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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 17:02

 

 

 

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Monsieur M. ZIGUELE, merci d’avoir bien voulu vous prononcer sur le contexte sociopolitique actuel. Comment se porte le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) ?

Merci Monsieur le journaliste, d’être venu à moi me donner l’occasion de m’adresser  à nos compatriotes et à nos militants. Puisque par la seule volonté de François BOZIZE et de son parti unique le KNK, l’ensemble des partis politiques de l’opposition démocratique sont exclus de l’Assemblée dite Nationale mais qui de fait ne l’est plus, nous n’avons plus que les médias privés – les médias publics nous étant hermétiquement fermés- et les meetings pour nous exprimer.

Le MLPC se porte très bien, merci. Nous nous portons d’autant mieux que les défis qui se posent aujourd’hui au peuple centrafricain sont importants et multiples : nous avons face à nous un pouvoir d’essence autocratique qui ne respecte ni la Constitution, ni le Code électoral ni les autres lois, et qui ne cache pas sa détermination à tout écraser sur son chemin, à commencer par les principes même du pluralisme démocratique et de la séparation des pouvoirs, ainsi que les droits et les libertés individuels et collectifs, dans un contexte où le centrafricain subit les affres d’une mauvaise gouvernance désormais  incontesté.

Le MLPC est né dans la lutte contre le despotisme de Bokassa, et nous nous retrouvons 33 ans plus tard devant les mêmes défis politiques, sécuritaires, sociaux et économiques que notre pays affrontait à l’époque. Comme Sisyphe, nous sommes obligés de nous battre à nouveau sur ces fondamentaux, afin de redonner un espoir à notre peuple qui replonge insidieusement dans un environnement qu’il croyait à jamais révolu.

Face à de tels défis, nous devons être en très bonne santé et nous le sommes.

Que dites vous à ceux qui pensent que le MLPC traverse une crise avec l’entrée de son Secrétaire général dans le gouvernement de Touadera III contre l’avis du Parti ?

L’adhésion à un parti politique, comme le départ, est un acte individuel et personnel. Je n’ai donc pas à commenter des décisions individuelles et personnelles qui relèvent de la liberté de chacun. Le MLPC a d’autres chats à fouetter et ne se laissera pas distraire par des épiphénomènes qui ont justement pour objectif de nous pousser à lâcher la proie pour l’ombre.

Pour clore définitivement cette page, je tiens à vous informer que le Parti a eu à examiner cette situation que vous évoquez selon la procédure statutaire, et des sanctions ont été prises par notre Conseil Politique National à une majorité écrasante de 64 voix pour la radiation définitive de la personne concernée, sur 70 votants présents et représentés. Cela prouve que le MLPC est un  parti organisé,  qui respecte aussi bien son éthique que ses textes organiques.

Nous savons que l’objectif stratégique du pouvoir en place est de fragiliser le MLPC, et au-delà toute l’opposition démocratique. Nous le savons très bien et je dirais même que c’est de bonne guerre. Aujourd’hui comme demain, des moyens sont et seront mis en œuvre pour tenter de nous fragiliser et compte-tenu de la misère ambiante, la pêche peut sembler miraculeuse mais elle sera sans lendemain, parce que l’histoire nous enseigne deux leçons importantes en politique :

La première est « qui a trahi trahira toujours », parce que la nature même d’une personne « charnière » est de pouvoir se retourner dans les deux sens, selon ses intérêts personnels du moment et selon les circonstances.

La seconde est contenue dans le vieil adage latin qui dit « La roche tarpéienne est proche du Capitole ».

Nous avons tous intérêt à méditer cela.

Au sortir du Conseil Politique National (CPN) du Parti tenu à Bangui du 16 au 17 juin, beaucoup de recommandations ont été prises. Peut-on avoir une idée sur l’exécution de ces recommandations ?

Oui, en effet, notre dernier Conseil Politique National tenu à Bangui les 16 et 17 juin 2011, a pris plusieurs recommandations. La première, politique et symbolique, porte sur la réhabilitation du Camarade Président Ange Félix PATASSE. D’autres portent sur des mesures individuelles soit de sanction soit de nomination comme celle de notre nouveau Secrétaire général, Etienne MALEKOUDOU. Certaines, enfin, portent sur trois chantiers importants à moyen terme et un quatrième à court terme auxquels nous nous attelons :

Le premier porte sur la restructuration du Parti et la nécessaire réconciliation avec nos frères et sœurs avec qui nous militions hier. Un Comité de réflexion sur la restructuration des organes du Parti, dirigé par le Camarade Jacquesson MAZETTE, Deuxième Vice-Président chargé des organes du Parti, est mis en place pour réflechir et soumettre au Bureau Politique des propositions concrètes sur leur restructuration complète, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le mot d’ordre du Conseil Politique National est : « tous les militants retournent à leurs cellules de base » , et à partir de ces cellules seront reconstruites des sections, des sous-fédérations et des fédérations du MLPC, du MLJC et du MLFC qui seront légitimes à participer au Congrès de l’Unité, du Renouveau et de la Réconciliation prévu en 2012. Ce travail de réflexion portera également, comme je l’avais dit tantôt, sur la réconciliation avec nos camarades d’hier pour reconstituer le grand MLPC qui doit rester uni malgré les viciissitudes de l’histoire.

 Le second porte sur les modalités de l’ouverture des rangs du Parti à de nouvelles adhésions au cours d’une journée « Portes Ouvertes sur le MLPC » prévu le jour de notre 33 ème anniversaire, le 22 février 2012 à la Place MARABENA à Bangui, et à laquelle tous les centrafricans sont d’ores et déjà conviés. Le MLPC doit s’ancrer davantage dans toutes les couches socioprofessionnelles de la RCA, et sur une base géographique la plus large possible. Ce « sang neuf » permettra de revivifier notre parti, qui devra plus que jamais être le creuset des aspirations des c centrafricaines et des centrafricains dans leur ensemble.

Le troisième chantier concerne la relecture de nos textes organiques. Là également,   un Comité a été mis en place sous la houlette du Camarade Marcel LOUDEGUE, Cinquième Vice-Président chargé des Relations extérieures, qui assure également l’intérim de la quatrième Vice-Présidence. Il proposera au Bureau Politique des orientations relatives à une nouvelle organisation fonctionnelle du MLPC pour l’adapter à un environnement qui a beaucoup évolué depuis notre création le 22 février 1979.

Enfin, le quatrième chantier, à court terme,  est celui de la préparation de notre Rentrée politique, prévue le 10 septembre 2011 à la Place MARABENA à Bangui. En effet depuis le mercredi 17 août 2011 tous les membres du Bureau Politique sont sur le terrain pour une durée de deux semaines dasn le cadre d’une opération spéciale de mobilisation de nos militantes et militants des fédérations et sous-fédérations de Bangui et de Bimbo, en vue de leur participation massive à cette Rentrée politique Celle-ci sera d’ailleurs le point de départ des opérations de terrain de restructuration et de réconcilaition  partout en RCA et à l’étranger.

D’autres chantiers dont je vous parlerai plus tard, ne relèvent pas spécifiquement des recommandations du CPN. Enfin, nous tiendrons une assemblée générale de toutes nos structures de la Fédération d’Europe-Amérique-Asie-Moyen-Orient et Océanie le 24 septembre à Toulouse en France, et j’y serai pour réfléchir avec les camarades de la diaspora de la consolidation de notre Parti qui est déjà plus que trentenaire.

Votre Parti prépare une rentrée politique prévue pour le mois prochain ; pourquoi envisagez-vous cet évènement à un moment où vous vous battez encore pour l’annulation des élections passées ?

Comme je vous le disais tantôt, le MLPC est un parti trentenaire, par conséquent nous avons des traditions, dont celle d’organiser chaque année une rentrée politique. La prochaine aura donc lieu le 10 septembre 2011 à la Place MARABENA. C’est l’occasion de relancer la vie politique du Parti  pour une année, en donnant les orientations opérationnelles. Nous réfléchissons à la transformation de la rentrée politique qui est limitée aux responsables des organes de Bangui et de Bimbo, à une formule d’université d’été du MLPC étendu aux responsables du Parti de l’ensemble du pays, pour un ressourcement idéologique et politique, dans le cadre de l’Ecole du Parti.

La République Centrafricaine traverse une crise sociopolitique. L’opposition a-t-elle des recettes pour résoudre cette tension ?

La crise est née de la volonté manifeste et délibérée du pouvoir de François BOZIZE et de son parti KNK de travestir le jeu politique, de manipuler le processus électoral et de faire de ce pays une exception monolithique dans un monde où l’actualité quotidienne nous démontre pourtant la parfaite vanité de telles prétentions.

L’opposition démocratique a pris position depuis le 25 janvier 2011  et l’a réaffirmée le 4 mars 2011 à travers la plateforme politique du FARE 2011. Nous voulons l’annulation et la reprise des élections du 23 janvier 2011. La résolution de cette crise politique postélectorale est la seule solution à ce que vous appelez « tension » mais qui est en réalité un cul-de-sac politique pour notre pays.

Le Gouvernement centrafricain a signé des accords de cessez-le feu avec les groupes rebelles ; pensez-vous que ce sont des signes forts pour la pacification du pays ?

Je veux la paix et la sécurité pour mon pays et dans mon pays, au bénéfice de l’ensemble de mes compatriotes et de tous ceux qui ont choisi de vivre et de travailler dans notre pays. C’est pour cette raison que vous m’entendez souvent réagir sur les questions de sécurité de la RCA. Je salue chaque pas sur le chemin de la paix qui peut apporter du répit à nos compatriotes.

Je sais que les défis sécuritaires sont très importants pour notre pays, et sans la sécurité il n’ya aucun espoir de développer ce pays ni de lutter contre la misère qui frappe la quasi-totalité de la population. Malheureusement, ce gouvernement fonctionne avec des effets d’annonce qui ne trompent plus personne et  des fuites en avant répétitives. Il faut bien préparer et exécuter le programme DDR de concert avec la communauté internationale pour éviter des retours à la case départ au lieu de lancer des opérations démagogiques, solitaires et unilatérales qui risquent de s’enliser. Je ne le souhaite pas au vu des souffrances de nos populations des zones occupées.

Quel message avez-vous à lancer aux centrafricains ?

Mon seul message est de dire à nos compatriotes que même si le MLPC et les partis de l’opposition démocratique sont TOUS EXCLUS de l’Assemblée dite Nationale mais qui ne l’est plus par la seule volonté de François BOZIZE et de son parti- Etat le KNK, nous continuerons à nous battre par tous les moyens de droit pour la liberté et la démocratie. Nous connaissons notre pays, son histoire et ses hommes. C’est pour cela que je dis à mes compatriotes, il faut bien mourir pour aller au paradis et surtout «  Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour se lève toujours ». Gardons espoir et continuons la lutte avec le MLPC pour un Centrafrique terre de nos ancêtres, uni, paisible, démocratique et prospère. Boganda n’est pas allé au sacrifice  suprême pour donner au monde un pays vassalisé, méprisé et « brimé par tous ».

                                                Propos recueillis par Freddy MASSENGUE

                                              Journaliste stagiaire au Quotidien Le confident

 

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