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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 20:11

 

 

 

 

 

Mahamat-Zakarie.JPG

 

 

                            Mahamat Zakarie MAHAMAT de la CPJP


 

M. Mahamat Zakarie Mahamat est l’un des leaders de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), cette faction rebelle centrafricaine qui vient de signer un accord de paix avec le pouvoir de Bangui. Conseiller politique, numéro deux du mouvement, Centrafrique Presse s’est rapproché de lui pour connaître  son point de vue. Désarmement, avenir de la CPJP, ambitions personnelles, … l’ex-leader de la rébellion dit tout. Ou presque…

 

Bonjour Monsieur, veillez-vous présenter à nos lecteurs


Mahamat Zakarie Mahamat (M.Z.M) : Je suis  monsieur Mamhamat Zakarie Mahamat, le Conseiller politique de la CPJP, chargé des affaires extérieures. J’aime travailler plutôt à l’ombre que d’être au devant de la scène.

 

La CPJP vient de signer un accord de paix avec le gouvernement centrafricain. Pourquoi aviez-vous créé cette rébellion ?


M.Z.M :La CPJP a été créée suite à un mécontentement de la population de la région de Bria. Un mécontentement dû à une injustice sociale, à un crime crapuleux commis et défendu par un ancien ministre qui a dit que ces criminels sont intouchables. Et cela a créé la frustration. Pourquoi elle a été créée ? C’est le refus de l’injustice sociale ; d’une certaine marginalisation d’une part de la population centrafricaine. C’est un soulèvement populaire qui ne concerne pas seulement une ethnie de la région mais tous les Centrafricains épris de justice et de paix.


Que pensez-vous de cet accord signé le samedi 25 août dernier avec le pouvoir de Bangui ?


M.Z.M :Je crois que dans cet accord, les négociations ont été très âpres et nous avions fait des concessions qui ont été pénibles. Mais nous gardons ces revendications qui vont s’inscrire dans notre lutte politique. Et nous attirons l’attention de la communauté internationale. D’ailleurs le point numéro 5 de nos revendications qui parle de la revalorisation de notre patrimoine culturel, notamment le sultanat de Bangassou de Zémio et celui de Dar-el-kounty. Le gouvernement a refusé d’accepter ce point qui est pour nous d’une importance capitale. Mais nous garderons ce combat pour la lutte politique. Dans l’intérêt supérieur de la nation, nous avions lâché du leste pour ne pas nous accuser de refuser la paix en s’arc-boutant sur des points de revendications. Pour nous maintenant, est-ce que les applications des recommandations seront strictement respectées ? Nous avions déjà posé les actes. Donc la balle est dans le camp du gouvernement.

Avec la signature de cet accord, aviez-vous déjà renoncé à changer le pouvoir par la force ?

M.Z.M :Avec la signature de l’accord de cessez-le-feu, on a attiré le regard de l’opinion nationale et internationale sur une injustice sociale qu’une frange de la population centrafricaine vit en elle depuis plus de 50 ans. Je m’explique. Vous allez prendre dans la Vakaga, le village Sikikédé qui fait plus de 32. 000 habitants et reste toujours un village. Et le nombre de ses habitants dépasse largement celui de la population de la Vakaga. Il n’y aucune infrastructure administrative, pas d’écoles ni de dispensaires et je ne parlerai pas de services de l’Etat. Et le village Akoursoubak dans le Bamingui Bangoran et Miamani qui ont une existence de 150 ans, ne sont jamais érigés en commune. Si on parle de ces régions maintenant, on dirait que ces Centrafricains sont des apatrides car ces compatriotes n’ont pas d’actes de naissance, ni de cartes d’identité nationales. Comment pouvez-vous expliquer cette injustice ? Elle est voulue par les pouvoirs en place depuis 50 ans de confiner une population de toutes ces régions de Nord Est de la RCA à l’état primaire, dans quel but ? Alors vous voyez que les aspects sont très énormes et ce constat, vous pouvez le retrouver dans les régions de l’Ouham, l’Ouham Pendé et consort où tous ces Centrafricains sont laissés à l’abandon. Il n’y a pas de leadership politique au sein de la classe politique centrafricaine qui peut attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la situation socio-économique de notre peuple.  Ils ne sont que là pour des querelles électorales mesquines sans une projection politique ou un projet de société, ce qui fait de notre classe politique, une classe politique atone et affole. Nous sommes l’émergence d’une nouvelle élite politique, pleins d’ambitions et une volonté à relever le défi du développement socio-économique de notre pays. La Centrafrique a une potentialité arrogante mais où sont les infrastructures et les projets de développement ? Il suffit d’une volonté politique en 5 ans, la RCA retrouvera un autre visage. Nous apportons notre contribution à l’émergence de notre pays. La force n’est pas une solution dans le développement d’un pays. C’est une alternative trop difficile à prendre. C’est que de fois les gens n’ont pas le choix. Mais je crois aujourd’hui si la CPJP va au désarmement c’est que nous avons l’écoute des Centrafricains, de la Communauté internationale, du gouvernement, et des entités institutionnelles et savent déjà que si des gens ont pris les armes c’est parce qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Et si les gens ont pris conscience de résoudre les problèmes par le dialogue et la négociation, c’est le meilleur choix et la force ne sera qu’un vieux souvenir.

 

La CPJP va se transformer dorénavant en parti politique. Peut-on déjà avoir une idée sur votre courant politique ?

 

M.Z.M :Vous savez pour le moment, on a une réserve. On vient d’adhérer à l’accord global de paix. Nous allons convoquer un congrès de tous les délégués des 16  préfectures de la RCA afin de mettre en place les organes du parti. Et ce que nous avons comme projet politique, notre courant ou notre tendance, le moment venu Centrafrique presse aura la primeur de notre projet de société.

 

La CPJP est entrée dans le programme du DDR en cours. Quel est votre avis de ce processus ?

 

M.Z.M :Vous savez le DDR en soi n’est pas un problème mais le problème, c’est la réinsertion et la réintégration. Si le D1 et le D2 peuvent être achevés rapidement et si le financement n’est pas en place pour enclencher le processus R1 et R2, il y aura flottement qui sera très dangereux sur le programme du DDR et aussi sur la paix. Parce que ceux qui seront désarmés et démobilisés ne doivent pas sentir un vide. Il faut les occuper rapidement en les prenant en charge dans les activités du processus de réinsertion et la réintégration. Sinon ces ex-combattants se sentiront lésés. Et s’ils retombent dans leur logique d’avant, c’est-à-dire le combat, la rébellion ; il sera difficile encore de les ramener à la raison. Car le crédit confiance est consommé. Alors c’est une opportunité où jamais pour tous les Centrafricains de saisir cette chance, de pousser le gouvernement à respecter ses engagements. Quant à la CPJP par ma voix ne changera pas de logique, c’est-à-dire la logique de la paix. Il en va de l’avenir de la RCA toute entière.


Monsieur le Conseiller politique, quelles sont vos ambitions personnelles ?

 

M.Z.M :Ecoutez, les grandes écoles de Sciences Politiques n’enseignent pas la politique au présent ni au futur ; parce qu’il n’y en a pas. Tout ce que ces écoles enseignent, ce sont les faits des Hommes politiques. Qu’est ce qu’ils ont fait dans leurs pays respectifs ? Ces Hommes ont posé des actes, en orientant leur société dans deux logiques : la bourgeoise et le prolétaire ; c’est-à-dire le capital ou le social. Etre un capitaliste, un socio-démocrate ; toute forme de casernement politique c’est l’Etat du pays qui l’oriente et chaque politique est spécifique à un pays, à son degré d’évolution ou de délabrement. Et l’homme politique, c’est celui qui a des idéaux et qui aspire à l’évolution socio-économique de son pays. Et la politique c’est l’école de la vie, il faut avoir une conviction forte, une aspiration, un idéal, un projet de société dans le domaine économique, social et sécuritaire. Alors c’est un travail très passionnant si l’on se sacrifie pour que les autres puissent vivre heureux. Je crois que j’aspire à ce que mon pays, mon peuple vit comme les sud-coréens, les japonais, les européens et les américains. Pour ce faire, il faut une éducation de qualité, un tissu économique étoffé, de l’énergie en quantité. L’enclavement de notre pays est un atout parce qu’on est un grand marché qui est l’Afrique avec plus d’un milliard d’habitants dans quelques années. La SADC, la CEMAC, la CEDEAO ; la Centrafrique sera un pays de production. Et les valeurs ajoutées  feront le bonheur de la population centrafricaine en augmentant le Produit Intérieur Brut (PIB). Et j’aspire aux idéaux du Père fondateur Barthelemy Boganda ; la diversité dans l’unité. Voilà en résumé mes convictions. Et nous apporterons notre pierre à l’édifice si Dieu le veut.


Monsieur Zakarie Mahamat merci.

Propos recueillis par FM

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview