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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 01:08

 


Mart Zig 

 

 

L'Hirondelle (LHRD): L’actualité nationale reste dominée par la sévère condamnation de M. Ferdinand Samba, directeur de publication du quotidien « Le Démocrate ». Quelle est votre lecture de cette situation ?  

 

Martin Ziguélé (MZ): Je voudrais d'abord vous remercier très sincèrement de l'opportunité que vous m'offrez en votre qualité d’animateur de la vie informative nationale, pour m'exprimer et exprimer le point de vue de mon parti, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) sur l'actualité nationale. Je voudrais d'abord vous dire que j'étais à l'extérieur du pays, en déplacement professionnel, lorsque j'ai appris sur les médias internationaux, non seulement l'arrestation mais la condamnation, j'allais dire très rapide, de M. Ferdinand Samba, directeur du quotidien «Le Démocrate», à une peine de dix mois de prison parce qu'il a écrit un article de presse qu'un citoyen centrafricain aurait jugé diffamatoire. Ma première réaction de citoyen, c'est de dire que puisque Monsieur Ferdinand Samba, a exprimé ses points de vue en tant que journaliste et de surcroit Directeur de publication, il y a bien dans ce pays, une loi spéciale de la presse et c'est sur la base de cette loi qu'il devrait être jugé. Donc, cette loi ayant dépénalisé les délits de presse, il ne peut encore y avoir d'arrestation, d'enfermement, d'emprisonnement de journaliste dans ce pays. Et au même moment où les médias nationaux faisaient état de l'arrestation et de la condamnation de M. Ferdinand Samba à 10 mois d'emprisonnement, à un million d'amende à verser à l'Etat, à dix millions de dommages et intérêts etc., au même moment, les médias internationaux parlaient des exactions de Baba Laddé et de Joseph Kony en RCA et qualifiaient notre pays comme un pays plongé dans un état d'insécurité généralisée. Je crois que ces deux événements, même s'ils ne peuvent pas être joints, montrent à quel point dans ce pays, il y a faillite de l'Etat. Parce qu'on reconnait un Etat de droit au fait que quelles que soient les circonstances, la loi est respectée d'abord par ceux qui sont à la tête de l'Etat. Condamner un journaliste à des peines de prison, alors qu'il y a une loi qui a dépénalisé les délits de presse, cela veut dire que l'Etat lui-même viole tout simplement la loi au profit des personnes qui sont en position de force par rapport à une autre personne, centrafricaine, qui n'a pas la même force.

 

L'Etat centrafricain a fait faillite également sur le plan sécuritaire. On ne peut pas comprendre que cinquante ans après notre indépendance, un voyou, un criminel vienne s'installer au centre de notre pays, s'arme, achète des véhicules, enrôle des personnes et qu'il faut l'intervention d'un autre pays voisin, qui a en plus ses propres problèmes sécuritaires, pour venir à bout de telles exactions qui ont duré longtemps. Alors, qu'est-ce-que vous voulez que je dise, sinon de condamner fermement, mais avec la plus grande fermeté cette atteinte à la principale liberté dans une démocratie qui est la liberté d'informer. Parce que la démarche du pouvoir, ce n'est pas seulement de mettre un journaliste en prison, c'est de faire peur à toute la presse libre indépendante. Parce que Radio Centrafrique est devenue un forum d'injures publiques et quotidiennes à l'endroit de tous les centrafricains qui ne pensent pas comme une catégorie de personnes qui sont au pouvoir. Le Haut Conseil de la Communication a disparu des écrans radars, le ministre de la communication lui-même ne s'exprime jamais sur ces violations quotidiennes de la liberté d'opinion et ces injures publiques quotidiennement radiodiffusées L'objectif, nous le savons, est de museler la presse indépendante et privée, de faire régner la pensée unique, parce que l’objectif final du pouvoir est de faire de ce pays un vaste espace complètement privé de liberté. C'est cela qui est  grave. C’est pour cela que nous, les partis politiques, nous n'accepterons pas cela, nous le dénoncerons partout et tous les jours, jusqu'à ce que M. Ferdinand Samba soit jugé par rapport à la loi sur la presse. S’il est condamné sous le coup de cette loi,  la loi étant faite pour tout le monde, nous respecterons l’application de cette loi. Mais si on sort du cadre de cette loi, si on manipule la loi, si on manipule les institutions judiciaires pour que la justice se prononce en faveur du plus fort, nous ne l'accepterons pas.

 

LHRD: Entre temps, Démafouth, président du NAP et de l’APRD, qui s’est désolidarisé des autres leaders de l’opposition pour faire allégeance au pouvoir est accusé de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat et gardé à vue à la SRI…

 

MZ: Je comprends que votre question en comporte deux. La première sur laquelle je voudrais être très clair, c'est que Jean Jacques Démafouth est un citoyen centrafricain jusqu'au moment où nous parlons qui jouit de ses pleins droits. Il a ses opinions, il est chef d'un parti politique, le NAP en même temps qu'il était le président d'un mouvement de rébellion qui avait signé des accords de paix avec le gouvernement. Donc, il est dans le processus de DDR, il a apprécié la situation politique nationale comme il le souhaite et il prend ses décisions. Je n'ai pas à lui reprocher de s'être désolidarisé de l'opposition à un moment donné. Peut-être qu'il avait sa lecture à lui de la situation et il est souverain dans ses décisions. On ne peut pas se dire démocrate et empêcher quelqu'un d'exprimer ses opinions et d’agir conformément à ses opinions. C'est à lui seul de faire l'analyse rétrospective de sa démarche et d'en tirer les conclusions s'il l'estime nécessaire. Je n'ai pas de leçon à lui faire par rapport à sa prise de position. Parce que mon parti aussi prend des positions politiques sans chercher à savoir ce que M. Démafouth en pense. Donc, je ne peux pas intervenir sur ce point, il est libre d'agir et de penser ce qu'il veut et de prendre des décisions en conséquence.

 

Lorsque nous avons appris comme d'habitude par les médias étrangers l'arrestation de M. Démafouth, vous avez entendu comme moi, le porte-parole du gouvernement, sous une forme affirmative, dire que c'est parce qu'e Démafouth a organisé des réunions pour fédérer les anciens groupes de rébellion afin de déstabiliser l'Etat qu’il a été arrêté. Et vous le savez comme moi que le porte-parole du gouvernement est un magistrat professionnel. Moi qui ne suis pas juriste, je n'ai aucune leçon à lui donner en matière pénale, et plus particulièrement dans le traitement de faits criminels. Parce que nous sommes là dans le domaine  de crimes e d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Et je crois savoir que dans une démarche criminelle, la sacro-sainte règle, c'est qu'il faut qu'il y ait des faits incontestés et avérés pour priver quelqu'un de sa liberté. Maintenant, on nous dit qu'il a été arrêté sur des éléments qui viendront. À être prouvés. Je ne comprends pas très bien, je le dis encore une fois de plus, je ne suis pas juriste. C'est-à-dire vous pouvez sortir de votre lit un matin, parce que quelqu'un a dit dans la nuit que ce jour-là, à 15 heures, vous allez commettre un crime, on vous arrête le matin pour prévenir ce crime. Même là encore, il faut qu'il ait des éléments probants qui attestent que ce crime allait être commis. Je pense, comme je l'ai dit pendant les élections de 2005 et depuis cette période jusqu’aujourd’hui,  il faut que le Président de la République qui est le garant de la sécurité dans ce pays soit serein, qu'il ait la tête froide devant toutes les manipulations qui peuvent venir de son propre camp pour rendre la vie nationale invivable. Les centrafricains ne veulent plus de l'atmosphère politique qui régnait sous Bokassa où on arrêtait à tour de bras des filles et fils de ce pays sur la base d'une simple fiche mensongère. Nulle n'est au-dessus de la loi. Que ce soit moi, que ce soit Démafouth, que ce soit un autre qui s'inscrirait dans une démarche de déstabilisation de l'Etat, et s'il y a des éléments prouvés, nous devons répondre de nos actes devant la loi. Mais, de grâce, ne prenons pas nos lubies pour des réalités au point d'offrir encore une fois de plus, notre pays en spectacle au monde entier. Lorsque vous ouvrez les radios internationales, et lorsqu'on parle de la RCA, on ne parle que des enfants qui meurent de malnutrition, que de grandes entreprises qui devraient commencer  des exploitations de minerais stratégiques et qui reportent leurs décisions parce que tout simplement elles estiment que la situation de notre pays n'est pas gérable. On ne parle que de rébellions, que de bandits criminels comme Baba Laddé qui tuent, qui pillent. On ne parle que de choses négatives dans notre pays. Et le gouvernement en rajoute, soit en arrêtant les journalistes alors que la loi dit qu’on n’arrête plus les journalistes, soit en arrêtant les hommes politiques sur la base des faits pour lesquels, trois semaines après, on ne peut pas présenter l'intéressé au parquet pour dire que voilà ce dont on vous inculpe. Je suis centrafricain, le patriotisme n'est pas le monopole du gouvernement, ni le monopole de ceux qui sont proches du pouvoir, ni le monopole d'un parti politique. Nous aimons tous notre pays et nous sommes tous fils de ce pays. Et nous voulons que ceux qui nous représentent aient un peu de pudeur dans leur démarche et se disent que nous sommes 4 000 000 de centrafricains qui avons droit à la dignité qui fait partie de la devise de notre pays. Alors, qu'on arrête d'offrir notre pays en ce spectacle de bouffonnerie mélangée à de la tragédie.

 

LHRD: Baba Laddé est mis hors d’état de nuire et bientôt ce sera le tour de Kony. Peut-on espérer qu’enfin le pays sera pacifié ?

 

MZ: Quelle est mon souhait en tant que Centrafricain? Quel est mon souhait en tant que fils de ce pays, père de famille qui a des enfants qui vivent également dans ce pays ? Quel est mon souhait en tant que président d'un parti politique qui a des militants dans tout le pays et qui souhaite circuler pour aller rencontrer ses militants sur le terrain comme je le fais depuis 2006-2007? Mon souhait le plus ardant, c'est qu'il y ait la paix et la sécurité dans le pays. Malheureusement, l'expérience de la gestion de ce pays m'interdit de croire à des communiqués triomphalistes. Vous êtes d'accord avec moi que lorsqu'il y a une fuite d'eau quelque part dans le mur d'une maison, lorsque la fuite est petite et que vous bouchez le trou dès le premier jour, cela permet de préserver la maison. Mais, lorsque le trou est grand et que la fuite est importante, la maison est également mouillée. Je voudrais bien qu'il y ait un retour définitif de la paix et de la sécurité dans notre pays.

 

Pour ce qui concerne Joseph Kony, ce criminel, je crois que l'intervention des troupes américaines nous permettra au moins de le faire partir de notre pays et que nos compatriotes des régions du Mbomou, du Haut Mbomou et une partie de la Haute Kotto et de la Vakaga vivent en paix.

Mais pour ce qui concerne Baba Laddé, vous vous souviendrez que je me suis beaucoup étalé sur cette question dans certains médias de la place pour dire que le gouvernement centrafricain n'avait pas à négocier avec Baba Laddé parce que les mots français ont un sens. Baba Laddé n'est pas un rebelle en Centrafrique. Il est tchadien, donc il est rebelle lorsqu'il est au Tchad. Mais, quand il est en Centrafrique avec des armes, il y a un mot pour le qualifier: c'est un envahisseur, c'est un hors-la-loi, c'est un bandit. Et un gouvernement ne négocie pas avec un envahisseur, ni un bandit. Je crois que cela a trop duré. Aujourd'hui, c'est comme vous soignez un cancer qui a déjà métastasé, c'est-à-dire qui s'est déjà répandu dans le corps. Et le président de la République en tant que garant de la sécurité de tous les centrafricains doit prendre toutes les mesures pour qu'effectivement l'ensemble du dispositif de Baba Laddé soit entièrement expurgé de notre pays pour ne pas que demain, on nous dise qu'il est allé encore quelque part, et qu'on n'a pas d'avions, de moyens pour aller le combattre et qu'on apprenne encore que le massacre du peuple centrafricain par ce criminel continue.

 

LHRD: Les caisses de l’Etat sont vides et des réformes d’envergure initiées par le gouvernement sont en chantier au ministère des finances. Les mesures prises, entre autres la dissolution des conseils d’administration des sociétés d’Etat et le compte unique du trésor…sont-elles suffisantes pour arrêter l’hémorragie et renflouer les caisses du trésor ?

 

MZ: Je crois que quand le Président de la République et son ministre d'Etat aux finances disent que les caisses de l'Etat sont vides, ils ne disent pas la vérité aux Centrafricains. Ils devaient dire que les caisses de l'Etat ont été vidées. Parce que c'est cela la vérité, les caisses de l'Etat ont été vidées. Parce que quelque chose qui est vide aujourd'hui, cela veut dire qu'elle était pleine hier. Et quand les caisses de l'Etat étaient pleines, parce que depuis 2004 jusqu'à 2010 et début 2011, le régime que dirige François Bozizé dans l'histoire de la République centrafricaine est le régime qui a engrangé  le plus d'assistance financière internationale de tous types. L’ensemble des statistiques, l'ensemble des données y relatives est du domaine public. Depuis que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international se sont réengagés dans notre pays en 2004, suivis des partenaires internationaux, il y a eu plus de 600 milliards de francs CFA d'aides extérieures diverses, si on compile les aides budgétaires, les remises de dettes, les dons, les décaissements des partenaires bilatéraux et multilatéraux, etc. Le résultat de tout cela aujourd’hui c'est qu'on nous dise que les caisses de l'Etat sont vides. Non! La vérité est que les caisses de l'Etat ont été vidées à une vitesse exponentielle.

 

Depuis 2009, il y a eu des festivals de dépenses hors budget, cela veut dire que c'est des fonds qui étaient prélevés sur les ressources de l'Etat et qui étaient consacrés à des dépenses non prévues et non exécutés selon les règles budgétaires. Les conséquences aujourd'hui, c'est que ces institutions financières internationales dans leur ensemble ont fermé les robinets. Et comme toujours sous ce régime, après avoir cherché en vain des boucs émissaires, maintenant, ils ne peuvent accuser personne et disent que les caisses sont vides sans préciser comment elles ont été vidées. Au moins, les Centrafricains en sont témoins, l'opposition n'a jamais demandé ni aux régies financières ni à quiconque de ne pas travailler, l’opposition n'a pas mis  le feu au pays après les élections. Parce qu'on savait dans l'opposition que c'était le prétexte que le pouvoir attendait pour justifier son échec dans la gestion du pays. C'est pour cela qu'on n’avait pas appelé à des manifestations de rues pour  ne pas leur fournir de prétextes. Par contre, nous avons opté pour la protestation politique postélectorale, avec le souci constant de ne pas engager le peuple dans la rue. Parce que cela aurait valu au pouvoir de justifier le chaos économique, la prédation des ressources et le festival des détournements qui ont eu lieu avant, pendant et après les élections. Et nous y sommes, car aujourd'hui, le pays doit recommencer à négocier de nouveaux accords parce qu’il faut repartir de zéro. Quand le pouvoir dit que les caisses de l'Etat sont vides, je dis non! les caisses de l'Etat ont été vidées.

 

Maintenant, le Président de la République, en  violation de l'article 23 de la Constitution qui dit qu'il ne doit assumer aucune autre fonction que la sienne est président du comité de trésorerie, c'est-à-dire comptable public. Et lorsque vous êtes comptable public et que vous faites des dépenses non prévues et injustifiées, cela veut dire, en droit que vous êtes personnellement responsable des manquements dans la gestion des finances de l'Etat. Comme si cela ne suffisait pas, ce régime, en plus de la dissolution de la douane en 2005 dont on n’en voit pas le fruit, continue dans la violation des engagements internationaux de la RCA. C’est ainsi qu’en violation du Traité de l’ OHADA, le Président de la République a décidé de la dissolution de l'ensemble des conseils d'administration des sociétés publiques et parapubliques, et de la création de ce fameux conseil spécial de surveillance de redressement des entreprises et offices publics dont il est le Président. Cela veut dire en réalité que le seul M. François Bozizé est Président de la République, unique comptable public des ressources financières de l'Etat au niveau du Trésor Public, et en tant que Président du conseil de surveillance des entreprises et offices publics, il est aussi LE DIRIGEANT de l'ensemble des entreprises publiques et semi-publiques de l'Etat centrafricain. C'est-à-dire qu'en dehors des entreprises privées, il est le seul et premier responsable de l'ensemble de l’ensemble de la circulation fiduciaire dans ce pays, puisqu’il est le seul ordonnateur des dépenses publiques et semi-publiques.  Même Bokassa n'a pas fait cela.. Et nous n'accepterons pas cela. Nous allons initier des actions judiciaires pour dire qu'il y a violation d'un traité, étant donné qu'un traité dans la hiérarchie des normes est supérieur aux lois nationales. C'est un acte illégal. Et nous ne devons pas accepter l'illégalité car même sur le plan de l’éthique républicaine, un Président de la République en exercice ne saurait accepter d’être , même à titre temporaire, dirigeant de fait d’entreprises du secteur marchand.

 

LHRD: L’actualité c’est aussi la hausse des prix du carburant à la pompe. Comment appréciez-vous la gestion de cette crise par la gouvernement, notamment en ce qui concerne les mesures d’accompagnement ?

 

MZ: Vous savez, nous en sommes à la troisième augmentation des prix des produits pétroliers en Centrafrique. On nous dit que les prix sont ajustés par rapport aux cours internationaux, mais ce qu'on ne nous dit pas, c'est que quand les cours baissent, les prix ne baissent pas. C'est le premier point. Le deuxième point je crois qu'il faut dire la vérité aux centrafricains que le service de contrôle des prix a été démantelé. Il n'en y a plus en Centrafrique. Alors, si le gouvernement dit qu'on bloque les prix, qui va contrôler le blocage des prix et surtout qui va faire respecter le blocage des prix? Moi, j'appelle cela de la démagogie et des recettes d'apprentis sorciers. Je crois que la vérité dans notre pays, c'est que la gestion financière de l'Etat est mauvaise.

 

Je trouve quand même extrêmement curieux que le Président de la République se lève un jour et se rend compte vers la fin décembre 2011, après neuf ans à la tête de l'Etat, c'est-à-dire 12 mois X 9, ans soit 108 mois qu'il est à la tête de l'Etat, que l'ensemble des sociétés d'Etat sont en faillite et que ceux qui les gèrent ne le font pas selon les règles. Mais ce qu'il n'a pas dit, c'est que ces messieurs et dames qui dirigent ces entreprises publiques et semi-publiques ne se sont pas auto-nommés à la tête de ces entreprises et que les membres de leurs conseils d'administration  non plus ne se sont pas auto-nommés. Qui les a nommés? Comment ont-ils été nommés ? Comment ont-ils été choisis? Qui est responsable de tout ce gâchis si ce n’est l'autorité de nomination? Alors, maintenant, on nous sort cette histoire des prix qui en réalité n’est que le thermomètre. En économie, on dit que le niveau de prix reflète l’état de 'offre et de la demande. Si l’offre est limitée et que la demande est forte, évidemment le résultat, c'est la flambée des prix. Lorsque vous voulez bloquer la flambée des prix, c'est simple, vous développez une politique de l'offre.. Si cela est trop compliqué pour le gouvernement, mais au moins, lorsqu'ils prennent un arrêté ou un décret pour dire qu'ils ont bloqué les prix, qu'ils nous disent quelle est l'administration qui est chargée de vérifier, d'exécuter et de faire respecter ces décisions. Puisque je vous le dis que le service de contrôle des prix est démantelé depuis belle lurette. Je crois qu'on connait un bon maçon au pied du mur. La seule question qu'il faut poser à n'importe quel centrafricain, c'est de lui demander est-ce qu'il a le sentiment qu'en 2012, il vit mieux qu'en 2004 ou en 2005? Les centrafricains ne sont pas des enfants pour qu'on leur raconte continuellement des histoires. Tout le monde sait que la gestion financière, économique de ce pays est catastrophique comme viennent de le sanctionner le FMI et la Banque mondiale. Aujourd'hui, le gouvernement fait des pieds et des mains, cherche des médiations, implore des gens, lance des opérations de communication avec des hebdomadaires africains publiées à Paris pour demander aux gens vraiment de fermer les yeux sur leurs turpitudes et de continuer à les aider. Nous sommes même prêts à les aider dans cette démarche, mais que pour une fois, qu’il avoue aux centrafricains que oui, nous avons mal géré et nous souhaitons en tirer les leçons.

 

 

LHRD: Dix mois après les élections quelle est la santé politique du MLPC qui oscille entre une campagne de débauchage de ses militants et la réintégration du parti par les anciens comités de soutien à Patassé ?

 

MZ: Je vous remercie de m'avoir donné l'opportunité de me prononcer sur la santé du MLPC. Le MLPC se porte bien. Le MLPC est un parti politique et, comme dans d'autres partis politiques, l'adhésion est libre comme le départ du parti est libre. Il y a un certain nombre de camarades qui ont estimé en réalité que l'opposition est trop difficile à supporter, et qui ont décidé sous des prétextes divers de sortir de cette situation de difficultés de vie quotidienne, ce que je comprends. Et c'est leur liberté. Je ne suis pas un procureur, et comme je vous le disais au début de cet entretien, dès l’instant où nous sommes en démocratie et que chacun est libre de faire ses choix, il faut les laisser prendre la décision qu'ils estiment être la meilleure pour eux, après l’analyse personnelle qu'ils font d'une situation donnée. Donc, je respecte la décision de ceux qui, pour une raison ou une autre, ont décidé d’aller vers des pâturages plus verts. Vous êtes centrafricains, vous avez suivi ce qui est arrivé au MLPC dans les années 2006-2007 et qui sont des phénomènes que j'allais dire normaux. En effet, dans tout parti politique, qui a exercé le pouvoir de l’Etat,  lorsque vous perdez le pouvoir, il y a des mouvements divers. Nous nous sommes beaucoup battus pour préserver l'unité du parti, et cela a été très difficile mais malgré les vents violents et contraires, le gros de nos militants est en place. En effet, dans un premier temps , après les élections de 2005, et surtout après 2006,  il y a eu des camarades qui ont démissionnés formellement du MLPC puis ils ont suivi Feu le président Patassé lors des dernières élections.

 

Après les élections, et la situation qui a été créée par les fraudes organisées par Elie Ouéfio et le staff du KNK et  avalisée par Bozizé lui-même, nous nous sommes retrouvés devant une nouvelle situation politique. Je tiens ici, une fois de plus, à remercier mon frère Gros Emile Raymond Nakombo, candidat à la dernière présidentielle pour le compte du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), notre parti frère, frère dans le FARE-2011, frère dans le CFC, frère dans l'UFVN qui est venu me voir ici à la maison pour me dire : «dans la phase de la lutte où nous sommes, il faut aller vers l'unité. Comme a dit Mao, «c'est l'unicité des contraires», c'est lorsque vous ne vous entendez pas que vous allez vers l'unité». Je lui ai répondu sans hésiter que j'étais disponible. C’était comme cela qu'on s'était réconcilié avec feu le Président PATASSE le 4 février dernier devant tout le monde y compris la presse. A cette occasion, j'avais dit que je ne retomberai plus jamais dans les querelles intestines et improductives qui ont fragilisé la grande famille politique du MLPC. Parce que, ce qui s'est passé en janvier 2011, l'espérance du peuple qui a été trahie a été en partie possible à cause des divisions et des dissensions dans les grandes familles politiques. Donc, il faut avoir la lucidité et l'humilité surtout de tirer les leçons de ce qu'on a fait hier ou avant-hier et qui n'a pas marché. Comme le disent les Romains, «c'est humain de se tromper, mais il est diabolique de persévérer dans l'erreur». C'est pour cela qu'après les obsèques du Président Patassé et à mon retour après un long séjour en France pour des raisons privées, j'ai reçu une visite des camarades qui étaient dans ses comités de soutien et qui ont manifesté le besoin de revenir dans le parti. Ils ont organisé la cérémonie au quartier Fondo, dans le 5è arrondissement à laquelle ils m'ont invité et je vous apprends qu'il y en aura d'autres, au quartier Sara, à Combattant dans d'autres lieux de Bangui et en province, etc. C'est toujours à la demande de ceux qui veulent revenir dans le parti que ces réunions de retour au Parti sont organisés. Car, l'adhésion dans le parti est individuelle. Ce n'est pas qu'il y a eu une fusion entre deux groupes juridiquement constitués, ce sont des militants qui appartenaient aux comités de soutien qui, individuellement, ont pris la décision de réintégrer le parti.

 

Pour répondre à toute votre question, effectivement,  il y a eu des campagnes de débauchage dans les rangs du MLPC comme vous l'avez dit, et tout le monde sait que cela est orchestré par le pouvoir. Au MLPC, nous sommes conscients que l’objectif du pouvoir en place depuis le 15 mars 2003, ce n' était pas seulement de prendre le pouvoir entre les mains du Président Patassé, mais de détruire le MLPC comme force politique. Et pas seulement le MLPC, mais l'ensemble des forces politiques de l'opposition. Le vrai problème, c'est qu'il s'agit d'une démarche délibérée et anti-démocratique. Donc, aujourd'hui, c'est le MLPC qui est visé, avec la même technique c'est-à-dire on regarde dans le parti, ceux  qui sont les moins susceptibles de supporter les difficultés de la vie de l'opposition, ils sont cooptés et nommés à des fonctions périphériques puis utilisés contre le parti :nous connaissons bien ce jeu  et nous n'en sommes pas dupes. C'est ce que vous voyez aujourd'hui, et demain il y’ en aura d'autres parce que cette démarche de tentative de fragilisation des partis politiques continue. Mais, comme Dieu est là pour tout le monde, à côté de ceux qui organisent, financent, orchestrent, investissent dans les campagnes de débauchage contre le MLPC, il y a d'autres centrafricains qui décident plutôt de revenir dans le parti. C'est aussi parce que Dieu est merveilleux que tout s'équilibre. Comme disait Lavoisier, «rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme».

 

LHRD: En 2011, la rentrée politique du MLPC avait été interdite par le pouvoir, cela vous oblige-t-il désormais à organiser vos rentrées politiques subrepticement ?

 

MZ: Je tiens à dire que notre rentrée politique a été interdite par la seule volonté de François Bozizé. Je avais dit que nous avions eu une réunion avec le ministre de l'administration du territoire, qui était assisté du ministre de la justice, porte-parole du gouvernement et une délégation du MLPC, comprenant le premier vice-président du parti, Edouard Koyambonou qui s'occupe des affaires politiques et le camarade Mazette qui s'occupe des organes du parti, conduite par moi-même. Et lors de cette réunion, nous étions arrivés à la conclusion que nous pouvons faire cette rentrée politique sur notre terrain privé, à savoir la place Marabéna. Ce terrain est une propriété privée du MLPC dont nous avons le titre foncier au nom du parti. Donc, comme cela nous a été interdit, nous allons porter plainte devant les juridictions, quitte à ce que les tribunaux nous disent que le pouvoir a raison, mais l'histoire d'un pays s'écrit comme ça. Il faut qu'il y’ ait des traces écrites de cette forfaiture, de ce fait du prince privatif de liberté. Nous continuerons nos activités, parce qu’après cette phase de réconciliation, nous allons lancer la restructuration du parti dans tout Bangui et Bimbo et après à l'intérieur du pays. Nous devons faire notre congrès vers la fin de l'année, si nous ne pouvons pas le faire à la fin de l'année parce que la réconciliation n'est pas encore terminée, nous le ferons l'année prochaine. Et nous continuerons à nous réunir dans le respect de la réglementation. Mais, il faut nous préciser quelle réglementation ? Parce qu'ils disent y compris le Président de la République que nous n'avons pas respecté la loi, mais ils n'ont pas dit quelle loi nous n'avons respecté. Parce qu'en réalité, il n'existe aucune réglementation en matière d'organisation des meetings d'un parti politique, lorsque cela ne se fait pas dans un lieu public. Même s'ils évoquent la loi française de 1901, elle parle des associations et non des partis politiques. Donc, une fois de plus, chaque jour que Dieu fait, ce régime prouve que pour eux, la loi est comme une camisole de forces dont ils veulent se défaire. Quand c’est eux qui qu'ils veulent faire des manifestations, il n'y a pas la loi ni d’autorisation à demander. Les élections ont eu lieu en 2011, jusqu'aujourd'hui devant le Palais de sport, vous voyez toujours les affiches électorales du KNK. Mais, si le MLPC avait collé même au portail de son siège des documents électoraux ou affiches électorales jusqu'aujourd'hui, qu'est ce qu’on n’aurait pas dit? Que nous voulions déstabiliser l'Etat! Voyez bien aujourd'hui dans ce pays, nous sommes devant un pouvoir qui n'apporte rien sur le plan du bien être aux centrafricains, mais qui veut par la force s'imposer à tous comme un parti unique en réalité. Mais, comme Dieu fait bien les choses, voyez-vous l'état dans lequel se trouve le KNK. Parce qu'ils ne sont pas des démocrates, ils ne croient qu'à la force y compris dans leur propre parti et ils se tapent dessus, parce que celui qui est fort tape sur l'autre.  D’ailleurs ils se tapent dessus à tel point qu’un membre du Haut Conseil de la Communication, pourtant astreint au devoir de réserve, se croit obligé de produire des articles de presse pour les conseiller. C’est le retour au Parti-Etat? Donc, nous sommes devant cette situation. Avec cet état d'esprit au KNK, où la ni la tolérance ni sérénité n’existent, comment pensez-vous qu’ils peuvent supporter la contradiction inhérente à toute société multipartite, et plus encore, apporter le bien être à tout un peuple qui est par définition divers?

 

LHRD: A en croire un communiqué gouvernemental, le pouvoir semble ne pas vouloir recevoir de leçons du MLPC. Sur la base d’un tel rapport, comment entendez-vous faire aboutir vos contributions pour la reconstruction du pays ?

 

MZ: Vous savez que je suis de mère tchadienne. Mes cousins les tchadiens ont un proverbe très amusant et instructif qui dit «si vous passez dans la rue et que vous voyez des gens jeter des pierres sur un arbre, c'est que l'arbre a des fruits». Donc, si vous voyez le gouvernement, le Président de la République en tête se mobiliser pour essayer de débaucher des gens dans le MLPC, pour vilipender le MLPC, c'est parce que lorsqu'ils dorment la nuit et qu'ils se réveillent en sursaut, ils pensent que le MLPC est dans leur dos. C'est comme l'œil de Caïen dans la Bible. Donc, nous allons continuer dans le respect de la loi et dans le respect aussi dû à nos compatriotes. Nous allons continuer à faire notre travail de parti d'opposition et à dénoncer tous les errements du régime. Mais, j'espère au moins quand ils étaient dans la rébellion et qu'ils cherchaient à prendre le pouvoir, ils ne s'étaient pas imaginés que l'exercice du pouvoir est un dîner de gala.  Le même droit qu'ils s'étaient arrogés de critiquer vertement hier existe aujourd'hui, et existera demain pour tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans un pouvoir quel qu’il soit. C'est pour dire qu'il faut que chacun fasse son travail: eux, ils gouvernent et nous, nous faisons notre travail d'opposants.

Je voudrais aussi rappeler à ceux qui disent au MLPC de ne pas parler que le 15 mars 2003, quand ils entraient à Bangui, il y avait l'eau et l'électricité partout dans Bangui. Neuf ans après, la moitié de Bangui est dans l'obscurité et 3/4 de la ville n'ont pas d'eau. Pour cela au moins, il faut qu'ils s'en rendent compte que ce n'est pas le MLPC qui les a empêcher de mettre l'eau et l'électricité dans la ville. Et pendant tout le régime du MLPC, y compris pendant les mutineries, il n'y a jamais eu de ponts ou de routes cassés à Bangui. Et je crois que ce sont au moins des faits dont on peut en parler sans polémique.

LHRD: Malgré la promesse faite par le Premier Ministre à son retour de la Table Ronde de Bruxelles selon laquelle le gouvernement devrait enregistrer l’ensemble des engagements chiffrés des partenaires dans trois mois, à ce jour le financement du DSRP II pose toujours problème. Comment justifier cela ?

MZ: De manière historiquement précise, avant la Table Ronde de Bruxelles, il avait été expliqué aux centrafricains, qu'il fallait que Bozizé gagne les élections, parce qu'après les élections, il y avait la Table Ronde de Bruxelles et que la communauté internationale allait donner 1 000 milliards F. CFA à la RCA pour amorcer son développement. Ce n'est pas moi qui l'ai inventé, je l'ai entendu de mes propres oreilles de la bouche du chef de l'Etat et du porte-parole du gouvernement à l'époque qui d'ailleurs, depuis lors s'est tu. Et lorsque cette équipée bruxelloise a eu lieu, à leur retour, c'est un membre du gouvernement qui a dit qu'ils ont eu 400 milliards F. CFA et le Premier ministre qui est un mathématicien et donc qui sait compter a dit que ces chiffres ne l'engagent pas du tout et qu'il allait faire une conférence de presse ou une communication plus tard pour dire en réalité ce qu’ils ont engrangé de Bruxelles. Comme je le dis, le Premier Ministre est un mathématicien qui sait compter, s'il n'a rien dit, c'est qu'il n'a rien engrangé. Pour cela, ayons l'honnêteté de lui reconnaître que lui au moins ne raconte pas d'histoire. Puisqu'ils n'ont rien dit, c'est qu'il n'y a rien.

J'étais invité au mois de novembre dernier à Tanger au Maroc pour participer à une conférence internationale organisée par un think-tank qui s'appelle Amadéus, où j'ai participé à un panel de débats et où la question était: quels bénéficies peuvent tirer les pays africains de leurs relations économiques avec la Chine? Au cours de ce débat où participaient des responsables politiques chinois, des africains, des conseillers, des ministres, etc., j'ai dit que la question est mal posée. Lorsque vous êtes dans une situation et que vous vous demandez, qu'est-ce que je peux avoir de l'autre, vous posez déjà mal le problème. La question est de savoir quels sont mes besoins. Il faudrait d’abord avoir une idée claire de son propre devenir, et c'est ce qu'on appelle avoir de la vision de son propre sort et de son devenir. C’est à partir de ce moment qu’au vu de vos objectifs principaux et intermédiaires à atteindre, vous vous asseyez lucidement avec les partenaires pour voir avec qui je peux faire telle ou telle chose pour l'atteinte de mes objectifs. Cette question, elle est stratégique, Vous pouvez l'appeler comme vous voulez, mais dans la démarche d'un gouvernement, il faut qu'il y ait une vision et avec cette vision, nous devons dire nous, avec notre peuple, qu'est-ce que nous devons faire avant de commencer à dire qu'il faut aller à Bruxelles, à Tokyo ou à Pékin, et qu'on va nous donner l'argent pour venir faire le bonheur de la RCA. Ce n'est pas vrai. Je ne suis pas une référence internationale en matière d'économie de développement, mais vous me permettrez de dire quand même que j'en sais un peu quelque chose. Et que je peux vous dire que notre grand problème est celui d'avoir une vision auto-générée et autogérée de notre propre développement. Peut-être que le MLPC a aussi commis cette erreur de toujours faire croire à la population que notre bonheur viendra de l'extérieur. Or, jamais, notre bonheur ne viendra de l'extérieur. Je suis social-démocrate, ma vision est que c'est nous qui ferons le bonheur de notre pays par un travail intelligent, une organisation et une gestion rigoureuses de tout ce que nous pouvons avoir comme opportunité dans le pays et toujours, penser à une répartition automatique de la richesse nationale. Lorsque vous vous sentez concernés par quelque chose, vous pouvez accepter de transpirer et même de mourir pour cela. Si non, c'est comme de l'eau sur la plume d'un canard. Comme je le disais, demandez au centrafricain, est-ce qu'il a le sentiment qu'il vit mieux qu'il y a dix, vingt, trente ans? Est-ce qu'il a le sentiment que ses enfants sont mieux éduqués, mieux soignés? Nous avons aussi un problème, nous manquons de sérénité et plus particulièrement ce régime. Ils vivent dans une peur perpétuelle de leurs propres compatriotes au point d'être agressifs. Et comme ils sont agressifs, ils excluent toutes les voix qui sont discordantes, mais qui ne sont en rien hostiles au pays. Donc, la question du DSRP II ne donnera  à on avis pas grand-chose parce que c'est une projection de développement qui s'appuie en totalité sur des partenaires extérieurs, c'est-à-dire qu'on a délégué à l'extérieur, la tâche de développer notre pays alors que ces financements extérieurs sont constamment soumis à des conditionnalités, donc aléatoires.  Cela ne marchera jamais comme nous le souhaitons et come c’est conçu Je crois que le régime a intérêt à être lucide pour arrêter à se mentir à lui-même et à mentir aux centrafricains. C'est cela mon mot de la fin.

LHRD: Monsieur le président, je vous remercie.

 

 

Interview réalisée par Sylvestre Krock

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