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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 02:10

 

 

 

 

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Journal de Bangui 15/06/2011 JDB

C’est par des barricades et des pneus tranchants que les populations du 5ème Arrondissement de Bangui sont sorties de leurs maisonnées

Ils ont revendiqué ce mardi, 14 juin 2011 l’eau et l’électricité devenues une denrée de luxe depuis plus d’une semaine dans leur localité. «Trop c’est trop», déclarent les jeunes du 5ème Arrondissement de Bangui qui sont obligés de prendre le contrôle de la rue pour faire entendre raison aux autorités centrafricaines. Tout a commencé au niveau du quartier Sara aux abords de l’Avenue de France dans la petite matinée du 14 juin 2011. Des pneus, des morceaux de bois, de fer, des vieilles carcasses de véhicules ont été exposés par des jeunes désabusés du coin qui entendent ainsi interpeller le gouvernement sur la nécessité de résoudre au plus vite le problème d’accès à l’eau et l’électricité dans cet Arrondissement quelque peu oublié depuis une semaine. A telle enseigne que les populations sont parfois obligées de parcourir des kilomètres pour se procurer cette denrée essentielle à la vie. «L’eau c’est la vie à-t-on coutume d’entendre dire les autorités centrafricaines mais en réalité, la Sodeca (Société de distribution des Eaux en Centrafrique) est en train de nous tuer à petit feu puisqu’elle nous prive de cette eau qui est vie», nous raconte Junior, un étudiant en Anthropologie qui a accepté prendre part aux manifestations.

Comme une trainée de poudre, la nouvelle est parvenue de l’autre côté de l’Avenue Koudoukou où les mêmes problèmes d’eau et d’électricité ont été enregistrés depuis plus d’une semaine. Immédiatement et par l’effet d’entrainement, les jeunes se sont aussi joints au mouvement en barricadant la voie qui mène au KM5 et des pneus ont été brulés au niveau du pont «Saye voir». Conséquence immédiate, des crépitements de balles en provenance du Commissariat du 5ème Arrondissement pour dissuader les jeunes manifestants à libérer la voie publique. Mais, déterminés qu’ils sont, les jeunes ont refusé d’obtempérer et exigent que l’eau et l’électricité soient reconduites dans leur arrondissement.

Pour ce qui est de la Sodeca, par un communiqué rendu public il y a quelques jours, les responsables de cette société justifient ce énième problème d’eau par le fait que des voleurs se sont accaparées de trois panneaux solaires installées sur la station de pompage d’eau. Ce qui met la société dans des difficultés d’approvisionnement en eau potable, certains Arrondissements de la Capitale centrafricaine. Du côté de l’Enerca (Energie Centrafricaine), certains responsables contactés à cet effet se sont déclinés, se contentant seulement de signifier «qu’il faut comprendre que la société a des difficultés et qu’elle n’est pas en mesure de fournir l’électricité à tout le monde».

Mais au 5ème arrondissement de Bangui, on ne comprend pas que l’électricité puisse être coupée dans les maisons d’habitation, les commerces et autres structures ralentissant ainsi les activités économiques dans la zone alors que même à 12 heures du matin, les lampadaires publiques sont encore allumés. «Ils nous envoient l’électricité quand ils sont de bonne humeur et souvent pour une heure seulement par jour. Mais à la fin du mois, les factures de consommation de quel courant je ne sais arrivent à la maison. Quand tu refuses de payer, ils sont les premiers à venir te couper. On est dans quel pays comme ça», déclare Jules, un fonctionnaire du coin qui s’est joint au mouvement de protestation des jeunes de son Arrondissement. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, des petites structures de recharge des appareils téléphoniques inondent les abords des Avenues de France et Koudoukou.

Avec des groupes électrogènes et des multiprises, on se fait de l’argent tant un appareil étant rechargé à 150 Fcfa. «Franchement, je souhaite que cette situation perdure car ça nous rapporte autant d’argent», nous confie Yannick qui a eu plus d’une dizaine d’appareils à charger pour la seule matinée du 14 juin 2011.


Par Fleury Koursany - 14/06/2011

© Copyright Journal de Bangui

 

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