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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 02:33

 

 

 

Martin-Ziguele-Les-Afriques.JPG

 

 

Centrafrique :  «Nous préconisons le dialogue sans préalable»

 

Les Afriques  17 janvier 2013  p 51

 

Martin Ziguélé, ancien premier ministre de la République Centrafricaine (RCA), fait partie de la coalition de l’opposition qui a adressé une plateforme de sortie de crise au Président Denis Sassou Nguesso, négociateur désigné par la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale. Entretien.

 

Les Afriques : Comment l’opposition centrafricaine voit la fin de la crise en RCA née des affrontements entre la rébellion Séléka et l’armée régulière ?

 

Martin Ziguélé : Nous avons remis une plateforme de sortie de crise, le 2 janvier 2013, à la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies en République centrafricaine, pour transmission au Président congolais Sassou Nguesso, médiateur désigné de la crise par la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale. Nous préconisons le dialogue sans préalable. Par courtoisie pour lui et pour ses pairs, nous lui réservons la primeur de notre proposition, et ne voulons pas prendre part à cette ambiance délétère qui règne en ce moment.

 

 

LA : Qui sont vraiment les combattants de la rébellion Séléka, qui les dirige ?

 

M.Z. : C’est une coalition de mouvements rebelles armés. On connaît déjà la CPJP et l'UFDR qui ont vu certains de leurs éléments ouvrir des négociations avec le gouvernement, suite à une dissidence.

Il y a de nouveaux venus comme le CPSK. Jusque-là, on ne connaît pas le chef politique qui dirige le mouvement. Le plus connu des leaders du mouvement est un ancien fonctionnaire du ministère du plan et des affaires étrangères.

 

LA : Quelle lecture peut-on faire des positions de la France et des USA ?

 

M.Z. : Si l’on s’en tient aux communiqués officiels, ces deux pays appellent à la cessation des hostilités et à l’ouverture du dialogue. C’est aussi la position de la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale (Ceeac).

 

LA : Les forces d’interposition dépêchées par la Ceeac suffisent-elles à endiguer l’avancée des rebelles ?

 

M.Z. : Les rebelles disent en tout cas depuis hier qu’ils ont suspendu leur avancée. Je suis d’avis qu’il faille aller le plus rapidement possible aux négociations. Chaque jour qui passe est un risque de reprise des hostilités.

  

LA : Comment s’explique la présence forte du Tchad qui a dépêché en RCA le contingent le plus important dans le cadre de cette crise ?

 

M.Z. : Le Tchad est notre voisin qui a la plus longue frontière terrestre avec la République Centrafricaine. Nous sommes unis par l’histoire et la géographie. Le Tchad a évoqué des engagements réciproques en matière de paix et de défense, et les autorités tchadiennes ont expliqué que le Tchad s’est interposé pour éviter une guerre fratricide.

  

LA : Certains observateurs citent la RCA comme la deuxième victime collatérale de la crise libyenne, après le Mali ?

 

M.Z. : Autant il est aisé d’établir le lien direct entre les touaregs maliens et les libyens, autant il me paraît fastidieux de le faire dans le cas des populations centrafricaines. Je crois que les rebelles étaient partis sur la base de revendications corporatistes, contestant le fait que le gouvernement n’ait pas tenu ses engagements dans le cadre des Accords de Libreville. Ces revendications se sont étoffées au fur et à mesure de leurs victoires militaires. Ne rencontrant aucune résistance face à la déliquescence de l’armée (en attente de restructuration depuis dix ans) ils ont revu leurs revendications à la hausse, exigeant désormais le départ du président Bozizé.


Dans un pays où 64% de la population vit avec moins d’un dollar par jour, les feux de mécontentement se propagent vite.

 

Propos recueillis par Adama Wade

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview