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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 21:54

par Jean-Pierre MARA

 

 

 

 

JP Mara-copie-1

 

 

La RCA se trouve-t-elle à la croisé de son histoire de descente vers la régression  c'est-à-dire dire vers moins l’infinie ? Comment peut-on développer notre pays la RCA sans Energie (ENERCA) sans eau potable (SODECA), sans Téléphone Fixe et sans Fax (SOCATEL) ?

 

Il y a un fort potentiel humain centrafricain avec beaucoup d’expériences à travers le monde, pourtant la politique de brutalité engagée par le pouvoir depuis 2003 envers certaine catégorie de citoyens centrafricains empêche l’éclosion de ce potentiel. Le refus de la médiocrité adopté par ce groupe de Centrafricain ne doit pas empêcher une utilisation rationnelle de cette force qui est susceptible de se mettre au service de la nation, répandu entre Libreville, Dakar, Marrakech, Paris, Baltimore,  New York, etc... En effet, on peut convaincre cette catégorie de Centrafricain par la tolérance et l’écoute dans le souci de bâtir la RCA par l’effort des Centrafricains de tous bords, si d’aventure la volonté de construire le pays était une préoccupation du pouvoir.  D’où la question, qui veut bâtir la RCA ?

 

L’expérience Centrafricaine et les leçons à tirer du passé nous apprennent que notre nation ne peut se bâtir par la brutalité militaire à l’encontre de ceux qui ne sont pas de l’avis du pouvoir. On ne peut pas bâtir notre pays par la division, par le rejet des idées provenant des opposants, ou encore par des pratiques rétrogrades érigées en mode de gouvernance économique et politique.

 

En affirmant être opposant politique en non un ennemi du régime,  je pense qu’il est utile de rappeler aux adeptes de l’exécutif qu’il est possible de se rende à l’évidence des dangers que représentent ces pratiques suicidaires d’exclusion tant sur le plan politique qu’économique. Aucun parti en RCA n’a la potentialité humaine de résoudre à seul tous les problèmes de notre pays. Dès lors, pourquoi continuer à penser que notre salut et notre développement viendra exclusivement de l’aide et son utilisation par une classe de personne dévouées? Je pense plutôt qu’il faille associer l’aide internationale à une ressource humaine locale critique venant de tous bords politiques si on veut exploiter cette aide pour le bien-être de notre société. Sans cette démarche, nos Présidents irons toujours mourir dans des hôpitaux étrangers, ou encore reviendrons mourir pauvre en RCA après une malheureuse expérience d’exil politique dans des pays qu’ils ont cru être un lieu de prédilection pour les dépôts de ressources frauduleuses.

 

Avec cette réalité, on se demande pourquoi vouloir exclure la vraie opposition politique pour privilégier la fabrication de toute pièce d’une opposition supposée  être docile aux ordres d’une pensée unique, situation qui finira par ne pas s’avérer bénéfique pour leurs auteurs? 

 

Revenons sur la question qui nous préoccupe : en matière de stratégie d’infrastructures, la classe dirigeante actuellement au pouvoir a misé sur les groupes électrogènes pour résoudre par exemple les problèmes de carence en électricité nécessaire pour les rares usines qui existent sur la place comme MOCAF, SOCACIG, voir pour le petit commerce et encore pour les autres secteurs d’activités économiques dont l’exercice.  Ainsi, au lieu de lancer un vrai programme de rénovation des infrastructures énergétiques, le pouvoir a préféré la politique de l’autruche pour ne pas voir les limites dans la gestion de l’ENERCA. 

 

Or il était possible, de laisser les aspirations de prédation et négocier franchement avec certaines institutions une remise en état des infrastructures techniques de BOALI sur propres financement. Or les prédateurs ont plutôt visé des pots de vins très élevés pour finalement aboutir à la non réalisations de ces projets de remise en état. Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence qu’il est impossible de tenir une usine, un  atelier ou un commerce dans un quartier ou l’électricité est disponible entre 1h et 6h du matin, sachant que le prix du carburant ne permet aucunement d’utiliser un groupe électrogène pour des activités commerciales dans la journée.

 

Les infrastructures techniques et en tête celles de la télécommunication et celles de l’électricité constituent l’épine dorsale des activités économiques de tous les pays du monde sauf celle de la RCA.  Que peut faire un homme d’affaire dans un pays ou l’électricité, le téléphone fixe ou le fax ont un fonctionnement limité. Dans un pays ou le haut débit n’existe que de nom, on ne peut pas installer la Télé médecine, l’enseignement à distance et on ne peut pas vulgariser Internet  nouvel outil d’information rapide pour toute activité économique. L’idée de la fibre optique reliant les pays à l’autoroute haut débit des communications électroniques est en marche dans presque tous les pays africains, alors qu’elle est morte en Centrafrique. Presque tous nos voisins ont accès au bouquet Télévisuel qui montre ainsi le degré de développement de leur pays. Les Centrafricains quant à eux, ne connaissent pas la Télévision sur les bouquets proposés pour donner une idée de la vie dans ces pays.

 

Comme le dirait l’autre observateur, mis à part les multiples poses de premières pierres et les effets d’annonce, il n’ y a aucun investissement publique digne de ce nomen RCA. Tous les jours, on nous fait croire que l’ENERCA, la SODECA, la SOCATEL, la Radio et la Télévision seront bientôt opérationnels. Mais la triste réalité est qu’aucune infrastructure technique digne de ce nom ne fonctionne réellement en RCA depuis 2003. Quel bilan peut-il faire notre fierté de Centrafricain en matière d’infrastructures ? Les feux rouges qui ne fonctionnent plus  dans Bangui? J’en ai vu quand j’étais petit au Lycée. L’aéroport de Bangui ? J’en ai honte chaque fois que mes collègues font des commentaires de leurs derniers voyages au pays de Boganda et Bokassa. 

 

La situation est tellement préoccupante, à tel enseigne qu’on a le droit de demander  au pouvoir quand compte t-il résoudre ces problèmes maintenant que l’opposition politique ne plus être tenue responsable du blocage politique.

 

Quelle est la situation économique de la République Centrafricaine aujourd’hui 6 mois après la mascarade électorale avec les fraudes organisées?

Avons-nous un programme de sortie de la pauvreté ? Si oui, merci d’en faire preuve. Tout comme avant les échéances mal organisés de janvier 2011, il ya comme toujours trois (3) sources de financement de la vie de l’Etat avec 30 ministères pour une population actives de 25 000 fonctionnaires :

 

1-Les redevances des mines

2-Les taxes et redevances douanières

3-L’aide latérale, bilatérale ou internationale

 

Et en attendant, nous lisons tous les jours les mêmes informations partout :

Vie chère, pas d’électricité dans Bangui, pas d’eau potable dans Bangui, pont cassé ici, pont cassé là bas,  un seul repas par jour, chômage des jeunes, bref tous les maux qui font  d’un Etat un pays pauvre. Alors, il faut se demander pourquoi un Etat qui est riche en matières premières, qui a des diamants, du bois, de l’Uranium et de surcroit est situé dans une zone de bonne pluviométrie n’arrive pas à créer de la richesse ?

 

Dans un monde ou les Télécoms constituent la source de revenues conséquentes, on nous apprend que l’existence de deux des cinq opérateurs de téléphonie mobile ainsi que celle de leur employés sont menacées à cause des charges très élevés dues essentiellement à l’alimentation en gazoil des pylônes des opérateurs de téléphonie cellulaires, l’économie Centrafricaine se trouve nulle part dans l’anale des performances économiques africaines. La sous performance des infrastructures de la téléphonie fixe, ne permet en aucun cas à l’opérateur historique de prendre valablement la relève. Donc une faillite des opérateurs de cellulaires en RCA est une catastrophe pour le monde du travail en RCA et tout cela à cause de la mauvaise gestion de l’ENERCA !

 

Au Gouvernement, à  la SOCATEL et au Ministère de la Poste et des Nouvelles Technologies (quelle Techno ?) de nous dire que devient le projet de la fibre optique sensé ouvrir la RCA au monde du transport de l’information et des transactions financières.  La création d’emploi pour au moins 10.000 personnes est possible en RCA rien que par l’existence de cette technologie de transport de l’information. La pose de la fibre optique peut faire  revivre le secteur le privé et les services et peut-être le point de départ de nouvelles activités bancaires, financières et autres.  OU en sommes-nous avec la fibre optique?

 

La relance de l’économie centrafricaine est possible par la création de 10.000 emplois juste par la remise en état des infrastructures de télécommunication fixe avec la fibre optique,  dans les transports, dans la construction et dans l’électricité.  Des Centrafricains pour concevoir ces projets de relance sont présents et par milliers à travers le monde.

Il me semble que des solutions pour la création d’emploi, pour la lutte contre le chômage des jeunes, pour le pouvoir d’achat de la population ou pour l’amélioration de la vie des paysans, des agriculteurs et des éleveurs sont possibles.

 

Question finale : quel est l’avenir de la République Centrafricaine au vue des pronostiques de faillite ou des réductions d’activités par les opérateurs de téléphonie mobile suite aux difficultés d’accès à l’internationale et d’alimentation en énergie ?

 

La solution est simple : relance effective de l’ENERCA, de la SOCATEL et des secteurs de services associés notamment la poste, la fibre optique, l’internet suivi d’un bon approvisionnement énergétique(ENERCA): 10.000 emplois seront ainsi immédiatement possibles d’être créés.

  

La démarche pour cette relance réside dans notre capacité à penser politiquement les stratégies. En effet notre génie à penser ces solutions qui fonctionnent ailleurs (ici je pense aux autres pays africains) est de mise.  Mais qui peut favoriser cette démarche à part la politique?

 

Pour ce qui concerne le financement de ces idées, il faut cesser la prédation, l’égocentrisme et l’exclusion. Il faut régional, global et future. C’est possible si nous en sommes politiquement capables. Et pour finir, reprendre les idées, ne sert à rien ! Les copier  non plus ! Il faut faire appel aux hommes compétents qui sont à l’origine des idées exceptionnelles. Le monde change, la politique doit aussi s’adapter au changement.

 

Paris le 6 Juin 2011,

 

 

Jean-Pierre MARA

 

Ingénieur en Télécommunication

 

 

NDLR : Jean-Pierre Mara était candidat aux dernières élections législatives à Mala et avait été violemment agressé par le candidat du KNK avec le soutien et la complicité du commandant de brigade de gendarmerie du coin qui battait ouvertement campagne pour le KNK. Il est responsable fédéral du CRPS en France et également membre de la direction du Collectif pour l'Alternance Démocratique (CAD)   

 

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