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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 16:17

 

 

 

Joachim-Kokate.JPG

 

 

 

 

La Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix(CPJP), l’une des factions rebelles centrafricaine du feu Colonel Charles MASSI, vient de signer un accord de paix avec le gouvernement centrafricain le 25 août 2012, lequel accord qui s’adhère à l’accord de paix global de Libreville.


Le Capitaine Joachim KOKATE donne son avis sur les attentes de ce mouvement rebelle.

 

Monsieur le Coordonateur, auriez-vous l’amabilité de vous présenter ?

 

Joachim  KOKATE(J.K) : Je vous remercie de m’avoir donné  l’occasion de m’exprimer au public centrafricain. Je suis le Capitaine Joachin KOKATE, Coordonateur de la CPJP, l’un des mouvements rebelles centrafricains.

 

La CPJP vient de parapher un accord de paix avec le Gouvernement Centrafricain. Quelles sont vos impressions à chaud suite à cette signature de l’accord avec le pouvoir en place.

 

J.K : Je voudrais tout d’abord vous dire que, j’éprouve un sentiment de satisfaction avec cet accord qui vient d’être conclu entre le Gouvernement Centrafricain et la CPJP. Vous êtes sans savoir que quel que soient les bruits de bottes qui se font entendre, la cohésion nationale est une fois de plus menacée .Et nous avons pensez au niveau de la CPJP, que rien ne sert de continuer  à nous entre-tuer. Au-delà de cette crise c’est le Peuple Centrafricain qui en paie le lourd tribut. C’est pourquoi nous avions accepté, au nom de l’intérêt national, de s’asseoir autour de la table pour se parler entre compatriotes. Vous conviendrez avec moi que le dialogue fait partie des traditions africaines. Donc la négociation est un héritage précieux légué par nos ancêtres. C’est pourquoi la négociation, le dialogue constituent pour nous, l’arme pour éviter la guerre. Donc pour moi personnellement c’est  un motif de satisfaction pour que les frères ennemis d’hier puissent accepter aujourd’hui de se parler.

 

Dans un passé récent, vous aviez été arrêté à Brazzaville (au Congo) et d’aucuns parlaient même de votre extradition bien avant que votre mouvement ne puisse accepter de faire la paix avec le pouvoir de Bangui. Qu’est-ce que vous en dites ?

 

J.K : Effectivement, j’ai été arrêté et maintenu pendant un moment en prison à Brazzaville(Congo). Il s’agit d’un malentendu. Mais je vous assure que malgré les difficultés à Brazzaville certaines autorités de la RCA m’ont rassuré de la volonté du Chef de l’Etat François BOZIZE, de faire la paix avec ceux qui se sont rebellés contre le pouvoir en place. Je voudrais parler du ministre de l’Intérieur Monsieur Claude Richard NGOUANDJA qui m’a convaincu de rentrer au pays et m’a rassuré que ma sécurité pourrait être garantie. Je l’en remercie pour tous ces efforts. Contrairement à ce que les gens racontent ce Monsieur m’a beaucoup conseillé  pour me ramener à la raison. A aucun moment, il a été question de m’extrader comme vous prétendrez le dire. Nous en avions parlé avec mes frères de la CPJP ; Dieu merci, nous y sommes.

 

Selon certaines informations, l’on disait que vous auriez été soutenu par le rebelle tchadien, le tristement célèbre Abdel Kader BABA LADDE pour renverser le régime en place. Qu’en dites-vous ?

 

J.K : Il est vrai que je m’étais entretenu au téléphone avec BABA LADDE. Cela, depuis un bon moment. Mais il n’a jamais été question de renverser le pouvoir en place. Par contre, il m’a contacté pendant son cavale, je lui avais plutôt  conseillé de faire la paix avec  les autorités tchadiennes et celles de la RCA. Puisque depuis la signature de l’accord de Cessez-le feu l’année dernière, la paix est devenu un nouveau credo de la CPJP. C’est dans cette optique que j’ai voulu amener BABA LADDE à discuter avec le régime tchadien, car la paix au Tchad est importante aussi bien pour la RCA que la Sous-région toute entière. Heureusement il m’a réitéré  sa volonté de faire la paix avec son pays d’origine. Et c’est ce que nous, au niveau de la CPJP, nous sommes en train de faire avec les autorités centrafricaines. Nous voulons désormais enterrer la hache de guerre. Avec la signature de cet accord de paix qui est  d’ailleurs un acte d’adhésion à l’accord global de paix de Libreville de 2008. Et je vous informe que les négociations se poursuivent  pour amener le gouvernement centrafricain à prendre en compte les recommandations et les revendications de notre mouvement. Cela, pour qu’aucune des parties en présence ne soit lésée. Telle  est la condition sine qua non pour la stabilité et le développement de la République Centrafricaine.


 Monsieur le Coordonnateur, après la signature de cet accord de paix, la CPJP va se transformer en formation politique. Quel sera alors votre avenir ? Disons qu’est-ce-que vous entendez faire ?

 

J.K : (rire) Je m’attendais bien sûr à cette question. Bon avec cette nouvelle donne, je vais attendre d’abord  du gouvernement la reconstitution de ma carrière. Je suis d’ailleurs disposé, si le pouvoir en place pense que je peux apporter ma modeste contribution à l’œuvre nationale je le ferais volontiers. Ensuite, je vais m’investir de manière active au processus du DDR en cours, puisqu’avec la ratification de l’accord de paix global, la CPJP vient d’entrer dans le processus du DDR. Je ferais  de mon mieux pour que tous mes jeunes frères de la CPJP puissent être désarmés,  démobilisés et réinsérés. Après quoi nous allons tourner définitivement la page de ces moments de crise. S’il y a une véritable volonté manifeste.

 

Votre mot de la fin.

 

Nous ne devons pas continuer à nous voiler la face. Notre cher beau pays est complètement à terre en dépit de ses immenses potentialités. Il suffit seulement de la volonté de toutes les centrafricaines et de tous les centrafricains pour que le pays puisse amorcer définitivement son développement. Les bailleurs de fonds, d’une manière générale ne refusent pas d’injecter leurs fonds dans des projets qu’ils jugent rentable, mais prennent d’abord le soin de vérifier que la paix règne et que la mauvaise gestion des fonds ne compromette pas la rentabilité des projets ou leur viabilité. La CPJP, cependant a montré sa volonté de faire la paix, nous attendons que le gouvernement puisse nous démontrer aussi qu’il respectera cet accord. Ainsi, le pays va connaitre un avenir meilleur. Tous les dirigeants de la CPJP sont désormais au pays pour œuvrer dans ce sens, aussi pour apporter leurs pierres à l’édifice. Car la CPJP c’est la philosophie de la justice et de a paix. C’est refuser d’utiliser la peur, la discorde. C’est la philosophie de l’espoir comme moteur pour mobiliser toutes les énergies dans le sens de l’intérêt général et vous verrez l’espoir et la confiance renaître en nous. A tous de saisir cette occasion.


Propos recueillis par Freddy M

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