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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 00:23

 

 

 

 

 

Boz honoris causa

 

L'allégresse du peuple centrafricain à l'annonce du feu vert du FMI pour une aide de 63,2 millions de dollars US est à la mesure des souffrances vécues quotidiennement. Les hôpitaux et les centres de santé manquent cruellement de médicaments, les infrastructures de base sont détruites : la quasi-totalité des oeuvres d'art ou ponts sont cassés, les routes sont toutes défoncées, l'eau potable et l'électricité sont des biens devenus rares, les retraités ne perçoivent pas leurs pensions, les étudiants leurs bourses et la pauvreté s'est généralisée.

La faute aux caisses de l'Etat qui sont vides en raison des bailleurs de fonds qui ont tourné le dos au pays, disait-on. Très surprenant, j'avoue être consterné par votre "une" où vous nous annonciez  que "Faustin Touadéra et Antoine Gambi seraient retournés en Inde signer encore un autre prêt indien de 40 milliards de F CFA.

« Ce 2ème prêt indien devrait servir à acquérir une turbine électrique pour la source d'énergie destinée à alimenter la cimenterie dont la construction serait toujours en cours...". J'apprécie votre vigilance et vous avez parfaitement raison de continuer de dénoncer les "pratiques douteuses et mafieuses" d'un régime qui non seulement, méprise son propre peuple mais également, excelle dans la dissimulation et l'art de rouler dans la farine la communauté internationale avec la complicité passive des représentants de ces institutions sur place à Bangui.

Je ne comprends pas et les Centrafricains ne comprennent pas que le premier ministre en personne, flanqué du Ministre des affaires étrangères, Antoine Gambi, un autre tartufe et courtisan de la bozizie, soient allés contracter en catimini un autre prêt de 40 milliards de F CFA  comme s'ils sont guidés par leur instinct de prédation. Et ils sont revenus à Bangui sur la pointe des pieds.  "Chassez le naturel et il revient au galop".

Peut-on vraiment faire confiance à ce régime qui, à plusieurs occasions, piétine ses propres engagements?  En concluant cet accord, le régime n'a-t-il pas pris des engagements? Ne doit-il pas entre autres, contracter que des prêts à des taux concessionnels? Ne savent-ils pas que tout nouveau prêt doit être rendu public? Et les conditions de ces prêts doivent être les suivantes: le taux d'intérêt bas (inférieur à 1,5%), la durée de remboursement longue (Plus de 25 ans) et un délai de grâce d'au moins 7 ans. Quelles sont donc les conditions de ce prêt si c'est avéré vrai ? 

Autre engagement, le respect de l'orthodoxie financière, la transparence et la bonne gouvernance. Un autre point obscur, courant Avril, une mission d'évaluation des besoins du pays, composée de la Banque Mondiale, du FMI, de la BAD et de l'UE, principaux bailleurs de fonds s'est rendue à Bangui. Vu cette démarche, cela veut dire que le volet "énergie" n'est pas pris en compte dans l'évaluation? Les Centrafricains voudraient bien être informés de l'état d'avancement des travaux à réaliser par les Chinois. Pourquoi encore un financement indien pour le même secteur?

Il est du devoir du FMI de demander des explications au gouvernement. D'ailleurs, la cimenterie de Bozizé a déjà mobilisé plus de 14 milliards de F CFA de prêt et si on ajoute le présent prêt on aura plus de 55 milliards de F CFA pour une simple cimenterie. Imaginons que le financement soit mis en place en 2013, et comme il faut 4 à 5 ans pour qu'une turbine soit opérationnelle, notre fameuse cimenterie produira le premier sac de ciment en 2017/2018. A quel prix sera vendu le sac de ciment pour qu'il y ait un retour d'investissement? Comment seront remboursés les intérêts qui commenceront à courir dès les premiers décaissements? Je suis de plus en plus enclin à croire à une opération de "blanchiment d'argent". 

Le FMI doit exiger du régime de Bozizé des réponses claires sur ce prêt. Et si le  gouvernement ne le faisait pas, il doit prendre ses responsabilités et le suspendre. Cette propension à l'autoflagellation reste pour moi un mystère. Peut-être pas un. Bozizé compte secrètement sur  son conseiller mercenaire,  le Béninois Abdoulaye Bio Tchané et le soutien aveugle de la communauté internationale. N'est-ce pas Bio Tchané qui a utilisé son carnet d'adresse au FMI pour lui débloquer cet accord comme l'ont affirmé les barons du régime au lendemain dudit accord? 

 

Frédéric Ngaté

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion