ont commencé à faire des victimes (voir le sort réel ou supposé réservé aux membres de la nébuleuse du G.11) et eu égard aux vexations multiples dont sont victimes les populations camerounaises, l’engagement des autorités camerounaises aux côtés de la RCA et du Tchad est plutôt compréhensif.

Il est clair que l’Afrique centrale seule ne peut pas combattre cette insécurité. Que peut-elle attendre des acteurs internationaux ?

La richesse du Cameroun, de la RCA et du Tchad en matières premières diverses, qu’exploitent plusieurs grandes puissances (l’exploitation pétrolière entre Doba et Kribi, exploitations forestière et minière etc.) et les risques de propagation de la violence dans l’Afrique centrale font obligation aux acteurs internationaux de se sentir concernés par les problèmes sécuritaires des trois pays. Cependant, il revient d’abord aux dirigeants de ces trois pays de résoudre en profondeur ces problèmes qui, pour l’essentiel, ont des causes politiques.

par Christophe Mvondo

© Copyright La Nouvelle Expression

 

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