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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 13:33

 

 

 

 

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LETTRE OUVERTE AU

 PRESIDENT DECHU DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 FRANCOIS BOZIZE

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Au matin du dimanche 14 mars 2013, tout le peuple Centrafricain s'est réveillé avec l'annonce de votre fuite honteuse, abandonnant enfin le pouvoir que vous, vos enfants et vos complices avez exercé avec brutalité, cruauté, traitements inhumains et dégradants, corruption, détournements et pillage de notre pays. Comme quoi, il y a toujours dans la vie, quelqu'un de plus fort que soit et, personne sur cette terre ne peut s'identifier à Dieu et ne peut le braver indéfiniment en toute impunité. Dieu a finalement écouté les lamentations des plus faibles et des meurtris.

 

J'ai aussi appris que lors de votre fuite de la capitale Bangui, vous avez emprunté avec votre suite le même chemin que j'avais suivi avec ma famille lors de notre départ forcé en exil afin d'échapper à la brutalité de vos éléments de sécurité de l'époque, c'est à dire la traversée de l'Oubangui et le passage par la ville de GUEMENA en République Démocratique du Congo. Comme quoi, le bon Dieu a bien voulu vous faire vivre une fois de plus, combien cette épreuve est pénible pour tout être humain et surtout pour le DERNAYO pour qui, le pire ne fait que commencer.

 

Au lendemain de l'incendie du super marché RAYAN volontairement provoqué par son propriétaire Monsieur ALI EL AKHRAS, votre ami politique, membre du conseil des sages et financier de votre parti le KNK, vous avez ordonné le 11 juin 2010, sur les ondes de la radio et de la télévision nationales, à toutes vos forces de défense et de sécurité, de retrouver par tous les moyens à leurs dispositions, le Bâtonnier de l'ordre des avocats maître Symphorien BALEMBY et moi même, et de nous dépecer << döroko ala >> comme des bêtes de chasse. Sans aucune enquête préalable, vous avez donné cet ordre en violation de notre droit à la présomption d'innocence.

 

Votre ami ALI EL AKHRAS, ouvrier du KNK et propriétaire du super marché RAYAN, avait simplement pointé un doigt accusateur vers nous du simple fait du contentieux qui nous opposait devant les juridictions centrafricaines concernant l'acquisition frauduleuse de l'immeuble BANGUI 2000 qu'il avait réalisé, immeuble qui abritait le cabinet du Bâtonnier BALEMBY ainsi que depuis 1993, les bureaux de ma société dénommée ADMN SYSTEMS, malgré le fait que l'édifice était encore sous main de justice.

 

Pour le récompenser, vous lui avez accordé une exonération de douanes et des impôts pour une période de cinq (5) ans. Cette franchise lui permet depuis 2010 d'importer des marchandises et des équipements, non seulement pour son propre compte, mais également pour le compte des autres commerçants de son acabit et ceci, au détriment des caisses du Trésor Public Centrafricain

 

Le 10 juin 2010, vous aviez déjà ordonné l'arrestation et la séquestration de onze (11) otages: mon personnel administratif et technique, mon frère cadet, ma belle sœur, mon personnel domestique dont la femme de ménage Madame Olga DOUBIRO qui était  enceinte, et qui finalement est morte en couche le 13 août 2010, probablement suite aux mauvais traitements subis au Service des Recherches et Investigations (SRI) de la Gendarmerie qui était sous les ordres de l'un de vos redoutable fils ''PAPY BOZIZE''. L'épouse du Bâtonnier Symphorien BALEMBY ainsi que deux (2) de ses collaborateurs ont été également arrêtés ce même jour. Toutes ces personnes ont été mises en détention illégale dans les terribles geôles de votre prison spéciale, personnelle et d'exception de Bossembélé appelée par nos compatriotes ''GUATANAMO'', du fait des tortures et de traitements cruels que vous y faites subir aux détenus. On se souviendra de la mort du Feu Ministre MASSI.

 

Une année après, au début du mois de juillet 2011, l'ancien comptable de RAYAN, monsieur Charlemagne YAGUEME avait affirmé lors de son audition par la gendarmerie dans une autre affaire, qu'il était à l'origine de l'incendie du 9 juin 2010. Cette opération a été réalisée sur la demande express de son patron, votre ami l'ouvrier ALI EL AKHRAS, dans le but de détruire des pièces comptables afin d'échapper aux paiements des impôts qui se chiffraient dès lors à plusieurs milliards de francs CFA.

 

Malgré cet aveu, ni vous, ni votre ministre de la justice de l'époque Monsieur Laurent NGON BABA, ni les magistrats Firmin FEÏNDIRO, procureur de la république de l'époque, son premier substitut Arnaud Djoubaye Abazene, ni le procureur général près la cour d'appel de Bangui Modeste BRIA, ni le doyen des juges Alain TOLMO, ni Monsieur Claude Richard NGOUANDJIA du BDR qui avait la coordination de notre traque, ni le lieutenant KOSSI du SRI en charge de l'enquête, n'ont daigné prendre en compte cet aveu afin de dénouer ce dossier judiciaire. Certains magistrats du pays étaient à vos ordres, en violation du principe de séparation des pouvoirs, pourtant prescrite par la constitution du 27 novembre 2004 dont vous étiez le garant à cette époque.

 

Vos otages ont été finalement libérés le 7 août 2012 à la faveur d'un arrêt salutaire rendu courageusement par les rares juges encore intègres de la Cour de Cassation de la République Centrafricaine, en absence d'un dossier d'instruction de cette affaire et ceci après deux (2) ans de détention arbitraire en grande partie dans les terribles geôles de votre prison spéciale que vous redoutez sûrement vous-même en choisissant de prendre la fuite ce dimanche 24 mars 2013.

 

Je vous rappelle qu'à l'époque de cette saga ''Super Marché RAYAN'', j'étais le Conseiller Economique et Social élu de la préfecture de l'Ombella M'poko et aussi premier Vice Président du bureau du Conseil Economique et Social de Centrafrique. Ceci montre bien que le centrafricain lambda, du moment qu'il n'avait pas la couleur orange du KNK votre parti, ou qu'il semblait représenter un obstacle pour un de vos proches ou pour vous même, ne pouvait espérer une justice équitable.

 

Je reste persuadé que depuis votre chute du pouvoir le 24 mars 2013, votre ami, l'ouvrier ALI EL AKHRAS vous a déjà oublié comme il a rapidement oublié le Président PATASSE avec qui il était aussi en affaires, après votre coup de force du 15 mars 2003.

 

Après ces dix (10) années de cauchemars avec son cortège de misère, de terrorisme judiciaire, de corruption, de détournements et de violation des droits de l'homme que vous, votre famille, vos enfants, votre parti le KNK ainsi que vos autres complices ont fait subir au peuple centrafricain, je vous souhaite à tous, un exil court car vous devez tous rendre compte à la nation de tous vos crimes économiques et de sang commis dans notre pays. Votre nom sera inscrit en lettre de malheur dans la mémoire collective de notre peuple pour toutes les souffrances endurées sous votre régime politique.

 

Pour terminer, je souhaite à notre pays la République Centrafricaine qui vient de tourner ce dimanche 24 mars 2013 avec les nouvelles autorités, une nouvelle page de son histoire pleine d'espérance, de se mettre résolument sur la voie du développement basée sur un état véritablement de droit, garant de la justice pour tous et des droits de l'homme.

 

 

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Jean Daniel DENGOU

jddengou1@hotmail.com

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion