Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 03:18

 

 

 

armes sasies

 

L’éclatement des contradictions entre Bozizé et Ndoutingaï a fait apparaître au grand jour que ce dernier stockait par devers lui à son domicile un lot d’armes et de munitions de guerre qui a été récupéré par la garde présidentielle de Bozizé, lequel a brutalement pris conscience de l’impérieuse nécessité de déposséder d’urgence Ndoutingaï de cet arsenal de guerre. Pour quelle raison le domicile d'un ministre de la République doit-t-il abriter un dépôt d'armes de guerre et de munitions ?

En réalité, Ndoutingaï n’est pas le seul ministre ni dignitaires du régime Bozizé a abriter à son domicile un arsenal de guerre. Bozizé on le sait, avait distribué des armes de guerre à un certain nombre de dignitaires de son pouvoir, notamment ses aides de camp comme Landry Touaboy, quelques-uns de ses parents anciens « libérateurs » qui étaient partis avec lui lors de sa fuite de Bangui en novembre 2001 pour le Tchad ou l’ont rejoint dans sa rébellion comme ses enfants soldats, Sylvain Ndoutingaï et son frère aîné Martin Ouanti lui aussi écarté de la protection rapprochée de Bozizé, Roger Godongaï qui commandait entre temps sa protection rapprochée et qui avec l’affaire Ndoutingaï vient d’en être limogé, Vianney Semndiro qui remplace Godongaï comme chef de la protection rapprochée, pour ne citer que ceux-là ou encore ses enfants Francis, Aimé Vincent alias Papy, Rodrigue, qui eux sont des soldats.

A cette liste, il faut aussi ajouter d’autres noms comme celui de Parfait Anicet Mbay, actuellement ministre d’Etat chargé des transports, qui fut le porte-parole de cette tristement célèbre rébellion dont l’anniversaire de la prise du pouvoir le 15 mars 2003 est commémoré rituellement et sans complexe ni scrupule tous les ans depuis que cette clique est arrivée au pouvoir.

Outre l’important arsenal de guerre dont dispose Bozizé, acheté ici et à (Chine, Afrique du Sud, Ukraine, Tchéquie et autres) et disséminé dans certains endroits comme Bossembélé, Bézambé, Bérengo, Sibut etc … cette distribution ciblée d’armes et munitions de guerre par Bozizé à certains piliers de la rébellion de Bozizé et de la prétendue libération du 15 mars 2003, était un dispositif destiné à parer à tout coup de force qui pourrait surprendre Bozizé, de façon à éventuellement le remettre en selle si jamais les assaillants parvenaient à le destituer du pouvoir par un coup d’Etat par exemple.

Avec l’affaire Ndoutingaï, assiste-t-on finalement aux limites voire à l’échec de cette stratégie anti-putsch et d’éventuelle contre-attaque de Bozizé ? Va-t-il pousser sa volonté de neutralisation du félon Ndoutingaï  jusqu’à désarmer également tous ceux, comme Parfait Anicet Mbay, à qui il avait distribué une certaine dotation d’armes et munitions de guerre et qui dorment dessus par devers eux à leur domicile, car on ne sait jamais ?

Bozizé doit comprendre maintenant avec cette crise Ndoutingaï que ce sont bien plutôt les armes qu’il a distribuées lui-même à ses anciens compagnons de rébellion qui constituent un vrai danger pour lui et non celles qui se trouvent ici et là dans certains domiciles particuliers de Bangui et qui servent apparemment davantage à commettre des braquages dans les quartiers qu’autre chose. Cela souligne aussi l’inutilité des multiples contrôles nocturnes et fouilles des coffres de voitures sur les axes routiers de la capitale par la garde présidentielle qui empoisonnent plus la vie aux citoyens que d’être efficaces.

La Rédaction

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Politique