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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 01:16


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      général François Bozizé

 

AFP - le 19 février 2010, 13h24

En dix ans, une quinzaine de coups d'Etat et renversements de régime ont eu lieu en Afrique:

- 9 avr 1999 - NIGER: Ibrahim Baré Maïnassara tué par des éléments de la garde présidentielle, dirigée par Daouda Mallam Wanké.

- 30 avr 1999 - COMORES: L'armée dirigée par son chef d'état-major, Azali Assoumani, prend le pouvoir.

- 7 mai 1999 - GUINEE-BISSAU: Joao Bernardo Vieira est renversé par une junte en rébellion depuis 1998 dirigée par Ansumane Mané.

- 24 déc 1999 - COTE D'IVOIRE: Une mutinerie de soldats se transforme en coup d'Etat, le premier du pays. Robert Gueï annonce la destitution du président Henri Konan Bédié.

- 15 mars 2003 - CENTRAFRIQUE: Ange-Félix Patassé, au pouvoir depuis 1993, renversé par le général François Bozizé, entré en rébellion fin 2001.

- 16 juil 2003 - SAO TOME ET PRINCIPE: Bref coup d'Etat dirigé par Fernando Pereira en l'absence du président Fradique de Menezes. Grâce à une médiation internationale, celui-ci reprend ses fonctions le 23.

- 11 août 2003 - LIBERIA: Charles Taylor contraint de quitter le pouvoir sous la pression de la communauté internationale et d'une rébellion.

- 14 sept 2003 - GUINEE-BISSAU: Kumba Yala renversé par une junte dirigée par Verissimo Correia Seabra, tué un an plus tard lors d'une attaque contre le QG de l'armée.

- 3 août 2005 - MAURITANIE: Une junte renverse le régime de Maaouyia Ould Taya.

- 6 août 2008 - MAURITANIE: Le président élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi renversé par une junte dirigée par Mohamed Ould Abdel Aziz.

- 23 déc 2008 - GUINEE: Une junte dirigée par Moussa Dadis Camara prend le pouvoir quelques heures après l'annonce de la mort du président Lansana Conté.

- 2 mars 2009 - GUINEE-BISSAU: Le président Joao Bernardo Vieira est tué par des militaires à Bissau, quelques heures après l'assassinat du chef d'état-major de l'armée. Le président de l'Assemblée nationale Raimundo Pereira prête serment comme chef d'Etat par intérim.

- 17 mars 2009 - MADAGASCAR - Le président Marc Ravalomanana, lâché par l'armée, est contraint de démissionner en transférant les pleins pouvoirs à un directoire militaire, qui les remet à Andry Rajoelina. Les Occidentaux condamnent ce qu'ils considèrent comme un "coup d'Etat".

- 18 fév 2010 - NIGER - L'armée prend le pouvoir, déposant le président Mamadou Tandja et déclarant le gouvernement "dissous".



Après le renversement du président nigérien, l’Afrique des coups d’État

Liberté-algerie.com Samedi 20 Février 2010

En dépit des sanctions appliquées dorénavant par l’Union africaine et la communauté internationale aux pays dans lesquels on recourt aux coups d’État pour prendre le pouvoir, il ne se passe pas un an sans qu’un président soit renversé par la force sur le continent africain.

Alors que la situation est encore floue en Guinée après le coup d’État du capitaine Dadis Camara, qui a pris le pouvoir le 23 décembre 2008 par la force au lendemain du décès du président Lansana Conté, l’Afrique a enregistré un nouveau coup d’État, jeudi, au Niger. Mamadou Tandja, qui s’accrochait à son poste après deux mandats, a été renversé par l’armée, laquelle annonce avoir pour objectif de rétablir la démocratie dans le pays. C’est toujours l’argument avancé par les putschistes pour justifier leur action, et cela depuis le premier coup d’État sur le continent en 1952, lorsque Mohamed Neguib a évincé le roi Farouk 1er en Égypte. Ce fut ensuite une succession de putschs, qui n’épargnèrent pratiquement aucun pays africain.

Les plus célèbres sont ceux de Mouammar Kadhafi le 1er septembre 1969 en Libye, de Houari Boumediene en 1965 destituant Ahmed Ben Bella, de Mobutu Sese Séko la même année au Zaïre (actuel RD Congo) et de Jean Bédel Bokassa en Centrafrique une année plus tard. L’on citera également les coups d’État de Moussa Traoré qui a renversé Modibo Keïta au Mali en 1968, ainsi que celui du général Idi Amin Dada qui a déposé Milton Obote en Ouganda en 1971. Il y a lieu de signaler que le Sénégal, où s’est instauré une tradition démocratique après l’exemple donné par le premier chef d’État, Léopold Sédar Senghor, lequel avait démissionné de ses fonctions avant la fin de son cinquième mandat en décembre 1980, constitue une petite exception, même si une tentative d’assassinat du président Senghor a eu lieu le 22 mars 1967.

Ainsi, aucune partie du continent n’a été à l’abri de ces prises de pouvoir par la force, dont le nombre avoisine aisément la centaine. Généralement, dans les pays africains, le pouvoir politique est détenu par un parti dominé par un individu, d’où l’absence d’alternance à la tête de l’État. L’accession massive de pays à l’indépendance à la fin des années cinquante et début soixante a provoqué une série de coups d’État à travers tout le continent en raison des conflits en majeure partie tribaux et, parfois, confessionnels.

Il faut dire que depuis 2008, la situation est devenue inquiétante avec l’augmentation de la fréquence des putschs. On a enregistré pas moins de cinq coups d’État d’août 2008 jusqu’à maintenant, dont quatre dans un laps de temps de quatre-huit mois seulement. La fréquence est si effrayante que cela apporterait de l'eau au moulin de ceux qui affirment que l'Afrique n'est pas prête pour la démocratie. Avec la mise en place de l’Union africaine, qui condamne sans équivoque les prises de pouvoir par la force avec, en plus, l’application de sanctions sévères contre les pays concernés, les analystes pensaient que la situation allait changer. Malheureusement, il n’en est rien et l’on assiste régulièrement à des renversements aussi sanglants les uns que les autres. En Guinée, où Dadis Camara avait succédé à Lansana Conté sans effusion de sang, un bain de sang a eu lieu quelques mois plus tard dans un stade de Conakry où plus d’une centaine de partisans de l’opposition ont été massacrés alors qu’ils participaient à un rassemblement de protestation.

Du pain sur la planche en perspective pour l’Union africaine, qui ambitionne d’éradiquer les coups d’État sur le continent. Mais, la question qui se pose est de savoir par quels moyens, car rien n’a découragé les candidats au pouvoir par la force.

 

La démocratie et les intérêts

Salim Tamani Liberté-algerie.com Samedi 20 Février 2010

Si l’Afrique fête cette année le cinquantenaire des indépendances avec le défilé prévu le 14 juillet prochain de 14 armées africaines sur les Champs- Élysées, c’est que la complicité de l’Occident dans une telle situation est établie.

Coup d’État au Niger. Encore un dans ce continent africain qui n’a pas fini de payer le prix d’une construction, voulue biaisée et anarchique, de la démocratie. S’il est admis que les sociétés ne sont pas encore prêtes culturellement pour assumer l’ouverture politique, et ce, pour plusieurs raisons, il n’en reste pas moins que les pouvoirs en place ont toujours favorisé la violence pour s’imposer.

Au Niger, le président renversé est arrivé au pouvoir à l’issue d’un coup d’État. Il le quitte par un autre. Autant dire que les systèmes politiques, encore sous la domination du parti unique, ont encore de beaux jours devant eux. Mais alors une question : pourquoi recourt-on souvent en Afrique au procédé des coups de force pour régler des situations politiques souvent complexes, alors qu’il aurait fallu gérer de façon à anticiper sur les événements afin d’éviter des imbroglios qui suscitent des réactions négatives de la communauté internationale ?
L’Union africaine (UA) a décidé depuis plus d’une décennie, à l’issue du sommet d’Alger de 1999, de ne plus reconnaître les régimes issus des coups d’État. Or, depuis cette date, il y a eu plusieurs coups d’État et paradoxalement les responsables qui en sont issus continuent de siéger au sein de l’UA. En revanche, a-t-elle les moyens et le poids diplomatique nécessaires pour faire respecter ses décisions et mettre ainsi le continent sur les rails de la démocratie ? Rien de moins surtout que dans certains cas, l’UA hésite même à dénoncer publiquement les coups de force.

Mais il n’y a pas que les régimes africains qui en portent la responsabilité. Si l’Afrique fête cette année le cinquantenaire des indépendances avec le défilé prévu le 14 juillet prochain de 14 armées africaines sur les Champs-Élysées, c’est que la complicité de l’Occident dans une telle situation est établie.

Car ce ne sont pas tous les renversements qui sont dénoncés. Il y a ceux qui sont même inspirés, voire soutenus par la communauté internationale qui a démontré à maintes reprises sa mauvaise foi en n’hésitant pas à bafouer ses propres principes lorsqu’il s’agit de sauvegarder ses intérêts. Quant à la démocratie en Afrique, elle attendra.

 

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