Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 02:20

 

 

L-Moreno-Ocampo.jpg

 

 

  LA HAYE (AFP) - mercredi 31 mars 2010 - 18h09 - Le procureur de la Cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo a été autorisé mercredi par les juges de la CPI à mener une enquête pour crimes contre l'humanité sur les violences post-électorales commises au Kenya fin 2007-début 2008.

"La chambre préliminaire II, à la majorité des juges, a fait droit à la requête du procureur aux fins de l’ouverture dune enquête sur les crimes contre l’humanité qui auraient été commis sur le territoire de la République du Kenya", a annoncé la CPI dans un communiqué.

La décision des juges "revêt une importance toute particulière", a réagi M. Moreno-Ocampo. "Elle signifie qu’aucune impunité ne sera accordée aux principaux responsables des crimes commis lors de la flambée de violence qui a fait suite aux élections", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les violences politico-ethniques qui avaient suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki le 27 décembre 2007, accusé de fraude électorale par l'opposition menée par Raila Odinga, ont fait, selon l'accusation, environ 1.200 morts, 3.561 blessés et 350.000 déplacés.

Le bureau du procureur avait entamé en février 2008 un examen préliminaire, destiné à établir si la CPI pouvait poursuivre les principaux responsables des violences, si le Kenya ne le faisait pas lui-même.

Les juges de la CPI ont souligné mercredi le "manque de procédures nationales au Kenya ou dans tout autre Etat tiers" et la "réticence" des autorités kényanes à "traiter" les violences post-électorales.

Le gouvernement de coalition kényan s'est déclaré à plusieurs reprises prêt à "coopérer" avec la CPI. Mais le président Kibaki et son Premier ministre Raila Odinga n'entendaient pas, selon les observateurs kényans, saisir eux-mêmes la CPI et prendre ainsi le risque d'être perçus comme étant à l'origine de poursuites judiciaires contre des membres de leurs camps respectifs.

Le procureur avait remis aux juges le 3 mars une liste confidentielle comprenant les noms de vingt personnes ayant soutenu, selon lui, les violences post-électorales.

Selon M. Moreno-Ocampo, ces personnes, hommes politiques ou hommes d'affaires, sont associées au Parti de l'unité nationale (PNU) du président Kibaki ou au Mouvement orange démocratique (ODM) de Raila Odinga.

"Le procureur va commencer à recueillir des témoignages, et il va solliciter ceux qui pensent être sur la liste des suspects pour qu'ils viennent donner leur version des faits", a expliqué à l'AFP Béatrice le Fraper, conseillère spéciale de M. Moreno-Ocampo.

"Une demande de mandat d'arrêt ou une citation à comparaître ne peut pas intervenir avant la fin de l'été", a-t-elle indiqué.

La décision de la CPI représente un "pas important vers la fin de l'impunité au Kenya", a estimé la délégation de l'Union européenne à Nairobi, tout en rappelant que l'enquête de la CPI ne devrait viser que les principaux commanditaires des violences et "ne changera pas l'urgente nécessité (de créer) un tribunal spécial local pour juger les autres cas".

"Une enquête fructueuse par l'accusation pourrait marquer la fin de l'impunité pour les violences liées aux élections au Kenya", a déclaré à l'AFP Param-Preet Singh, une porte-parole de l'ONG Human Rights Watch. "Ca pourrait marquer une rupture avec le passé".

La CPI, seul tribunal international permanent chargé de juger les auteurs présumés de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide, a ouvert des enquêtes en République démocratique du Congo (RDC), en Ouganda, en Centrafrique et au Soudan.

 

NDLR : Le triste exemple de violences post-électorales du Kenya avec ses fâcheuses et dramatiques conséquences qui aboutissent aujourd'hui à la CPI, devrait servir de dissuasion pour ceux qui ont en charge d'organiser des élections. En Centrafrique actuellement, si on permet à Bozizé et Binguimalé de marcher sur les règles en la matière et des dispositions adéquates dans la préparation d'élections transparentes, la forfaiture qu'il concocte débouchera à n'en pas douter sur des résultats frauduleux, susceptibles d'entraîner des contestations et de générer des troubles post-électoraux. Cela peut et doit être évité à condition que Bozizé soit ramené à temps sur le droit chemin. La communauté internationale est-elle prête et disposée à le faire ? Il est permis d'en douter. Sinon comment expliquer le mutisme actuel de l'Union Africaine, l'OIF, la CEMAC et la CEEAC ? 

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers