Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 16:41

 

 

Omar-El-Beshir.jpg

 

 

(Libération 23/07/2010)

Depuis que la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt contre lui, en mars 2009, le président soudanais Omar el-Béchir s'est fait un malin plaisir de voyager, à plusieurs reprises, à l'étranger. Mais c'est la première fois qu'il se rendait dans un pays ayant reconnu la compétence de la Cour installée à La Haye, aux Pays-Bas. Malgré les pressions internationales, notamment celles des Occidentaux, le Tchad a refusé, hier, d'arrêter l'homme fort de Khartoum, venu à N'djaména pour participer à un sommet régional sur la sécurité.

Idriss Déby Itno a ainsi donné clairement la priorité au processus de réconciliation en cours avec son grand voisin de l'est, le Soudan. Durant des années, les deux pays ont été au bord de la guerre en raison de la situation au Darfour, la grande province située à l'ouest du Soudan. Par rébellions interposées, Tchadiens et Soudanais se sont régulièrement affrontés, jusque dans leurs capitales respectives.

Après des années de médiations infructueuses - française, libyenne, saoudienne - les deux pays se sont engagés depuis peu dans une "opération réconciliation" pour des raisons avant tout d'opportunisme politique: Déby veut prolonger son bail à la tête de l'Etat tchadien l'an prochain et Béchir, qui fera face au référendum d'autodétermination du Sud-Soudan début 2011, ne peut agir sur plusieurs fronts en même temps.

Ce spectaculaire rapprochement fait donc une victime collatérale: la justice internationale. Soutenu par l'Union africaine, le pouvoir de N'djaména réfute les critiques internationales, affirmant n'avoir de leçon à recevoir de personne. Sans doute pas des Etats-Unis qui n'ont toujours pas ratifié le statut de Rome.

Même si on peut le regretter, le Tchad n'est pas le premier ni le dernier pays à privilégier le réalisme politique sur toute autre considération. Dans les années 90, les Occidentaux - Français, Britanniques et Américains - ont pris soin de ne pas arrêter les leaders serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, pourtant recherchés par le Tribunal pénal international de La Haye. Dans ses mémoires, l'ex-procureure Carla del Ponte raconte aussi comment elle a été lâchée par les chancelleries occidentales quand il s'est agi de lancer des "enquêtes spéciales" sur des crimes imputés aux proches de Paul Kagamé, l'actuel président du Rwanda.

Malgré ce revers subi au Tchad, les partisans de la justice internationale pourront se consoler en notant que, après des années de clandestinité, Radovan Karadzic, arrêté à Belgrade en 2008, fait actuellement face à ses juges à La Haye.


Par Thomas Hofnung

© Copyright Libération

 

NDLR : Bozizé qui voit toujours le Soudan derrière tous les bruits de bottes vers Birao a également choisi aussi de faire des mamours avec Omar el Bechir à qui il a même mendier de l’argent pour financer les élections en Centrafrique. Côté CPI, Bozizé est lui aussi un client virtuel de La Haye et donc n’a rien à craindre du président soudanais, bien au contraire.   

 

Au Tchad, soutiens africains à Béchir

(7sur7 23/07/2010)


Les Etats sahélo-sahariens, Tchad compris, ont soutenu jeudi à N'Djamena le président soudanais Omar el-Béchir, rejetant les multiples appels à son arrestation et "toutes les accusations" de la Cour pénale internationale (CPI) qui le recherche pour crimes et génocide.

La Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad), réunie jusqu'à vendredi en sommet dans la capitale tchadienne, s'est dite toujours préoccupée par la situation au Darfour (ouest du Soudan).

La CPI cour émis contre lui deux mandats d'arrêt. "La Cen-Sad réfute toutes les accusations contre le président el-Béchir. Ces accusations ne contribuent pas rétablir la paix dans cette partie du Soudan. Nous déclarons notre total soutien et notre solidarité au Soudan et à son peuple", a affirmé son secrétaire général, Mohamed al-Madani al-Azhari.

Avant le responsable de la Cen-Sad, le président tchadien Idriss Deby Itno s'était fait l'avocat du Soudan, avec lequel son pays est engagé depuis janvier dans un processus de "normalisation" après cinq ans de guerres par rébellions interposées. M. Deby a plaidé en faveur d'un soutien au processus de Doha, négociations pour la paix Darfour en cours depuis plusieurs mois dans la capitale qatarie et parrainées par le Qatar, l'Union africaine (UA) et l'ONU, demandant l'implication de tous pour "une solution de paix juste et durable".

Dans le même temps, à Doha, le médiateur qatari, Ahmed Al-Mahmoud, a annoncé la signature d'un accord de cessez-le feu entre Khartoum et le Mouvement pour la libération et la Justice (MLJ), alliance rebelle minoritaire du Darfour. Ces soutiens affichés et accord interviennent alors que les appels se sont multipliés en faveur de l'arrestation de M. Béchir pendant son séjour au Tchad, premier pays reconnaissant la CPI qu'il visite depuis 2009.

Le Tchad avait cependant exclu depuis mercredi l'arrestation de M. Béchir sur son sol, se proclamant indépendant "des injonctions des organisations internationales". Il avait indiqué suivre la position de l'UA, qui a décidé de ne pas coopérer avec la CPI sur le dossier Béchir. Pour l'analyste tchadien Mbaïré Dessingar, cette décision relève "de la 'realpolitik'. Le Tchad tient d'abord compte de ses intérêts".

Malgré ce refus, la Haute représentante de l'Union européenne (UE) pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a invité jeudi le gouvernement tchadien "à respecter ses obligations dans le cadre du droit international" et "à arrêter (...) ceux qui sont inculpés par la CPI". Des demandes similaires avaient déjà été formulées par des ONG, opposants tchadiens, et par les ONG internationales Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International.

La CPI est de plus en plus décriée. Beaucoup d'experts la qualifient maintenant de Cour Politique Internationale.

Les images de soldats de Georges Bush et de Tony Blair torturant les prisonniers irakiens sont encore fraiches dans les mémoires, pourtant la CPI n'a ouvert aucune enquête et aucun mandat d'arrêt ne pèse ni sur Georges Bush ni sur Tony Blair.

La CPI est utilisée par des pays occidentaux pour régler des comptes politiques et/ou économiques. Le pétrole du Soudan semble être le seul motif ayant poussé les Etats-Unis notamment à faire émettre par la CPI des mandats d'arrêt pour écarter Omar el-Béchir, leader politique gênant leur objectif de contrôle du pétrole au sud-Soudan.

Les Etats-Unis, qui avaient aussi rappelé mercredi au Tchad ses "obligations" envers la CPI, ont, à la surprise des observateurs, salué jeudi le rapprochement entre Khartoum et N'Djamena. Ce réchauffement politique "aura un impact positif sur le terrain, y compris au Darfour. (...) Si cette coopération se poursuit, elle sauvera des vies au Soudan, au Darfour", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley, assurant toutefois avoir rappelé au Tchad "ses responsabilités" envers la CPI. "Le président Béchir ne devrait pas être fier. Il demeure un suspect en fuite. (...) C'est juste une question de temps, il devra tôt ou tard se rendre à La Haye et affronter la justice", a averti jeudi le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo.

(afp/mb) 23/07/10

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE